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Maurice passe à côté de la baisse des cours pétroliers
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Maurice passe à côté de la baisse des cours pétroliers
Maurice aurait-elle pu profiter de la récente détente du prix du brut sur le marché mondial ? La question se pose plus que jamais avec les récents ajustements des prix de l’essence, du diesel et du gaz ménager.
Après avoir frôlé la barre des $ 80 le baril vers la mi-juillet, la marchandise se vend aujourd’hui à $ 61 le baril. Pour les spécialistes, le cours fondamental varie entre $ 40 et $ 50. Il faut ajouter à cela les primes de risques, soit des compensations pour les incertitudes. Plus le marché est instable, plus les primes sont élevées.
Les sources d’instabilité sont multiples. Lorsque les cours évoluaient à leurs niveaux records, les tensions au Moyen-Orient étaient très vives notamment avec l’escalade de violence entre Israël et le Liban. La crise nucléaire iranienne et les troubles sociaux au Nigeria ont aussi alimenté la pression géopolitique sur la production mondiale.
D’autres facteurs, telles l’approche de la saison cyclonique dans le Golfe du Mexique, aux Etats-Unis et une avarie sur un important pipe-line pétrolier en Alaska avaient également contribué à entretenir la nervosité du marché.
La hausse du fret a joué les trouble-fête
Aujourd’hui, plusieurs de ces risques ne sont plus là avec notamment un répit dans les manœuvres militaires au Proche-Orient. Les stocks sont, d’autre part, à des niveaux plus confortables qu’en juillet et août, et les ouragans n’ont pas joué les trouble-fête dans le Golfe du Mexique comme en 2005.
Mais d’autres éléments de stress sont toujours présents à savoir l’appétit sans cesse grandissant de la Chine et de l’Inde pour l’énergie. Les Etats-Unis maintiennent une consommation en croissance. “Les prix tourneront entre $ 63 et $ 64 le baril. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole a affirmé qu’elle compte maintenir les cours dans cette fourchette. Les gouvernements devront tenir compte de cet élément dans leurs budgets”, explique un spécialiste du dossier.
Pourquoi est-ce que la tendance à la baisse du cours du brut ne s’est-elle par répercutée sur les prix de vente des carburants à Maurice ? Plus d’un comprend mal la hausse du prix de l’essence (Rs 37,55 à Rs 40,60 le litre) dans un tel contexte.
D’autant plus que la State Trading Corporation (STC) avait fait comprendre qu’elle avait réalisé des économies de Rs 350 millions par an grâce à un accord d’approvisionnement auprès de la Mangalore Refinery and Petrochemicals Ltd (MRPL) de l’Inde.
La STC affirme que la hausse du coût du fret a bouleversé ses plans et que les carburants lui ont coûté plus cher à l’achat. Cet argument est vivement contesté. “C’est justement sur la base des primes, dont le fret, que la STC avait promis des économies de Rs 350 millions”, souligne un observateur.
La structure des coûts des produits pétroliers raffinés est la suivante : il y a d’abord le cours de base, Platts. Il faut ajouter à cela les primes qui incluent le fret, l’assurance et les marges des intermédiaires. “Les cours Platts pour les différents carburants sont publiés. Les prix sont fixés et il n’y a pas moyen de négocier sur ce plan”, explique notre interlocuteur. Suivant cet argument, la seule marge de manœuvre est la possibilité d’agir sur les primes.
La STC ne publie pas cette fois-ci la structure des coûts des carburants comme elle le faisait dans le passé. Cela ne fait que renforcer les soupçons.
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