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Maya Ramdin, tout comme Lata
Au téléphone : une voix haut perchée qui vous force à éloigner un peu le combiné. Face à face, les mêmes aigus, avec les parasites en moins. Deux situations où déjà, la chanteuse Maya Ramdin ne manque pas de faire preuve d?autorité. Ce n?est pas seulement sur scène ou sur les bandes originales de film qu?elle sait s?imposer.
Sa dernière réussite : un duo avec Udit Narayan, pour le film Kyun Tum Say Itna Pyar Hai ? Maya Ramdin est aux anges. En matière d?idole, elle est servie. Udit Narayan ? loin d?être un inconnu sous nos latitudes ? brille par sa carrière de playback singer exceptionnellement longue.
Mais c?est ailleurs que se situe son véritable centre d?intérêt. Depuis le début de la conversation, Maya Ramdin a bien dû citer ?Lata? une bonne dizaine de fois. De quoi faire tilt. Une fois que nous sommes accrochés, il faut faire attention à ne pas se laisser emporter par le flot.
Maya Ramdin elle est déjà submergée. Par sa dévorante admiration pour Lata Mangeshkar. Depuis l?âge de neuf ans, c?est l?oreille collée au poste qu?elle s?est mise à chanter.
D?un geste souple du poignet et d?un mouvement de la tête, elle esquisse son enfance du côté de Nouvelle-France. L?humidité et l?odeur du thé qui meublent son quotidien. De cet oncle paternel qui ne manque pas une occasion de lui demander de chanter au cours des réunions familiales. Devinez ce qu?elle interprétait déjà : ?rien que du Lata.?
?Junior Lata? ou?Mauritius Lata?
Plusieurs décennies plus tard, cette admiration est intacte. Bien sûr, elle n?a plus rien à voir avec l?écoute béate de l?enfant. Elle a mûri. L?oreille s?est professionnalisée. Est devenue plus subtile. S?est employée à suivre avec assiduité des cours de chant, sous la direction de Ustad Rauf Mehdi.
?C?est elle qui m?a inspirée.? Au point de cultiver ses liens avec le fils d?Asha Bosley, autre rossignol indien, qui se trouve être la s?ur de Lata Mangeshkar. ?I?m building on that link with the Bosley household?. Si elle parle en anglais, ce sont les restes de ses dix-sept ans passés en Grande-Bretagne.
En clair, cela veut dire que Maya Ramdin ?uvre pour rendre possible l?un de ses rêves : organisé un concert à Maurice avec Asha Bosley à l?affiche. Mais chut, les grandes man?uvres ont souvent besoin de discrétion.
En attendant, Maya Ramdin est catégorique. ?Non, je n?imite pas Lata.? La chanteuse a beau être fière des sobriquets qui lui ont été donnés dans la Grande Péninsule : ?Junior Lata? ou encore ?Mauritius Lata?, elle tient à garder ce qui fait sa spécificité.
D?accord, sa voix ressemble à celle de son idole, à l?intonation près. ?We have the same pitch?, dit-elle souvent. Mais elle reste avant tout elle-même.
Une femme marquée par la fatalité. Celle de la mort de sa fille, à l?âge de cinq ans des suites d?un cancer. Des années à soigner son ?petit ange? qu?elle a poursuivi en décrochant un diplôme d?infirmière. Une profession que Maya Ramdin a exercée durant 23 ans, à Maurice et en Angleterre. Plus de deux décennies à soigner, à panser, à réconforter. La femme aux yeux cernés qui est en face de nous, préfère en dire le moins possible.
Elle préfère parler du présent plutôt que du passé. De sa liste de duos qui s?est considérablement allongée. Jugez un peu. Le dernier en date : celui réalisé avec Udit Narayan ? champion longue durée dans la catégorie playback singer à Bollywood. À venir : ceux enregistrés avec Sonu Nigam et Sunidhi Chauhan.
Maya Ramdin se rapproche un peu. Baisse de deux tons. Pour parler à mots couverts de son dernier projet : une adaptation cinématographique de Lal Pasina, roman de Abhimanyu Unnuth. ?Cela va s?appeler Red Sweat?.
Le producteur est déjà trouvé en la personne de Pawan Kumar. Parmi ses références : Abhiman avec Amitabh Bachchan et Jaya Badhuri. ?L?idée m?est venue en visitant le Folk Museum il y a un an et demi de cela.? Une étape importante a déjà été franchie : l?auteur du roman a vendu ses droits.
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