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Maurice et le Pakistan scellent un nouveau pacte
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Maurice et le Pakistan scellent un nouveau pacte
La rapidité avec laquelle les négociations ont été conclues surprend. En l?espace d?environ un an, la zone d?échange préférentiel liant Mau-rice et le Pakistan est devenue une réalité. Le texte de l?accord, bouclé cette semaine par le Joint Working Group comprenant les négociateurs mauriciens et pakistanais, sera avalisé prochainement.
« Dans les semaines à venir, le ministre du Commerce international, Madan Dulloo, et son homologue pakistanais, Khurshid Kasuri, devraient se rencontrer à Islamabad pour signer le traité », avance Rashid Meerun, le haut-commissaire mauricien au Pakistan. Toutefois, si les emplois du temps des deux ministres ne peuvent coïncider, ce sont deux hauts fonctionnaires des gouvernements respectifs qui parapheront le nouveau pacte.
Mais quelles portes ouvre ce nouvel accord commercial ? D?abord celles du marché pakistanais. Avec l?effritement de ses préférences sur ses marchés traditionnels européen et américain, Maurice cherche de nouveaux horizons où exporter son textile de moyenne et haut de gamme, ainsi que ses sucres spéciaux. Grâce à des baisses de tarifs douaniers réciproques (allant de 16,5 % à 50 % dans certains cas), le marché pakistanais devient désormais accessible aux produits mauriciens qui y entrent à un prix encore plus compétitif qu?avant.
Mais les accords commerciaux, comportent toujours un élément « donnant-donnant ». Donc, en même temps que le Pakistan ouvre ses portes à plusieurs produits locaux, Maurice en fait de même, mais dans l?autre sens. Le voisin de l?Inde est devenu un centre de production régional pour nombre de produits alimentaires et de grande consommation. Maurice accepte donc de laisser entrer des produits made in Pakistan à des taux douaniers réduits. Dans un premier temps, ce sont, entre autres, des fruits et des biscuits que le Pakistan exportera vers Maurice, en profitant de la baisse des droits de douane.
<B>Utiliser Maurice comme plateforme</B>
Le Pakistan, comme l?Inde le fait à travers le Comprehensive Economic Coope-ration Partnership Agreement, envisage également utiliser Maurice comme plate-forme pour lancer ses produits en Afri-que. « Pour l?heure, cet aspect n?a pas été discuté en profondeur avec les autorités pakistanaises », explique Rashid Meerun.
Ce dernier confirme toutefois que le Pakistan compte effectivement utiliser les relations économiques existantes liant Maurice à de nombreux pays d?Afrique de l?Est et australe pour y conquérir de nouveaux marchés.
Mais il n?y a pas que les sujets commerciaux qui retiennent l?attention. Ainsi, la construction, à Port Louis, d?un Urdu Institute, financée conjointement par le gouvernement et le secteur privé pakis-tanais, a été longuement évoquée.
« Lors de la présentation de mes lettres de créances au président Parvez Musharaf mardi, ce dernier m?a indiqué qu?il souhaitait venir en visite officielle à Maurice, et qu?il serait ravi de poser la première pierre de l?Institut », se réjouit le haut-commissaire mauricien. Qui précise, par ailleurs, que Musharaf a également souhaité que le Premier ministre mauricien se rende en visite officielle dans son pays courant 2007. Une année qui paraît déjà être celle de la consolidation des relations entre les deux pays.
<B>Le Pakistan en chiffres</B>
Peuplé de 165,8 millions d?habitants, le Pakistan est classé parmi les pays les moins avancé avec un produit intérieur brut (PIB) par habitant de $ 2400, soit près de cinq fois moins que celui de Maurice, à parité de pouvoir d?achat. L?industrie et les services occupent plus des deux tiers de l?économie de ce pays, qui compte, parmi les plus importants producteurs mondiaux de coton, de fruits, de textile-habillement, de produits pharmaceutiques et de certains crustacés comme les crevettes. Avec des exportations dépassant allégrement les 15 milliards de dollars, le Pakistan compte parmi ses plus importants clients, les États-Unis, les Émirats Arabes Unis, la Grande-Bretagne, la Chine et l?Allemagne.
En 2006, le pays aura attiré environ quatre milliards de dollars d?investissements directs étrangers. Une somme que les autorités pakistanaises espèrent voir passer à sept milliards en 2007. Ce qui, entre autres, permettrait de maintenir un niveau de croissance très enviable d?environ 7 % du produit intérieur brut.
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