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Maurice envisage des poursuites légales contre le ?Sunday Times?
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Maurice envisage des poursuites légales contre le ?Sunday Times?
?Nous avons envoyé une riposte au Sunday Times qu?il se doit de publier dans le journal de dimanche?, confirme Rajesh Jeetah, ministre du Commerce et de l?Industrie. Il intervenait lors d?une conférence de presse, hier, suite à une visite de l?usine de la Compagnie mauricienne de textile (CMT), à Curepipe, et des locaux de Star Knitwear, à Rivière-du-Rempart.
Le ministère de l?Industrie a déjà envoyé une correspondance au Sunday Times, après la publication de deux articles dimanche. Ceux-ci alléguaient que les vêtements vendus par des magasins de centre-ville (?high street?) de l?entreprise Arcadia seraient produits dans des ateliers de misère (?sweatshops?) à Maurice sous un système d?esclavage (?slave labour?). Les articles du Sunday Times ont mis en cause la CMT et Star Knitwear.
Rajesh Jeetah explique que des poursuites légales sont envisageables vis-à-vis du Sunday Times. ?Dans la lettre, nous avons mentionné que nous comptons entreprendre une action légale s?il le faut.?
Sa priorité est aussi de réfuter les propos du Sunday Times. ?Je ne dis pas que nous ne faisons pas face à des difficultés. Mais je veux le dire haut et fort et le répéter plusieurs fois, c?est un mensonge éhonté que d?affirmer qu?il y a de l?esclavage à Maurice.?
Les articles du Sunday Times ont fait l?effet d?une bombe au niveau des entreprises incriminées. François Woo, directeur général de la CMT, estime que les dommages créés par ces articles sont irréparables. ?Nous avons craché dans la soupe. C?est dur, aujourd?hui pour récupérer l?image d?un pays et d?une industrie. Que nous fassions appel à la Cour de justice ou même que nous fassions des publications de presse, nous n?allons pas pouvoir retrouver cette réputation.?
Agenda plus vaste
L?entrepreneur met aussi en cause l?objectivité des articles publiés par le Sunday Times. ?L?article était déjà cuit. On avait déjà décidé de nous mener à l?abattoir pour nous tuer.?
Chez Star Knitwear, on dénonce également l?attitude de la journaliste dépêchée par le Sunday Times. ?La journaliste a manqué d?éthique dans son enquête. Elle a passé une semaine à Maurice et a basé son article sur des on-dit. Elle n?avait pas l?intention de rencontrer et de venir sur place. Nous l?avons invitée mais elle n?est pas venue. Vous trouvez ça normal ?? s?indigne Ahmed Parkar, vice-chief executive officer de Star Knitwear. Il ajoute que les salaires mis en avant par Sunday Times seraient erronés et ne prendraient pas en considération les différentes.
Il précise aussi que Philip Green, à la tête d?Arcadia, a rejeté en bloc les accusations du Sunday Times. Il ajoute que Star Knitwear suivra Arcadia si celle-ci décide d?entamer des poursuites judiciaires. ?Nous attendons que le Sunday Times fournisse des preuves de ce que sa journaliste a avancé, sinon nous allons prendre action au niveau légal contre le journal.? Ahmed Parkar estime de plus que les articles s?inséraient dans un agenda plus vaste que celui des accusations envers les usines mauriciennes et que ces dernières ne sont que les victimes ?collatérales? de cet agenda.
L?usine de la CMT à Curepipe et le complexe de Star Knitwear à Rivière-du-Rempart étaient ouverts pour la visite de Rajesh Jeetah, hier. A la CMT, une employée particulière a été le centre de beaucoup d?attention. Aka Akter, une jeune femme de 22 ans qui vient du Bangladesh, figurait sur une photo publiée dans le Sunday Times. ?Cela fait un an et cinq mois que je travaille ici. Je travaille six jours par semaine de 7 h 30 à 19 heures. Pour venir à Maurice, je n?ai payé que les frais administratifs pour le visa et le passeport. Mon mari aussi travaille à Maurice. Ici c?est mieux qu?au Bangladesh ?, explique Aka Akter à travers un traducteur. La majorité des employés qui viennent du Bangladesh et du Sri Lanka ne parlent ni anglais ni hindi, mais cinghalais. Dans l?usine de Curepipe, la CMT emploie environ 1 000 travailleurs étrangers.
Chez Star Knitwear, 900 des 3 000 employés sont étrangers. Ils viennent de l?Inde et du Sri Lanka. ?Moi je travaille ici depuis cinq ans. Après quatre ans, j?étais rentrée au pays en vacances et ensuite je suis revenue?, explique Sandaya Peera.
MENACE
CMT arrête d?investir
François Woo, sur un ton de menace , annonce l?intention de la CMT d?arrêter d?investir à Maurice d?ici fin 2007. ?Jusqu?à décembre, notre objectif est d?investir Rs 3 milliards, et puis nous allons nous arrêter là.?
La CMT qui emploie actuellement 9 000 personnes compte, cependant, en employer 12 000 d?ici fin 2007.
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