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Mgr Piat : «Nos écoles ne peuvent s?occuper seules des pauvres»
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Mgr Piat : «Nos écoles ne peuvent s?occuper seules des pauvres»
L?Eglise catholique n?est pas réfractaire à l?insistance de l?Etat pour qu?elle accueille plus de pauvres dans ses écoles mais l?évêque de Port-Louis est d?avis que la question de «l?éducation des pauvres» nécessite une approche globale qui doit impliquer l?Etat.
Dans une lettre adressée aux catholiques depuis hier matin, l?évêque de Port-Louis livre ses réflexions sur l?engagement de l?Eglise auprès des démunis dans ce domaine. Mgr Maurice Piat dit d?abord sa préoccupation au sujet de l?ampleur de l?échec scolaire qu?il estime être «le problème n° 1 de l?éducation nationale».
Mgr Maurice Piat souligne que le système actuel est inadapté à un enfant sur deux. 50 % d?enfants échouent chaque année au primaire et au secondaire. Ce sont les pauvres, précise-t-il, qui tombent dans cette catégorie. L?Eglise veut bien faire un effort en faveur de ces enfants obligés d?abandonner le système mais l?évêque prévient que sa contribution ne pourrait être que «modeste», faute de moyens. Les collèges catholiques, poursuit-il, ne contrôlent que 4,5 % de places au secondaire, soit un total de 750 places. «Notre participation sera toujours modeste par rapport à l?ampleur du problème. Comment voulez-vous mettre 50 % d?enfants dans 4,5% de places ?»
Le chef de l?église catholique rappelle que c?est l?Etat qui est responsable de l?éducation nationale et c?est à l?Etat que revient la responsabilité de donner une «éducation de qualité à tous et d?abord aux pauvres».
Mgr Piat croit qu?il est possible d?offrir cette «éducation de qualité» aux plus pauvres mais que cela nécessite des moyens. La formation des enseignants est, selon lui, la clé pour répondre aux besoins de cette catégorie d?enfants et pour réussir dans ce projet. Il ne suffit pas de regrouper les enfants dans une salle neuve et bien équipée et «prétendre ensuite qu?on leur a donné une éducation».
Mgr Piat invite les catholiques à poursuivre la réflexion sur la manière de servir les pauvres dans le domaine éducatif.
Dans la première partie de cette lettre, il s?explique sur sa déclaration controversée faite en présence des membres du gouvernement à Bel-Air le 1er février dernier. Mgr Piat rappelle les différentes étapes ayant conduit au 50 % des places réservées et à sa contestation en Cour suprême à trois reprises notamment en 1995, en 1997 et en 2002.
On dénote toujours une certaine amertume de l?évêque à l?égard de la position adoptée par le gouvernement lors du dernier procès. «Le gouvernement a agi un peu comme un «full back» dans une équipe de football. Lorsque l?adversaire attaque, au lieu de passer la boule au goalkeeper comme il a l?habitude de le faire, il prend le goalkeeper à contre pied et score un goal dans le camp de son adversaire». Le ton toutefois est moins agressif cette fois.
Sous forme de dépliant, des exemplaires de cette lettre seront distribués aux catholiques le week-end prochain à la sortie des messes.
Les règlements amendés pour inclure les langues orientales
L?inclusion des langues orientales dans la comptabilisation des points aux examens de fins d?études primaires devient réalité. Cette décision aura bientôt force de loi. Le Conseil des ministres a donné son aval hier pour que des amendements soient apportés aux «Education Regulations 1957» à cet effet. Par ailleurs, le Mauritius Examinations Syndicate (MES) publiera incessamment les nouveaux critères pour l?obtention du certificat de fin d?études primaires pour 2004.
A travers les amendements prévus aux «Education Regulations 1957», le ministère de l?Education veut définir le terme «aggregate». L?objectif est de «clarifier la position en ce qui concerne la comptabilisation des langues orientales-arabe» pour l?admission en Form I.
Les «Education Regulations 1957» sont amendés à chaque fois qu?il y a des changements sur le mode d?admission en Form I. C?est ainsi que ces règlements avaient été amendés pour la mise en pratique de la nouvelle formule d?admission en Lower VI dans les collèges d?Etat.
La semaine écoulée a encore été agitée sur la question des langues orientales aux examens de CPE. Les sociétés socio-religieuses asiatiques sont cette fois montées au créneau pour dire au gouvernement de respecter son engagement par rapport à la comptabilisation de ces langues au CPE.
Elles lui demandent de ne pas céder pas aux pressions de détracteurs de cette mesure et mettent en garde les autorités concernées. Avec virulence, les dirigeants d?une quinzaine d?associations socio-religieuses asiatiques ont commenté la réaction des opposants à la décision.
Hier matin, lors d?une conférence de presse, les dirigeants de la Government Teachers Union ont condamné «ceux qui tiennent des propos irresponsables» à ce sujet. Jugdish Lollbeeharry, le président du syndicat, a rappelé aux opposants que le gouvernement a annoncé sa décision depuis trois ans. Il dit ainsi déplorer que celle-ci donne lieu aujourd?hui à une «tension dans le pays».
Jugdish Lollbeeharry affirme que son syndicat milite pour une reconnaissance de ces langues depuis 20 ans. De fait, il félicite le ministre de l?Education pour la décision prise de les inclure enfin dans la comptabilisation des points aux examens. «Nou position ti toujours pareil», dit le président du syndicat.
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