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Maurice demain : la révolution obligée
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Maurice demain : la révolution obligée
A quoi pourrait bien ressembler l?île Maurice de 2025 ou de 2050 ? Personne ne le sait vraiment. On a bien élaboré des plans d?action avec pour horizon les années 2020. Mais dans les diverses réflexions, les ingrédients de base du développement économique demeurent désespérément les mêmes.
Une mixture agriculture, textile et services (tourisme et secteur financier), marinée dans une formule de restructuration dictée par les évolutions des deux plus gros clients : l?Europe et les Etats Unis. La seule vraie nouveauté reste l?émergence d?un nouveau pilier de l?économie, l?industrie des technologies de l?information et de la communication (Tic).
Mais pour être compétitive et espérer profiter d?une croissance économique soutenue de 7 % minimum, Maurice ne doit pas compter sur l?évolution de ses industries. Elle doit tabler sur une révolution de sa base industrielle, de sa société et de sa politique. Le document de réflexion intitulé Competitive Foresight, produit par le National Productivity and Competitiveness Council (NPCC), reprend une constatation du Fonds monétaire international : l?économie nationale sera l?une de celles qui souffrira le plus de l?érosion des préférences commerciales sur ses exportations, sucre et textile en tête. Il est donc temps de changer d?attitude.
Pas question de repenser le secteur manufacturier pour produire autre chose à exporter, recommande le rapport. Le manufacturier devrait, au plus, viser des produits spécifiques pour des marchés restreints ou du haut de gamme. L?agriculture se cantonnerait à produire ce qui peut l?être, compétitivement. Ce ne sont pas les secteurs qui contribueront à booster significativement la croissance. Les secteurs des services existants, tourisme et pôle financier, resteront en place, mais ne se positionneront pas, non plus, comme les piliers les plus importants de l?économie.
Toutefois, la nouvelle ressource mère, créatrice de richesses à Maurice, sera plus que jamais le facteur humain, selon le rapport. Mais le pays demeure relativement pauvre dans ce domaine. Comme pour d?autres ressources, quand on n?en dispose pas, on en importe.
Les Tic en sont toujours à leurs premiers balbutiements. C ?est l?apport de matière grise qui les fera passer à l?âge adulte. Un rapport de l?International Telecommunications Union de février 2004, intitulé The Fifth Pillar : Republic of Mauritius ICT Case Study, explique que Maurice a relativement bien négocié le tournant technologique mais qu?elle n?aura pas les moyens de son ambition tant que son industrie des Tic ne sera pas pourvue en main-d??uvre suffisante pour assurer un développement durable.
« Maurice doit envisager la possibilité d?avoir recours à un nombre important de high skilled persons, en leur permettant de s?installer de manière permanente jusqu?à ce que le pays puisse produire un nombre suffisant de personnes très qualifiées » explique Philipe Hein dans son rapport rédigé pour le compte du Bureau International du Travail. Car après tout, il est question de 86 000 emplois créés jusqu?en 2010 !
Où caser ces nouveaux migrants ? Que faut-il leur proposer pour que Maurice leur paraisse attrayante ? Le rapport du NPCC apporte des pistes de réflexion. Maurice doit muer, pour se transformer en International City State. Les modèles sont connus : Singapour, Hong Kong ou Dubayy. Des villes où se concentrent une activité économique débordante générée par la présence d?une main-d??uvre qualifiée, des lois fiscales incitatives et un cadre de vie agréable, dotée de moyens de transports fiables et d?un système de communication dernier cri. Plus important encore : une ouverture totale vers l?extérieur.
On imagine vite le chemin à parcourir avant que cette vision ne se concrétise. La seule mise en place de l?environnement physique nécessitera d?enormes investissements à court terme, pour améliorer les transports en commun et créer des écoles et universités de facture internationale.
Cette île Maurice du futur, centre de l?océan Indien, risque toutefois de rester une chimère. Pour deux raisons, le défaut de volonté politique et une société ayant le repli pour reflexe. Le rapport du NPCC estime que ce sont les deux éléments qui risquent d?être les plus gros freins au nouveau stade de développement de Maurice. A moins d?un changement salutaire?
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