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Michael Jackson dans de sales draps
Un mandat d?arrêt avait été émis contre la star internationale. Michael Jackson a dû soumettre son passeport et payer une caution de trois millions de dollars pour retrouver la liberté. Il est attendu en cour le 9 janvier 2004. Retour sur la semaine difficile du King of Pop.
Arrivé à Santa Barbara à bord d?un jet privé en provenance de Las Vegas où il tournait un clip vidéo, Jackson, 45 ans, a été remis en liberté après s?être acquitté d?une caution de trois millions de dollars. Il a passé une heure en prison. La police de Santa Barbara a également relevé ses empreintes digitales, confisqué son passeport et réalisé des portraits anthropométriques.
La veille, les autorités de Californie centrale avaient perquisitionné pendant plus de 14 heures dans son domaine de Neverland, près de Santa Barbara. Un mandat pour plusieurs délits présumés à caractère pédophile, apparemment fondé sur le témoignage d?un enfant de 12 ans, avait été émis contre le chanteur de Thriller. «Les accusations monstrueuses contre Michael Jackson sont fausses. Michael ne ferait jamais de mal à un enfant. Nous prouverons que ces accusations calomnieuses et totalement infondées sont fausses», déclarait, alors, de Las Vegas, Stuart Backerman, porte-parole de l?ancien des Jackson Five.
Cette perquisition, menée par une vingtaine d?adjoints du shérif et de responsables du bureau du procureur de district de Santa Barbara, a été effectuée le même jour que la sortie d?une nouvelle compilation de ses plus grands succès, qui comprend son dernier single, One More Chance.
Dans un communiqué, ce jour-là, le chanteur de Billie Jean et Beat It disait n?être au courant d?aucune des accusations pesant sur lui, s?étonnant de constater que ce type d?affaire surgit toujours, selon lui, lorsqu?il sort un album, un livre ou qu?il mène un projet à terme.
La police a refusé de nommer le/les victime(s). Selon la chaîne Court TV, l?enquête fait suite à une plainte pour abus sexuels déposée par un garçon de douze ans contre la vedette. La police a ajouté qu?il n?était pas question de fellation dans cette affaire mais d?«actes obscènes» sur des enfants d?âge inférieur à 14 ans «avec l?intention de stimuler (...) ou de satisfaire (...) des désirs sexuels». Ces chefs d?accusation sont passibles de peine allant de trois à huit années de prison.
Victime cooperative
Il y a neuf ans, Michael Jackson et un adolescent de quatorze ans l?accusant d?avoir abusé de lui en 1992 étaient parvenus à un accord à l?amiable et le chanteur n?avait fait l?objet d?aucune inculpation pour cette affaire. Il a affirmé publiquement n?avoir rien à se reprocher.
Thomas Sneddon, procureur de Santa Barbara, a déclaré lors d?une conférence de presse que cette affaire était différente de la précédente parce que «la victime est très coopérative dans cette affaire». Il a également expliqué que les lois avaient été renforcées depuis la précédente affaire (voir encadré) et que le sentiment général était que Michael Jackson avait réussi à échapper la dernière fois à une condamnation.
Mark Geragos, avocat de Michael Jackson et véritable star du barreau, a déclaré, jeudi, aux journalistes présents en nombre devant les bureaux du shérif de Santa Barbara que son client l?avait autorisé à dire en son nom que l?affaire n?avait aucun fondement.
«Michael (...) est revenu spécialement pour faire face à ces allégations (...). Il est complètement scandalisé. Il les considère comme un énorme mensonge. Il comprend les gens qui sont outragés, parce que si ces charges étaient réelles, il serait le premier outragé.» «Il est impatient de se présenter devant un tribunal (...) et de contester de front ces accusations», a ajouté le célèbre avocat.
En février dernier, Michael Jackson avait révélé dans un documentaire britannique qu?il lui arrivait de partager son lit avec des enfants. Un garçon de 12 ans a même confirmé, affirmant qu?il aimait également dormir avec le chanteur. «Pourquoi ne peut-on pas partager son lit? La chose la plus aimante qui soit est de partager son lit avec quelqu?un», avait déclaré Michael Jackson tout en démentant tout caractère sexuel à ce geste.
Pris au piège par une nouvelle loi californienne
La superstar traverse un terrain miné. En 1993, il était accusé d?attentat à la pudeur sur mineur de moins de 13 ans. Mais il a été blanchi, car l?avocat de la famille de l?enfant avait trouvé un accord avec Michael Jackson. Les procureurs n?ont rien pu faire, la famille refusant de coopérer. Le procureur de Santa Barbara, Tom Sneddon a dû se résoudre à abandonner les poursuites.
Mais les choses ont changé cette fois. La mine sur laquelle le chanteur a posé le pied risque bien de lui exploser à la figure.
La loi de 1993 qui liait les mains justicières des procureurs, les aide cette fois à rendre justice. La législation a été modifiée. Les défenseurs des enfants abusés sexuellement peuvent désormais poursuivre un accusé même si les victimes ne collaborent pas. Ils peuvent désormais produire en cour des allégations concernant le passé de l?accusé et relier l?affaire à des cas prédécents.
La victime dans le cas présent impliquant Michael Jackson, n?a pas encore fait savoir si elle va porter plainte. «La victime semble être coopérative. Et je pense qu?on le coincera cette fois,» affirme Sneddon.
Un légiste commentant la loi modifiée en 1999 par la Cour suprême de la Californie, avance même que les juges pourront entendre des allégations d?affaires qui n?ont jamais été débattues en cour.
En 1999 un entraîneur a été accusé d?attentat à la pudeur sur deux de ses joueurs. Les procureurs ont appliqué cette loi et ont produit en cour une vingtaine de témoignages de victimes incriminant le coach, certaines affaires remontant à 25 ans. Les juges ont même permis à trois victimes de témoigner en cour parce que leurs «allégations» étaient corroborées.
Anthony Willoughby, l?avocat de l?accusé, avait déclaré après l?affaire : «Je pense que c?est une mauvaise loi, mais c?est la loi.» Il a bien peur pour Michael Jackson : «Il aura bien du mal à affronter l?obstacle. Le public le voit déjà comme quelqu?un d?étrange et en plus il a des antécédents.»
Même si une victime, dans une précédente affaire, s?est rétractée ou a refusé de témoigner, les plaignants d?une autre affaire peuvent utiliser une autre loi qui a fait jurisprudence- People vs Green - afin de se servir des informations qu?elle a données à la police. Dans l?affaire impliquant cette semaine Michael Jackson, l?acteur est bel et bien dans de sales draps, car tout joue contre lui.
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