Publicité

Mes Collendavelloo et Patten d?accord pour se taire !

3 avril 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Ainsi donc, après des affidavits acrimonieux, un rarissime Gagging Order et un surprenant Protection Order, qui ont intéressé le public, Mes Pramila Patten et Ivan Collendavelloo ont décidé d?un commun accord, devant la Cour suprême, de ne plus étaler les détails intimes de leurs quinze années de vie commune.

« Je suis désolée, mais Me Pramila Patten ne peut plus faire de déclaration. Elle vous demande de la comprendre », répète inlassablement sa secrétaire aux journalistes, qui défilent dans son étude, au 2e étage de la Sterling House. Un lieu qui ressemblait la semaine dernière à un champ de bataille : armée d?un « fighting spirit », entourée d?une armada d?hommes de loi, Me Pramila Patten préparait une cinglante réplique à Ivan Collendavelloo « afin de rétablir les faits », disait-elle, après deux affidavits logés par son ex-concubin, pour interdire, entre autres, la vente de leur maison à Albion.

Une fois son affidavit déposé en Cour suprême, Me Pramila Patten a distribué une copie aux journalistes : seize pages explosives, avec des détails scabreux. Mais celles-ci ne seront jamais diffusées. Me Collendavelloo a pu bloquer leur diffusion grâce à un Gagging Order, obtenu in extremis. Mais aujourd?hui, les deux avocats se sont promis de ne plus se lancer des accusations par affidavits interposés pour respecter leur vie privée et celle de leur fils.

« Je vous préviens : vous n?avez pas le droit d?écrire sur cette affaire. Il y a un ordre de la cour qu?il vous faut respecter. Pramila Patten et moi, nous ne sommes peut-être pas d?accord, mais on vous poursuivra tous les deux si vous portez atteinte à notre vie privée », nous a déclaré un Ivan Collendavelloo, manifestement en colère qu?on l?ait sollicité sur l?accord auquel les deux parties sont arrivées.

« Pour conclure cet accord, c?est le bon sens qui a prévalu », observe, de son côté, Me Rama Valayden, l?un des avocats de Pramila Patten. Dans le camp Collendavelloo, on s?attendait à ce que celui-ci tire un capital politique de cette affaire. Au contraire, il aura été parmi les plus favorables à un accord à l?amiable.

L?accord stipule, entre autres, que la « maison de rêve » qu?occupait le couple appartient désormais exclusivement à Me Pramila Patten, qui, en contrepartie, a versé Rs 1,25 million à son ex-concubin. Il est aussi convenu que les deux parties retirent leurs accusations contenues dans leurs affidavits.

Malgré cela, Le Défi Plus maintient la contestation de cet ordre. La direction de cet hebdomadaire doit aller le 14 avril en Cour suprême pour expliquer sa position. « Me Pramila Patten peut avoir choisi de retirer ses allégations. Mais il y a un affidavit qu?elle a juré qui existe. Et il y a des parties qui intéressent le public d?autant qu?il concerne une personnalité publique », insiste Eshan Khodarbux, rédacteur en chef du Défi Plus.

Le cas Collendavelloo-Patten relance le débat sur la frontière, toujours floue pour certains, entre vie privée et vie publique. Trop souvent les politiciens et autres personnalités, habitués du paysage médiatique, changent de langage, dès que la presse risque de ternir leur image. Ils la bâillonnent. Et évoquent le respect de la vie privée, oubliant du coup la liberté d?expression, garantie par la Constitution. Mais une presse responsable ? celle qu?en d?autres occasions les personnalités aiment bien, surtout quand leurs photos sont en couleurs ! ? ne renvoie rien d?autre que l?image qu?elles projettent?

Publicité