Publicité
Meeah dépose au CCID sur ses ?tortures?
Par
Partager cet article
Meeah dépose au CCID sur ses ?tortures?
?La mort de Rajesh Ramlogun ne peut passer sous silence.? C?est ce qu?a déclaré à la presse Cehl Meeah, hier, peu après midi à sa sortie du bureau CCID. Le leader du Front solidarité mauricienne, avec son avocat, Raouf Gulbul, a consigné une déposition et demandé la réouverture de l?enquête policière sur ?la torture, l?atrocité et le kidnapping?, dont il aurait été victime lors de son arrestation dans l?affaire rue Gorah-Issac, en 2000. Il était entre les mains de Prem Raddhoa, alors inspecteur de police et responsable de la CID de Curepipe, et ses hommes .
Cehl Meeah a déclaré à la presse avoir pardonné à Prem Raddhoa pour tout ce qu?il lui aurait fait subir. Mais après l?affaire Rajesh Ramlogun, il dit ne pouvoir rester tranquille devant une telle tragédie. C?est la raison pour laquelle il demande à la police de rouvrir cette affaire, d?arrêter Prem Raddhoa et de le poursuivre en justice.
Il a remis aux enquêteurs une copie de ses dépositions, comptant 61 pages. Il y soutient qu?en entrant au CCID le 4 décembre 2000, il est rejoint par quatre officiers, dont le caporal Siddick Fareedhun. Il aurait ensuite été emmené de force par la porte de derrière, dans un fourgon de police. Dans un bureau de la CID à Curepipe, les quatre officiers se seraient mis à l?insulter.
?Zotte fine dire moi déshabillé? ek Robert fine dire tiré... pas to même qui ti dire Bismillah alle touille sa bane la.. ?. Il est ensuite conduit dans les locaux de la Special Mobile Force. ?Zotte fine faire moi assize lors ene chaise?. Alors qu?il est menotté le nommé Robert lui aurait donné plusieurs coups. Après avoir été malmené durant 40 minutes, il aurait été autorisé à faire sa prière. ?Sa coup la zotte dire zotte pou faire moi repentir.?
D?autres policiers auraient alors commencé à le frapper. En reprenant connaissance, il aurait aperçu Raddhoa. Il dit le connaître car il l?avait rencontré aux élections. Toutefois, dit-il celui-ci se serait mis à l?insulter avant de lui lancer : ?Pena okenn avocat, ni okenn Chambers ni Hamid Moollan ni Yousuf Mohamed. Isi nou ki mari. Ou fin rantr dans l?abattoir ou pas pou sorti vivant. Ni gagne droit dire non ni garde silence. La loi du silence n?a pas existé dans l?abattoir? Missié Raddhoa fine kontinyé batte moi akout pié dan mo lédo.?
Il relate l?utilisation de cagoules sur la tête et de décharges électriques aux parties intimes. L?officier Robert aurait ensuite déclaré :?Ici ena ene seul langage, langage Raddhoa??
Il a aussi donné des indications sur la confrontation avec Toorab Bissessur, autre suspect dans l?affaire rue Gorah-Issac et de l?escadron de la mort. En présence des membres de l?équipe de Raddhoa, Toorab Bissessur, les mains libres, l?aurait agressé alors que lui était menotté.
Couleuvre
Puis, sur les instructions de l?officier Robert, on aurait placé une couleuvre dans ses sous-vêtements. Les séances de torture auraient ainsi duré jusqu?à sa comparution en cour, le 12 décembre 2000.
Hier, pendant plus de deux heures, l?assistant surintendant de police, Heman Jangi , a interrogé Cehl Meeah, sous la supervision du n° 2 du CCID, l?assistant commissaire de police, Pritamsing Juwaheer.
Cehl Meeah avait été arrêté dans le cadre de la réouverture de l?enquête sur le triple assassinat de la rue Gorah-Issac. C?est l?arrestation de Khadafi Oozeer, ex-membre de l?escadron de la mort en novembre 2000 qui avait débouché sur l?arrestation de l?ancien leader du Hizbullah.
L?enquête avait été menée par les CID de Port-Louis-Sud, de Curepipe et la MCIT. Le magistrat Lutchmeeparsad Aujayeb, qui avait présidé une enquête préliminaire, avait déféré Cehl Meeah aux assises. Le Directeur des poursuites publiques a, le 6 novembre 2003, prononcé un nolle prosequi en faveur de Cehl Meeah. Ce dernier est resté en détention pendant trois ans.
Il tient une conférence de presse demain matin sur cette affaire de brutalités policières.
Publicité
Publicité
Les plus récents