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Maurice réclame une réunion d?urgence de l?OMC sur le textile

21 juillet 2004, 20:00

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Si le sucre a dominé l?actualité ces dernières semaines, les autorités n?en ont pas oublié le textile pour autant. Le gouvernement continue à se battre pour préserver autant que faire se peut l?industrie locale du textile-habillement.

La dernière initiative en date a été d?écrire une lettre au directeur de l?Organisation Mondiale du Commerce (OMC), Suppachai Panitchpakdi, pour réclamer une réunion d?urgence afin d?évaluer l?impact de l?élimination des quotas à partir de janvier 2005.

Cette lettre, envoyée hier, sera suivie d?un lobby personnel du ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree, qui se rend à Genève samedi. Il y rencontrera, entre autres, Suppachai Panitchpakdi et le président du comité responsable de la question de l?accès aux marchés des produits non-agricoles, Stefan Johannesson.

L?objectif est de sensibiliser l?OMC aux sérieuses difficultés que pose la libéralisation du commerce mondial du textile aux petits pays et aux économies vulnérables comme Maurice.

La demande de Maurice pour une réunion d?urgence a déjà suscité des réactions. Les lobbies américains du textile soutiennent cette initiative et organisent une série de briefings à Genève les 26 et 27 juillet, soit en même temps que se tiendra la réunion cruciale du conseil général de l?OMC.

Concurrence

Les leaders des fédérations de fabricants textile américaines, Auggie Tantillo et Cass Johnson, ont écrit aux membres de la Global Alliance for Fair Textile Trade, leur demandant de les rejoindre à Genève pour soutenir la demande mauricienne. Jayen Cuttaree les y rencontrera.

Avec l?abolition des quotas qu?entraînera le démantèlement de l?accord multi-fibre en janvier 2005, Maurice, ainsi que de nombreux pays en développement, souffriront de la concurrence des grands producteurs comme la Chine, l?Inde et le Pakistan notamment, dont les exportations étaient jusqu?ici limitées par les quotas.

En plus de l?abolition des quotas, l?OMC étudie comment ouvrir les marchés aux produits non-agricoles en éliminant les droits de douane. Il y a eu la proposition Girard, qui ciblait plus particulièrement le textile et le thon. Un nouveau texte émanant de l?OMC évoque aussi la nécessité d?accélérer la réduction des tarifs sans toutefois citer spécifiquement le textile.

Néanmoins, la menace est bien réelle. ?Toutes les études ont démontré que l?abolition des quotas, couplée à la réduction ou l?élimination des tarifs, aura pour conséquence que le commerce du textile mondial sera dominé par une poignée de grands producteurs et que des pays comme Maurice risquent d?être balayés de la scène?, explique Jayen Cuttaree.

Face à cette éventualité, Maurice, comme plusieurs pays en développement dans la même situation, réfléchit aux moyens qui permettraient de sauvegarder son industrie textile et de préserver ses parts de marché sur le plan international.

S?il est trop tard pour remettre en question l?abolition des quotas, il reste à obtenir que les droits de douane ne soient pas rapidement éliminés comme le souhaitent certains membres de l?OMC. En l?absence de quotas, Maurice conserve effectivement un mince avantage sur les droits de douane que nous ne payons pas mais auxquels nos concurrents sont assujettis sur les marchés européens et américains, entre autres.

Maintien des préférences réclamé

Lors de l?ouverture de la réunion du G90 à Maurice la semaine dernière, le Premier ministre, Paul Bérenger, avait fait un vibrant plaidoyer pour le maintien des préférences. Il avait spécifiquement fait mention du fait que les préférences de l?AGOA ne serviraient à rien si les droits de douane sont éliminés.

L?United States Trade Representative, Robert Zoellick, avait lui aussi laissé entendre qu?il est pour le maintien de certaines préférences, comme dans le cadre de l?AGOA.

Lors de la réunion du groupe Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP) à Grand-Baie, le dossier du textile a préoccupé les ministres du commerce présents. Ils réclament un assouplissement des règles d?origine sur le marché européen, qui permettrait aux pays ACP d?importer du tissu et de bénéficier quand même d?un accès en hors taxes.

Ce sont des pistes à explorer pour préserver un certain avantage aux producteurs textiles des pays en développement.

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