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Maurice rejette l?union douanière du Comesa
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Maurice rejette l?union douanière du Comesa
UNE importante réunion s?ouvre aujourd?hui à Lusaka, en Zambie. Elle doit mener le Common Market of Eastern and Southern Africa (Comesa) vers une union douanière à partir de décembre. Maurice n?a pas l?intention de se joindre à cette éventuelle union dans la forme qu?elle se présente actuellement.
?Nous n?y participerons pas car nous ne sommes pas satisfaits des propositions faites à ce sujet. Il n?y a pas eu suffisamment d?études sérieuses sur les implications d?une union douanière?, déclare sans ambages le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree.
Maurice est représentée à Lusaka par une délégation mixte gouvernement-secteur privé. Celle-ci est composée notamment de Narrainduth Boodhoo, directeur adjoint de la Trade Policy Unit et de Mahmood Cheeroo, secrétaire général de la Chambre de commerce et de l?industrie.
La semaine dernière, les responsables du secrétariat du Comesa avaient dans des déclarations publiques laissé entendre que tout était fin prêt pour la création d?une union douanière qui devrait entrer en vigueur à partir du 8 decembre de cette année. Maurice ne l?entend pas de cette oreille. ?Si certains pays sont pressés, nous nous ne le sommes pas?, déclare un responsable du dossier. Il est vrai que lors du lancement de la zone de libre-échange du Comesa il était prévu que la prochaine étape, la création d?une union douanière, survienne en 2004. Néanmoins, comme le souligne Jayen Cuttaree, les progrès n?ont pas été aussi rapides qu?escompté et cela justifie un renvoi. Seuls neuf pays sur les 20 Etats-membres du Comesa participent à la zone de libre-échange. ?Nous devrions d?abord nous assurer que la zone de libre-échange fonctionne bien avant de nous lancer dans une nouvelle phase d?intégration.?
Dangereux pour l?économie
La création d?une union douanière implique l?adoption d?un tarif extérieur commun (TEC) pour tous les pays membres. En novembre de l?année dernière, le Comesa avait proposé un TEC a trois niveaux : zéro pour cent sur les matières premières et les équipements, 10 % sur les produits intermédiaires semi-finis et 25 % sur les produits finis. Maurice avait déja rejeté catégoriquement cette proposition considerée dangereuse pour l?économie et l?industrie.
Les autorités expliquent qu?un TEC maximum de 25 % représente en réalite un abaissement tarifaire généralisé sur les produits importés. Cela implique une ouverture de notre marché aux pays du monde entier et la concurrence qui en découlera sera intenable pour l?industrie locale.
De plus, la formule proposée par le Comesa aura également des répercussions sur l?industrie d?exportation. Actuellement, les intrants de la zone franche sont exonérés des droits de douane. La proposition du Comesa équivaudrait à imposer des droits de douane de 10 % sur les matières premières telles que le fil et le tissu. Cela augmentera les coûts de production de la zone franche.
De plus, Maurice se soucie aussi des répercussions d?une baisse générale des droits de douane sur les revenus. ?Une bonne part des revenus de l?Etat sont derivés des recettes douanières. La proposition du Comesa nous ferait perdre des milliards de roupies. Nous ne pouvons pas nous le permettre?, déclare Jayen Cuttaree.
Maurice ne remet pas en question le principe d?une union douanière au sein du Comesa pour lequel il a déja donné son accord. Ce qui irrite les autorités mauriciennes c?est bien la ?légèreté? avec laquelle le Comesa aborde ce dossier et formule ses propositions. ?Nous avons fait notre homework. Il faut davantage d?études sérieuses sur l?impact d?une union douanière avant de se prononcer. Nous ne sommes pas certains que les propositions faites ont été mûrement réfléchies?, poursuit Jayen Cuttaree.
Maurice n?est pas seule à penser ainsi. L?Egypte est egalement montée au créneau pour rejeter la formule proposée. D?autres pays tels que le Zimbabwe ont révisé leur position à la lumière de nos arguments. Tout espoir n?est pas perdu de faire entendre raison au Comesa.
La réunion de Lusaka sera aussi une occasion de sensibiliser les autres pays membres aux dangers que représente la formule de TEC proposée. ?Faire l?éducation des autres est aussi un peu notre rôle?, commente un habitué des affaires régionales.
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