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Mexico légalise l’avortement
Malgré les menaces de l’Eglise catholique, la municipalité de Mexico a autorisé avant-hier l’avortement au cours des trois premiers mois de grossesse, à la grande satisfaction des organisations féministes.
Le conseil municipal a adopté un texte proposé par la gauche par 46 voix contre 19. Cette proposition a profondément divisé les habitants de la capitale mexicaine. Le pape Benoît XVI avait adressé la semaine dernière un courrier aux évêques mexicains, les enjoignant de s’opposer à cette mesure.
La police anti-émeutes a eu fort à faire pour maintenir hier à bonne distance partisans et adversaires de cette proposition. Des manifestants anti-IVG diffusaient notamment des enregistrements de cris de bébés et portaient de petits cercueils blancs.
“Ils seront ex-communiés” </B>
L’avortement restera illégal dans le reste du pays. Il est fort probable que les anti-IVG contestent devant la Cour suprême la décision de la mairie de Mexico.
Dans toute l’Amérique latine, l’avortement n’était jusqu’alors légal sur demande qu’à Cuba, en Guyana et à Porto Rico. Plusieurs pays autorisent toutefois sa pratique dans des circonstances particulières, comme en cas de viol ou de malformation du foetus.
L’Eglise a menacé d’excommunier les élus qui voteraient en faveur du projet de loi. “Ils seront excommuniés. Ce n’est pas un acte de vengeance, c’est juste ce qu’il en coûte de commettre de graves péchés”, a déclaré Felipe Aguirre Franco, archevêque d’Acapulco.
Récemment, l’archevêque Angelo Amato, qui est le deuxième plus haut responsable du Vatican pour les questions de doctrine, a qualifié l’avortement et l’euthanasie d’actes de “terrorisme à visage humain”.
Les parlementaires ont riposté en accusant l’Eglise d’ingérence illégale dans la politique.
Catholique pratiquant, le président mexicain Felipe Calderon a évité de prendre position sur la question. Mais son épouse, Margarita Zavala, s’est exceptionnellement aventurée ce week-end dans le débat public, quand elle a ouvertement condamné l’avortement. Les sondages montrent que les 107 millions de Mexicains, qui sont à 90 % catholiques, sont partagés quant à l’avortement.
Les partisans de la légalisation de l’avortement affirment notamment que 2 000 femmes meurent chaque année au Mexique au cours d’IVG pratiquées illégalement, souvent dans de piètres conditions d’hygiène.
<B>Catherine BREMER</B>
<B>Les Pays-Bas autorisent le “bateau de l’avortement” à circuler </B>
■ Le ministère néerlandais de la Santé a annoncé récemment que la clinique flottante de l’association Women on Waves, qui défend et pratique l’avortement dans des pays le prohibant, serait à nouveau autorisée à croiser dans les eaux internationales. Cette décision annule l’interdiction de prendre le large qui était en vigueur à son encontre depuis 2004, a indiqué une porte-parole du ministère Lilian Jansen.
Le “bateau de l’avortement” avait visité l’Irlande en 2001, la Pologne en 2003 et le Portugal en 2004, où l’avortement était très strictement limité (le Portugal vient de l’autoriser), soulevant des protestations des adversaires de l’IVG.
Women on Waves diffusait par ce moyen des informations en faveur de l’IVG et pouvait embarquer les femmes voulant se faire avorter, la législation libérale néerlandaise en la matière étant appliquée à bord du bateau enregistré aux Pays-Bas. Aux termes de la dernière décision du ministère de la Santé, les militants du bateau seront autorisées à distribuer des pilules abortives aux femmes enceintes depuis moins de sept semaines, mais pas à pratiquer des avortements à bord. Aux termes de la décision de 2004, le bateau ne pouvait s’éloigner de plus de 25 km de l’hôpital d’Amsterdam avec lequel l’association avait conclu un accord de partenariat, ce qui excluait toute action internationale. Cette restriction avait été annulée par le Conseil d’Etat néerlandais l’année dernière et la nouvelle décision du ministère de la Santé en est le résultat.
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