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Melrose Place
par Aline GROËME
«Le monde entier est un cactus. Il est impossible de s?asseoir.» Dutronc a toujours raison. Les pin cushions sont impressionnants du côté de Melrose. Quand la nature joue au jeu des ressemblances, elle nous ménage quelques surprises. Le petit coussin où nos grands-mères aux talents de couturière plantaient leur aiguille, a son miroir dans la nature.
Dans la terre grasse, humide et molle, ces plantes du désert n?ont pas l?air trop mécontentes de leur sort tropical. Elles déplient branches et piquants acérés. Signe de reconnaissance pour le travail de l?équipe de Michael Atchia, propriétaire avec son épouse Paula du jardin botanique de Melrose.
Jardin de plantes ornementales, qui ne poussent pas que pour faire joli. Apaisant. C?est plus le mot qui vient à l?esprit. Les bruits de moteur provenant de la route principale (qui borde ce refuge de deux arpents) sont absorbés par le feuillage. Aucun tapage des conversations insipides, ni sonnerie de portables intempestives. Pas de fumée des pots d?échappement, ni de soleil tapant sans pitié sur notre pauvre tête.
Seul fruit visible : celui des efforts d?un passionné. Car l?histoire du jardin de Melrose, c?est aussi celle de son propriétaire. Biologiste de formation, Michael Atchia est, selon ses propres dires, «dans l?éducation depuis 1966». En 1985, il décroche un poste à l?United Nations Environment Programme (UNEP). Devenu directeur de programme et chef de la division éducation et formation, il sera basé pendant douze ans à Nairobi, au Kenya.
À son retour à Maurice, il cherche où loger. Un maison alors en construction et un jardin pas tout à fait fini, du côté de Melrose, sur la route de Quartier-Militaire, retient son attention. «L?ambiance me rappelait le Kenya. En l?espace d?une heure, j?ai acheté sans discuter le prix.»
Quand on aime, on ne compte pas. C?est sans doute aussi pour cela que l?accès au jardin est gratuit. Un lieu qui vit de la vente de plantes ornementales et de la location d?une salle pouvant accueillir conférences, réceptions et noces. Ouvert du lundi au samedi uniquement, il permet de se rafraîchir les sens dans une ambiance de serre, puis de grand air.
Des monuments de verdure
Placés à l?abri du soleil, trois allées principales : celle des cactus, des fougères et des orchidées. Ce n?est pas encore la saison des fleurs. Mais la verdure se porte bien. Après les cactus, les délicieuses cascades des fougères nous rappellent encore une fois nos grands-mères. Et leur salon meublé non pas de meubles imposants mais de monuments de verdure. Choyés, chouchoutés comme des enfants. Des fougères qui ont fait leur fierté et relancer les conversations lors des longues soirées. L?envie de vous approcher de plus près. De céder à la tentation de cueillir subrepticement une branche, de la fourrer ni vu ni connu au fond de votre poche ou de votre sac. Une pancarte placée bien en évidence met en garde : Ne touchez pas aux plantes. Le personnel veille aussi au grain.
De la rigueur. Ce qui vaut au jardin de figurer sur la Carte verte de la MTPA, liste de 25 sites d?écotourisme de l?île. Parmi : deux jardins. L?autre, c?est celui de Pamplemousses.
Rendez-vous naturel
Le jardin botanique de Melrose est situé à trois kilomètres de Quartier-Militaire, sur la route de Bel-Air. Heures d?ouverture : du lundi au samedi, de 10 heures à 15 heures. Entrée gratuite, avec plateau à la porte. Les dons servent à la maintenance et au développement du jardin. Aucune réservation préalable n?est nécessaire pour la visite.
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