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Maurice territoire morcelé
République de Maurice. Quelle superficie, quels territoires ? Frontières aux contours flous. Paul Bérenger les a redessinées lors de sa dernière conférence d?histoire, samedi. Thème de l?intervention : ?Maurice et ses dépendances ( y compris les Seychelles, les Chagos, Tromelin, les Glorieuses et Saint Paul et Amsterdam) depuis 1814?.
Point de départ de l?argumentaire : les dépendances acquises, celles qui n?ont ?jamais connu de changement dans leur statut de dépendances de Maurice ou dans leur configuration?,c?est-à-direRodrigues, Agalega et Saint-Brandon.
Le conférencier a ensuite suivi le fil de nos réclamations concernant les Chagos et Tromelin. Tournée la page sur les Seychelles, dépendance de Maurice jusqu?en 1903, aujourd?hui voisin indépendant. Il a défriché les îles Glorieuses, situées à 200 km au nord-ouest de Madagascar. Avant de nous embarquer à la découverte de Saint Paul et Amsterdam, ?terres arides et glacées à mi-chemin entre Maurice et le pôle Sud?.
Un voyage historique avec pour moteur le sens de la patrie. Car en fin d?exposé, Paul Bérenger a proposé une série de ?pistes de recherche à suivre d?urgence? par le gouvernement.
Première mesure : il compte évoquer la question des dépendances de Maurice avec le Premier ministre Navin Ramgoolam ainsi que le ministre des Affaires étrangères, Madun Dulloo. Une démarche, ?pas partisane mais patriotique ?, a-t-il répété. ?Un travail pour consolider les revendications de souveraineté.? Il a aussi mis l?accent sur la nécessité de ne pas mélanger les réclamations, en soulignant que le cas de Maurice remonte au traité de Paris.
Le conférencier a donné trois raisons selon lesquelles il est important de mener à terme des revendications territoriales. D?abord par patriotisme, car ?l?indépendance ne sera pas complète tant que nous ne récupérons pas les territoires détachés illégalement?. Ensuite pour des motifs stratégiques, car les îles revendiquées se situent à des points clés de l?océan Indien et du canal de Mozambique. Enfin, pour des impératifs économiques, car ?il suffit qu?un rocher dépasse de la surface de l?eau et il génère 200 km de zone économique?. Ce qui explique, selon lui, pourquoi la France est la deuxième puissance maritime au monde.
Il a alors raconté comment il a conseillé au gouvernement de se pencher sur la possibilité qu?une île fasse surface un jour entre Maurice et la Réunion. ? Sertin finn riye, lezot finn pran not.?
Revendication sur les Chagos
Egrenant cas par cas, il a d?abord ?tourné la page? sur le lien avec les Seychelles. Avant de réaffirmer avec force la solidité de la revendication mauricienne sur les Chagos. Ses recherches ayant servi, dit-il, à illustrer ?la perfidie de la perfide Albion?. Il n?a pas manqué de rappeler le ?santaz zot ti fer avek bolom Ramgoolam? lors du Lancaster House Conference en 1965.
?D?abord par patriotisme car ?l?indépendance ne sera pas complète tant que nous ne récupérerons pas les territoires détachés illégalement?. Ensuite pour des motifs stratégiques.?
Il a souligné l?absence de mention des Chagos, à la fois des ?sessional papers? de la conférence et de l?examen en comité du Mauritius Independence Bill le 14 décembre 1967. Un ?silence total? corroboré par le ?cynisme? de la définition de Maurice dans ce projet de loi, comme ?territories immediately before 12 march 1968?.
Le conférencier a exhorté le gouvernement à poursuivre les recherches. ?Est-ce que lors de l?épisode de 1965, il n?y a eu vraiment aucune mention dans la presse ni ici, ni à Londres, ni à New Delhi?? Toujours sur la question de détachement illégal, Paul Bérenger a affirmé que le sujet a été abordé au Rajah Sabha (chambre haute du parlement indien), ainsi que devant le Trusteeship Committee des Nations unies du 19 au 26 novembre 1965. Ce qui a abouti à une résolution de l?Assemblée générale des Nations unies votée le 16 décembre 1965.
Selon Paul Bérenger, il faut profiter de la conjoncture et des mutations politiques internationales du moment. Du changement de Premier ministre en Grande-Bretagne, de la présence de Jack Straw, ministre de la Justice britannique aujourd?hui ?assis à la droite de Gordon Brown?. Dans le cas de Tromelin, il a cité la volonté de ?rupture? du nouveau président français, en paraphrasant: ?Ti a bon ena ruptir partou.? Le conférencier a aussi évoqué les prochaines présidentielles américaines, prédisant la fin de règne des néo conservateurs.
Citant les trois dernières opérations militaires américaines, il a signalé que, lors de Tempête du désert en 1990 et Liberté immuable en 2001, Diego Garcia avait joué un rôle clé. Ce qui ne fut pas le cas en 2003.
Dans la foulée, le conférencier a listé une bibliographie vers laquelle, selon lui, il faut orienter les recherches. Des documents qu?il affirme avoir lui-même cherché en vain.
Poursuivant le raisonnement, Paul Bérenger est d?avis que dans le cas des îles Glorieuses, ?il faudrait laisser Madagascar et les Comores revendiquer cette parcelle de terre?. Une position qu?il est cependant loin de recommander pour ce qui est de Saint Paul et Amsterdam. ?Là nous avons des arguments en notre faveur ? qu?il est nécessaire d?approfondir. Pour lui, la direction à prendre est celle des archives départementales de la Réunion.
Des recherches à mener sur la station météo que les britannique y ont installée en 1945. ?Nous ne pouvons pas payer pour ce que les Anglais ont fait?, a-t-il déclaré. Dans ce cas précis, Paul Bérenger affirme qu?il proposera au Premier ministre la mise sur pied d?un comité pour étudier l?affaire, une instance qui selon lui, devrait faire appel à l?expert qui nous conseille déjà sur les Chagos : Brown Lee.
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