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Merci Bert !
Bert Cunningham peut s?enorgueillir de ses réalisations à la douane. Ce Canadien qui s?est mis au service de Maurice a sans doute accompli plus de choses en six ans que bien de nos grands commis de l?Etat pendant toute leur carrière. À la douane, la période pré-Cunningham a été marquée par la médiocrité. C?était l?époque où aucun citoyen ne pouvait décemment penser à ce service sans y associer un deuxième mot : corruption.
Malgré les interventions politiques, la réticence syndicale, les menaces d?organisations sectaires et une xénophobie ambiante, Cunningham a su imposer sa méthode. De telle sorte que les résultats ne se sont pas fait attendre. Si lors de la dernière année fiscale, l?Etat a recueilli Rs 7 milliards d?impôts additionnelles, c?est en partie grâce aux efforts de Sudhamo Lal, le directeur général de la « Mauritius Revenue Authority ».
De la même manière, Bert Cunningham a directement contribué à ce que les revenus de l?Etat à partir de la TVA sur les produits importés ainsi que les droits de douane et d?accise passent de Rs 14,5 milliards pour l?année 2002-2003 à à Rs 22 milliards pour l?année financière passée. Cerise sur le gâteau, au prix d?efforts permanent, Cunningham a réussi à changer la perception du grand public sur la douane. Qui, bien que restant toujours perçue comme le repère de corrompus, a fini néanmoins par ne plus être vue comme une administration en déliquescence.
La liste des réalisations de Cunningham est longue. Celle qu?un haut responsable du secteur privé nous a remise contient pas mois de 77 actions concrétisées par Cunningham depuis 2002. Allant de la mise en place d?une unité canine pour la traque des stupéfiants au lancement d?un « Customs Hotline » afin que tout cas de corruption à la douane puisse être signalé. En passant par sa contribution à l?élaboration des règlements pour l?exportation de la ferraille.
Preuve que Cunningham ne dormait pas sur ses lauriers : il existe une autre liste de 36 projets qu?il comptait mettre en ?uvre sur les court et moyen termes. Ce programme d?action comprend notamment l?installation d?équipements dernier cri dans le port et l?aéroport. Ainsi que sa participation à l?élaboration d?une union douanière entre les pays de la SADC et du COMESA. Cunningham ne poursuivra pas cet ambitieux programme. Au grand désarroi du secteur privé.
En effet, notre secteur privé ainsi que nos bailleurs de fonds regardent avec le plus grand intérêt le travail de Cunningham. Et tiennent d?ailleurs le Canadien en haute estime. Tant ce dernier passe pour un bosseur qui entend abattre l?hydre de la bureaucratie et de la corruption à Maurice. Tout en modernisant les méthodes de gestion du flux du commerce international transitant par Maurice. Mais aussi valeureux soit-il, le héros part. Il va falloir lui trouver un remplaçant.
Le ministre des Finances, Rama Sithanen, dit déjà être à la recherche de la perle rare. Et cette perle rare, à notre avis, ne doit pas provenir de nos lagons ! Il est inconcevable qu?on retombe dans les travers du passé. En installant à la douane un marshmallow malléable à souhait. A cause de ses affiliations politiques, liens sectaires et copinages divers. Au pire, il faut un Mauricien qu?on ira dénicher loin et qui sera imperméabilisé aux pressions et tentations locales. Ou alors un Cunningham bis, ayant une vision claire de ce qu?il veut accomplir pour assainir davantage et moderniser le service des douanes.
En sachant c?est vrai, que le successeur du Canadien aura sans doute des leçons à retenir sur la méthode Cunningham.
En effet, comme on le rappelle du côté de l?hôtel du gouvernement : « Maurice est un État de droit. Il ne suffit pas d?avoir des doutes sur vos plus proches collaborateurs. Et d?être intimement convaincu qu?ils sont pourris. Il faut encore le prouver. » Cunningham a eu la prétention de se fier à son intime conviction pour se dresser contre sa hiérarchie qui lui réclamait des preuves.
Nous ne pouvons que souhaiter que le prochain directeur des douanes obtienne ces preuves qui ont fait défaut à Cunningham. C?est le meilleur hommage qu?il pourrait rendre au travail admirable abattu par ce Mauricien d?adoption. Qui élu « Mauricien de l?année » par « l?express » en 2005, disait « I may not be Mauritian. But I am one of your biggest fans. » Merci Bert !
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