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Mauvais engrais
La messe est dite, 210 des 280 employés de la Mauritius Chemical and Fertilizer Industry (MCFI) prendront la porte. Certains d?entre eux auront passé près de 30 ans dans la boîte. Pour soulager ses maux et sauver ce qui pouvait encore l'être, le licenciement s?est imposé à la MCFI. Mais la déroute de cette entreprise, rentable il n'y a pas si longtemps et jouissant d?un rayonnement régional, a quelque chose de symptomatique.
On nous explique que les coûts de production des engrais chimiques ont pris l'ascenseur et que, par conséquent, en produire n'est plus aussi rentable.
Cet élément est important. Mais l?autre facteur déterminant a été l'implantation d?Island Fertilizers qui, en collaboration avec un groupement coopératif, importe des engrais semi-finis avant de les transformer en mélange prêt à l'emploi dans les champs.
Tout ceci avec la bénédiction du gouvernement. D?ailleurs, comment pouvait-il en être autrement ? Un mouvement coopératif, qui participe à la fin d?un monopole vieux de trente ans? dans le secteur agricole. Le symbole est trop fort. Le gouvernement aurait eu du mal à se justifier s?il avait décidé de retarder l?implantation d?Island Fertilizers, ou s?il avait consenti à une aide spécifique à la MCFI pour faire face à la concurrence.
Mais au-delà du symbolique, c?est aussi l?implacable logique de l?avantage comparatif qui a prédominé. Pourquoi fabriquer localement, et à grand frais, des engrais qui coûtent moins cher à l?importation ? Si la logique est poussée à bout toutefois, ce sont des secteurs d?activités entiers qui devraient disparaître à Maurice. Adieu marais salant de Tamarin, fabriques de chaussures, etc.
Le ministre de l?Industrie, Sushil Khushiram, semble être l?un de ceux à vouloir apporter un soutien approprié aux secteurs d?activités rentables. Pour laisser les moins performants fermer boutique et utiliser leurs ressources dans d?autres domaines plus prometteurs. Mais derrière cette vision libérale, qui s?impose, on doit en convenir, il y a des hommes et des femmes.
Une fermeture d?usine ou de fabrique sera toujours douloureuse pour les employés. Mais il ne faut pas non plus combattre les fermetures et les restructurations dans le textile ou ailleurs. Il faut juste que nous sachions quoi faire, et comment recycler les licenciés. Qu?on ne fasse pas du mauvais engrais pour une économie qui pourrait aller mieux.
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