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Maurice-Madagascar :Bâtir le partenariat
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Maurice-Madagascar :Bâtir le partenariat
Aidons-nous mutuellement. La charge de nos maux en sera plus légère. Cela fait un bon bout de temps déjà que Mauriciens et Malgaches ont découvert les vertus de cet adage. Maurice est aujourd?hui le troisième partenaire d?affaires de Madagascar. Pour entretenir et stimuler cet intérêt, les autorités malgaches multiplient les initiatives de promotion vers Maurice. Elles organisent une journée d?information et de réflexion sur les opportunités d?affaires à Madagascar, demain, à Réduit.
La conjoncture appelle à la coopération entre voisins et les institutions internationales telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international l?encouragent, souligne Richard Via, premier secrétaire de l?ambassade malgache à Maurice. Si Maurice offre des possibilités d?expansion en affaires assez limitées, compte tenu de l?exiguïté de son marché et de sa relative pauvreté en ressources naturelles, en revanche, Madagascar ne fait qu?amorcer son développement économique. La Grande île présente des opportunités alléchantes, soutient Richard Via. À son avis, les deux pays ont tout à gagner à exploiter leur complémentarité.
L?événement de demain vise à permettre aux entrepreneurs de voir et de comprendre comment ils pourraient faire affaire avec Madagascar. À cette fin, conférences, posters, vidéos et expositions de produits du terroir seront mis à contribution. L?initiative est proposée en préambule à d?autres événements du même type qui seront organisés du 26 au 29 octobre prochain à Antananarivo, comme un Forum des îles à l?hôtel Hilton, la vitrine de Madagascar au Palais des Sports et la troisième réunion annuelle du Comité de suivi et de coordination Maurice-Madagascar.
<B>Le grenier de Maurice</B>
Les entrepreneurs mauriciens sont sollicités dans deux domaines en particulier, à savoir l?agriculture et le tourisme. Madagascar est déjà une importante source d?approvisionnement en produits de mer pour Maurice. L?Agricultural Marketing Board discute de l?importation de la pomme de terre, de l?ail et de l?oignon malgaches. La Grande île serait d?un recours particulièrement précieux durant la période cyclonique. La Réunion importe déjà quelque 8 000 tonnes de pommes de terre de Madagascar.
Conformément à la vision de la Chambre d?agriculture de faire de Madagascar un grenier pour Maurice, les entrepreneurs mauriciens sont déjà partis à la conquête des terres malgaches. Le groupe Food and Allied est l?un des pionniers dans le domaine. Cependant, ces efforts n?ont pas toujours été couronnés de succès. Madagascar doit encore résoudre ses problèmes de cadastre. Des experts du gouvernement malgaches seront sur place demain pour renseigner les intéressés sur la progression du dossier.
<B>« La tendance est au tourisme de région »</B>
Le problème d?accès aux terres se pose également dans les autres secteurs d?activités. Pour éviter qu?il ne fasse obstacle au décollage du tourisme, le gouvernement malgache a dégagé trois zones à Nosy Be, à Antsirabe et à Fort Dauphin. Madagascar veut pouvoir compter sur le savoir-faire mauricien. Et la Banque mondiale l?encourage dans cette direction. Le mois prochain, cet organisme parraine une table ronde réunissant les partenaires de l?industrie du tourisme des deux pays pour discuter du jumelage des deux destinations.
Richard Via s?attend à ce que les hôteliers mauriciens, déjà présents aux Seychelles et aux Maldives, développent prochainement le tourisme malgache. Certains gros groupes mauriciens sont déjà allés prospecter, dit-il. « La tendance est actuellement au tourisme de région. Maurice et Madagascar ont tout à gagner à jouer sur leur complémentarité. » Il ajoute que le gouvernement malgache s?attelle actuellement à développer les infrastructures à l?intérieur des trois pôles de croissance identifiées. La fréquence de vols d?Air Mauritius a déjà augmenté de quatre à neuf vols par semaine.
Maurice, tout comme Madagascar, prend très au sérieux l?idée d?un partenariat étroit. Dans les deux camps, on a des visées ambitieuses, à savoir celle d?affronter ensemble le marché commun de l?Afrique australe. Un comité de suivi et de coordination a été institué depuis trois ans pour aplanir les obstacles qui pourraient miner les entrepreneurs mauriciens, existants et potentiels.
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