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Menaces de mort contre le père de la victime de prostitution

21 juin 2008, 00:00

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«Mo pou met kat doz ar twa, mo pou avoy twa lao.» Ce sont les menaces qu?aurait reçues le père dont la fille de 13 ans a été vendue à des touristes par sa voisine, Marie Jane Fin.

C?est du moins ce qu?affirme la mère de la victime. «Depi ki nounn port plint et ki la polis finn aret vwazinn la, nou pe gaygn menas.»

Nous avons rencontré la mère, hier, sur son lieu de travail à Grand-Baie. Elle dit craindre pour la sécurité de sa famille. «Mon ena nef zanfan et enn fami Marie Jane inn menas mo mari ki li pou touy li par overdoz.» Depuis, dit-elle, tout son petit monde vit dans une angoisse permanente.

Son mari, ajoute-t-elle, a porté plainte à la police de Grand-Baie mais elle ne sait pas si celle-ci a donné un avertissement aux proches de Marie Jane Fin.

L?affaire éclate dans la journée de samedi dernier lorsque les hommes du sergent Sameer Hosenee de la Brigade des mineurs de la Northern Division débarquent au domicile de Marie Jane Fin. Raison : une fille de 13 ans allègue qu?elle l?a, à deux reprises livrée à des pédophiles étrangers.

Dementi categorique</B>

Les parents de l?adolescente sont, depuis cinq ans, installés dans ce quartier défavorisé de Grand-Baie où règne la promiscuité. Ils n?ont aucune raison de se méfier de leur voisine, Marie Jane, «toujours serviable et qui avait une attention particulière» pour leur fille. Celle-là même qui a été incitée à la prostitution sans que la famille ne s?en aperçoive?

«Bann dimoun ti pe dir ki zot trouv nou tifi dan bar ou dan bor la mer, confie-t-elle. Troublée, elle interroge sa fille plusieurs fois mais celle-ci dément catégoriquement. «Mo krwar ki Marie Jane ti ena enn gran linflians lor li e osi mo panse ki mo tifi ti byen per pou dir la verite parski so papa byen sever.»

Lorsque la jeune fille décide de parler, c?est l?horreur qui prend sa famille à la gorge. C?est en fin de novembre 2007, dit l?adolescente, que sa voisine l?aurait obligée à se prostituer pour la première fois sous la menace d?une arme tranchante. Elle se souvient que c?était avec un étranger qui lui aurait ensuite offert Rs 200.

Après son arrestation, Marie Jane Fin a été provisoirement accusée de «inciting a child to engage in prostitution».

<B> Vinesen ABEL</B>

<B>Ces cas qui choquent </B>

Deux cas de pédophilie depuis le début de cette semaine. Le constat est choquant. Mais derrière ces deux récents cas il y en a eu d?autres. On se souvient de la petite Marie-Anita Jolita, deux ans et demi, retrouvée dans le lagon à Mahébourg. L?autopsie a révélé que l?enfant a été victime d?une agression sexuelle sauvage, avant d?être battue et jetée à la mer.

«A trois ans, il dénonce un Père Noël pédophile.» Ce titre d?un article paru dans les colonnes de l?express du 6 mars dernier témoigne du premier cas de pédophilie de cette année. La victime est un garçonnet de trois ans, qui aurait subi des attouchements de la part d?un dénommé Olivier, plus connu sous le sobriquet de Père Noël. Selon le récit du petit garçon, l?adulte aurait introduit un caillou dans ses parties intimes. C?est la mère de l?enfant qui a rapporté le cas à la police, après que son fils s?est plaint de douleurs et lui a tout avoué.

Dans le courant du mois, la cour intermédiaire a, elle, rendu un jugement à l?encontre d?un pédophile dénoncé par deux enfants. Dans ce cas, le frère de la victime a révélé à leur mère que son concubin avait fait subir des sévices à sa petite soeur.

Le concubin de la mère avait entraîné l?enfant dans la chambre avant de la déshabiller et d?en faire de même. La mère se trouvait pour sa part au travail. Le reste de l?histoire, on la devine? La petite fille est si bouleversée par cette histoire qu?elle n?a pu fournir des détails sur les actes indécents de son beau-père en cour. Elle dira juste qu?il a fait quelque chose qu?il n?aurait pas dû faire. L?accusé a écopé de deux ans de prison.

D?autres cas de prostitution infantiles ont aussi refait surface récemment. Samedi dernier, Marie-Jane Fin est arrêtée par la police, accusée d?avoir vendu une adolescente de treize ans à des touristes. Le 14 mars, à Camp de Masque-Pavé, une maison est perquisitionnée par les enquêteurs de la brigade des mineurs. Trois adolescentes de 13,14 et 15 ans ont été interpellées. Trois hommes, âgés de 17 à 29 ans, qui se trouvaient aussi sur les lieux ont été arrêtés. La police soupçonne que cette maison servait en fait de repaire à un réseau de prostitution infantile.

En août 2007, c?est dans le nord de l?île, à Goodlands, qu?un réseau de prostitution infantile est découvert et démantelé. La proxénète s?appelle Corinne Martinette, et elle aurait vendu des adolescentes de moins de 16 ans à une dizaine d?hommes pour des actes sexuels. Ces activités illicites avaient lieu sous son toit.

Selon nos informations, c?est un des fils de la proxénète qui servait de rabatteur. Lui et son frère ont été arrêtés en janvier dernier, accusés de relations sexuelles avec des mineures de moins de 16 ans. Ils étaient tous deux recherchés par la police depuis l?arrestation de leur mère.

Le rabatteur promettait un refuge à ces jeunes filles qui évoluaient dans un cadre familial difficile. Les jeunes filles n?étaient pas tout de suite forcées à se prostituer mais y étaient amenées petit à petit, notamment lorsque Corinne Martinette leur demandait de contribuer financièrement au ménage. Les ébats étaient payés entre Rs 1 000 et Rs 2 000 à la proxénète. Et les adolescentes ne percevaient que Rs 50 sur ces «transactions».

<B>V.P.</B>

<B> Shirin Aumeeruddy Cziffra : «Il faut une surveillance plus sérieuse»</B>

L?Ombudsperson pour les enfants, Shirin Aumeeruddy Cziffra, est d?avis qu?il faut un screening plus sérieux pour le personnel travaillant dans des établissements préscolaires. «Il ne suffit pas d?exiger un certificat de moralité. Il faut veiller à ce que les crèches et les écoles maternelles ne soient plus construites dans les résidences des dirigeants de l?établissement. Il est connu que les prédateurs sexuels vont chercher de l?emploi là où il y a des petits enfants. Il faut des spécialistes qui peuvent vraiment analyser le profil des enseignants. Il y a là un devoir de suivi psychologique pour la présumée victime d?abus sexuels du Happy Kids mais aussi pour l?adolescent de 17 ans. Je me pose des questions. A-t-il eu une sexualité épanouie ? Sait-il qu?on peut avoir des relations sexuelles responsables à 16 ans ? Je constate qu?on n?enseigne toujours pas l?éducation sexuelle à l?école. C?est un devoir qui ne peut être attribué au professeur habituel de maths ou d?anglais. C?est un problème qu?on ne peut résoudre du point de vue de la loi uniquement. La loi n?est qu?une infime partie de la solution. Car si la justice condamne cet adolescent et qu?il va au centre correctionnel, il côtoiera d?autres adolescents avec des caractéristiques similaires ou pire».

<B>K.T.</B>

<B>Que faire pour aider les victimes ?</B>

Un enfant dans votre entourage est victime de pédophilie et vous le savez. Comment l?aider ? Vous pouvez appeler la hotline de la Child Development Unit (CDU), le 113. Vous pouvez aussi rapporter le cas au poste de police le plus proche de chez vous ou à la Brigade des mineurs. Le cas est par la suite référé à un des six bureaux de soutien aux familles répartis à travers l?île.

La réaction, dans ce genre de cas, est immédiate. Une équipe composée d?officiers de la CDU de la région, de policiers, d?une assistante sociale, et, si le cas l?exige, d?un psychologue, est constituée.

Si les parents sont impliqués, la CDU, grâce à un Emergency Protection Order (EPO), peut retirer l?enfant de son foyer pour le mettre à l?abri. «C?est très important parce que l?enfant peut être menacé, séquestré ou même tué», explique la responsable de la CDU, Karoona Chooramun. Un mandat d?arrêt peut également être émis contre l?accusé.

La rapidité, souligne la responsable de la CDU, est très importante. « Si un enfant refuse de confirmer un cas, on ne peut rien faire. Mais il faut voir au cas par cas.»

Notamment quant à savoir s?il faut retirer l?enfant de la garde de ses parents ou non. «Il faut voir où est l?intérêt de l?enfant.» Les victimes, aussi bien que les membres de leur famille reçoivent également un support psychologique, des thérapies et des conseils en groupe.

<B>M.C.C.L.</B>

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