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Menaces de mort pour un terrain trop convoité
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Menaces de mort pour un terrain trop convoité
«Je ne sais vraiment plus quoi faire, cette situation est traumatisante.» Christine Jaune, 29 ans, est épuisée. Les menaces et les insultes écrites à l?encre rouge sur les murs de sa maison, elle n?est pas prête à les accepter. Et leur auteur, visiblement intarissable, ne s?arrête pas là. Sa «verve» se traduit aussi dans des lettres anonymes qui s?accumulent depuis maintenant deux ans. Sa mère, Chantal, 58 ans, et elle-même vivent dans la crainte que cet ennemi anonyme ne passe à l?action.
Chose étonnante : ce serait, selon les dires de Christine, un de ses proches qui aurait monté toute cette affaire dans le but de se venger. L?animosité entre les deux familles aurait pour origine un terrain que l?auteur des menaces voudrait s?approprier. «Le terrain sur lequel j?ai construit ma maison appartient à ma tante qui habite en Allemagne», explique Christine. Sa tante en aurait fait don à son père avant d?immigrer mais les papiers officiels, précise-t-elle, n?ont pu être signés car son père est décédé peu après des suites d?un cancer.
«Ma tante m?a fait savoir qu?elle viendrait à Maurice au début de l?année prochaine pour que je puisse signer les papiers», enchaîne Christine. Mais cette décision n?aurait pas plu au proche que soupçonne la jeune femme. Ce dernier aurait, en effet, préféré que le terrain en question lui revienne. Dès lors, affirme Chantal, sa vie et celle de sa fille sont devenues un «véritable enfer». Des lettres de menace ont, en effet, commencé à atterrir sur le pas de leur porte tous les jours.
Tentatives d?intimidation.
Les tentatives d?ntimidation se font, quelque temps plus tard, plus précises. Christine et sa mère découvrent, un matin, que des menaces de mort ont été inscrites sur le mur de la maison avec des? excréments. C?est l?odeur fétide qui attire leur attention. Fait étrange, les menaces sont écrites à l?envers. Tout laisse à penser que l?auteur se serait mis dos au mur avant d?écrire. «J?ai aussitôt tout nettoyé à grande eau», explique Chantal.
Mais le même scénario se reproduit pendant plusieurs semaines. «Comme elle nettoyait tout à chaque fois, ils ont commencé à écrire les menaces au feutre», relate Christine, sous le regard désabusé de sa mère.
Suivent peu après des lettres anonymes écrites au marker rouge. Le contenu de ces missives fait froid dans le dos. L?auteur exhorte la famille Jaune à vendre leur maison sous peine de représailles. «Les occupants de la maison doivent mourir», peut-on lire sur ces feuilles qui proviennent d?un cahier d?écolier. Malgré la peur, Christine et sa mère ne prêtent, au début, pas attention à ces lettres. Mais un événement vient bouleverser la petite famille.
Chantal découvre, au mois de juillet, une bonbonne de gaz posée près d?une fenêtre, derrière la maison. On peut lire sur un morceau de papier collé dessus : «Nou pou fer eklat sa lakaz la.» Elle réalise, cette fois, que ce n?est pas l??uvre d?un simple plaisantin et que la menace doit être prise au sérieux. Christine, enceinte de son deuxième enfant, est, à ce moment-là, hospitalisée. Elle met au monde un petit garçon le 23 juillet. Quatre jours plus tard, à peine remise, elle se rend, accompagnée de sa mère, au poste de police de Grand-Baie pour y consigner une déposition.
Mise au courant de la démarche de Christine, la tante de cette dernière riposte en portant plainte contre elle pour agression. «Elle a déclaré à la police que je m?étais rendue à l?école de sa fille et que je l?ai agressée. C?est complètement faux», se défend Christine.
Penchée sur la cinquantaine de lettres anonymes qu?a reçues sa fille depuis le début de cette affaire, Chantal ne peut retenir ses larmes. En attendant que la justice tranche sur cette affaire, la famille vit dans la peur.
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