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Mauvaise passe pour un navire et une raffinerie

17 mars 2005, 00:00

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Laure se barre, non sans laisser quelques émotions post-cycloniques dans son sillage. Nous apprenons ainsi que le City of London s?est retrouvé en pleine tempête, son capitaine, John Owens, ayant, on ne sait pourquoi, décidé d?aller se réfugier en haute mer au nord-est de Maurice, à l?endroit précis où ce cyclone ?fraudère fête nationale? devait passer au plus près des côtes mauriciennes, à l?aube du 13 mars 1980. Ce navire, venu charger du sucre, devait, de ce fait, poireauter des jours durant, sinon des semaines, en tête de rade, à l?entrée du ?port le plus moderne d?Afrique et d?Asie ou encore le deuxième ou troisième du monde?, le directeur de la Marine Authority dixit.

De retour au Port Louis, John Owens conte ses malheurs. Pensant être à l?abri au nord-est de l?île d?Ambre, son navire se retrouve confronté à des vagues de 25 pieds qui endommagent sérieusement les appareils à l?intérieur du poste de commandement. Owen doit s?accrocher à une table contiguë au tableau de bord. Heureusement les 9 000 tonnes de sucre embarqués n?ont pas souffert de ce qui fut loin d?être une tempête dans un ?cup of tea?.

John Owen, spécialiste pourtant des typhons du Sud-Est asiatique, avoue n?avoir jamais essuyé une tempête d?une telle intensité. Le longiligne City of London (153 mètres de long par 22,3 de large) est comme un bouchon de champagne au milieu d?une mer démontée. Les vagues emportent un canot de sauvetage pourtant amarré à 19 pieds au-dessus du niveau de la mer. L?inquiétude est à son comble, d?autant plus que Laure? dure une nuit et une journée, paraissant interminables.

On parle toujours du roulier Mauritius II en termes lyriques, sans se douter de l?affreuse destinée qui l?attend. Ringadoo souhaite aux invités la bienvenue à bord de ce navire appartenant à l?Etat. Il dévoile un tableau que les constructeurs japonais offrent à la marraine du bâtiment, Lady Ringadoo. Celle-ci l?offre à son tour à qui de droit afin qu?il orne le salon d?honneur du navire. On procède à la signature des documents d?enregistrement du navire au Port-Louis. Ringadoo et le capitaine Mooroogan paraphent le document. Ringadoo vante les qualités du Mauritius II. ?It is a most beautiful ship. A good bargain for the government?. Pas de champagne à bord, toutefois. Austérité oblige. Une austérité peut-être mofine. Ringo, auteur de deux dévaluations bien connues, tient à ce que le Mauritius II travaille dans l?optique de l?économie.

Le Mauritius II sort des chantiers maritimes des Kawaski Heavy Industries du Japon. Livré le 15 février 1980, il est de type Roll on, Roll off, une technologie de pointe. Ce bateau polyvalent peut transporter voitures, véhicules lourds, conteneurs climatisés, bétail. Mais il est contre-indiqué pour des chargements de farine et de fers de construction. Sa construction est contrôlée par la Lloyds Register of Shipping. Le coût total est de $10 m (Rs 76 millions). Kawasaki accorde un prêt de $ 8 millions au GM, remboursable en 12 ans et à 8,75 %. On espère que le Mauritius II fera l?aller-retour Maurice-Rodrigues en cinq jours, déchargement et embarquement compris, contre 25 pour le Mauritius I. A la presse qui veut savoir quelle différence technologique sépare les deux Mauritius, le capitaine Gilbert Langlois répond : ?Seulement 25 ans de différences !?

Il n?y aurait pas de quoi prendre au sérieux la colère réunionnaise concernant un projet de raffinerie de pétrole au large de La Possession. Un projet enterré depuis longtemps, affirme Le Quotidien de la Réunion. ELF et Total ont conclu qu?il est géographiquement difficile d?aménager un terminal pétrolier à 300 mètres du rivage, en cet endroit, car la profondeur y est de 250 mètres contre 40 mètres à 400 mètres au large de Médine. De plus Maurice dispose d?une liberté de man?uvre dont est dépourvu un département français, partie intégrante de la CEE. Madagascar, enfin, songe à tripler la capacité de sa raffinerie.

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