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Mauresmo, enfin le sacre

14 novembre 2005, 20:00

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Amélie Mauresmo est devenue, dimanche, la première Française à remporter le Masters de tennis féminin, qui voit s’affronter, chaque fin d’année, les huit meilleures joueuses mondiales.

Elle a battu sa compatriote Mary Pierce en trois sets 5-7, 7-6, 6-4 au terme d’un match superbe et intense de plus de trois heures.

“Beaucoup de gens m’avaient dit que je pouvais gagner. Je suis très heureuse d’avoir vécu ce moment. J’espère qu’il y en aura beaucoup d’autres”, a déclaré la gagnante.

“C’est un soulagement et une grande joie. On bosse pour vivre ces moments-là. En plus, cette victoire vient à un moment où je ne m’y attendais pas après mes deux désillusions du mois d’octobre (défaites d’entrée à Moscou et à Zurich). Il fallait que je me prouve que j’étais capable d’enchaîner cinq matches contre des joueuses du top 10.”

Victorieuse de la n° 2 mondiale Kim Clijsters, de la n° 7 Elena Dementieva en matches de poule, puis de la n° 3 et tenante du titre Maria Sharapova en demi-finales, Amélie Mauresmo n’avait perdu qu’un match. Lors du dernier match de poule sans autre enjeu que la première place du groupe noir, elle s’était inclinée 2-6, 6-4, 6-2 contre Mary Pierce.

<B>“Le plus grand match de tennis féminin”</B>

La revanche a, donc, eu lieu en finale. A égalité, 4-4, dans leur tête-à-tête (2-2 en 2005), gagnantes chacune de dix-huit titres sur le circuit féminin, les deux compatriotes se retrouvaient dans un match au sommet.

Un duel fratricide qui a été bien loin des matches franco-français souvent crispés et sans saveur. “C’est le plus grand match de tennis féminin que j’ai vu”, a affirmé ensuite Loïc Courteau, l’entraîneur de Mauresmo.

Après avoir reçu la coupe des mains de Billie Jean King, la lauréate du Masters 2005 a rendu un hommage appuyé à son adversaire, qui a signé, cette saison, une re-montée fulgurante pour finir cinquième mondiale.

Elle s’était inclinée il y a deux ans en finale du tournoi 6-2, 6-0 face à la Belge Kim Clijsters.

Mary Pierce était la seule Française à l’avoir précédée à cette place, en 1997, mais avait elle aussi manqué la dernière marche, cédant en trois manches devant la Tchèque Jana Novotna.

Considérée comme l’une des joueuses les plus talentueuses du circuit à ne pas avoir encore remporté un seul titre du Grand Chelem, Mauresmo, tête de série numéro quatre, âgée de 26 ans, a prouvé qu’elle avait les nerfs d’une championne en remontant un handicap d’une manche face à une Pierce au meilleur de sa forme.

“En plus de ce titre, la manière dont s’est déroulé le match, la façon dont j’ai géré les choses, le niveau extraordinaire de cette partie, tout ça me rend très fière”, a savouré la gagnante. “On a produit un des meilleurs matches de tennis féminin de la saison. Je pensais qu’elle allait accuser le coup physiquement, mais non. Elle a su revenir au troisième set. On était très proches l’une de l’autre.”

Dans la première manche, après un break chacune, Pierce a pris l’avantage à 6-5 puis a remporté le set sur deux fautes de coup droit de sa complice de la Fed Cup.

Mauresmo a répliqué dans la deuxième manche en menant 3-1 avant de se laisser remonter 4-3. Mais elle a repris la main lors du jeu décisif, où elle s’est imposée sept points à trois sur un splendide revers gagnant de fond de court.

Dans le set décisif, Mauresmo est apparue plus dominante face à Pierce plus fatiguée, qui a cédé sa mise en jeu dans le neuvième jeu.

Service en mains, la partie semblait pliée mais le suspense a encore duré quelques minutes quand Mauresmo s’est laissée mener 0-40. C’est alors que Pierce s’est complètement effondrée, commettant six fautes directes pour laisser filer le match.

“La clé du match a été la couverture du terrain”, a déclaré Mauresmo, qui a commis seulement 25 fautes directes contre 44 pour Pierce.

“Je ne voulais pas d’échanges courts. Je voulais la faire travailler et cela depuis le début. Cela a payé dans le troisième set.”

Mauresmo estime qu’elle a franchi dimanche à Los Angeles un “grand pas”. Ephémère numéro un mondiale l’an passé, gagnante du Masters, de la Fed Cup en 2003, il ne manque plus qu’un Grand Chelem à la protégée de Loïc Courteau.

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