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Massacre à la tronçonneuse
?Je ne comprends pas pour quelle raison on abat de grands arbres dans cette zone?, s?exclame Arnaud, de Riche-en-Eau, un jeune qui va se rendre très bientôt en Afrique du Sud pour ses études en écologie.
Arnaud a finalement trouvé la réponse la semaine dernière : la route du Sud-Est. En effet, il a appris que des officiers des officiers du ministère de l?Environnent, du ministère des Infrastructures publiques, des membres de la National Parks Conservation Service (NPCS), de la Mauritius Wildlife Fondation (MWF) et d?autres Organisations non-gouvernementales (ONG) se sont rendus sur les lieux pour identifier les éventuelles répercussions que pourrait avoir ce projet d?autoroute.
Le South Eastern Highway concerne la réhabilitation de la route côtière, de Mahébourg à Belle-Mare, et la construction d?une voie rapide de 38 kms entre Ferney et Kewal Nagar .
Le plan comprend un tunnel de 608 mètres dans la chaîne de montagnes de Grand-Port, non loin de Ferney, quatre ponts de 50 à 100 mètres de long et un passage souterrain.
La construction de cette autoroute au coût de Rs 725 millions a été confiée à Beijing Chan Chueng Construction Corporation Ltd (BCCCC). Elle aurait plusieurs avantages : réduire le trajet entre l?aéroport et Belle-Mare par 12 kms, offrir une route alternative de l?aéroport à la côte est notamment Bel-Air-Belle-Mare, améliorer les conditions de déplacement des touristes, soulager la congestion routière dans les principaux villages tels que Mahébourg, Rivière-des Créoles, Vieux-Grand-Port, Ferney, Bois-des-Amourettes, Bambous-Virieux, Grand-Sable et Quatre-S?urs.
Ce projet dont le tracé passe au milieu d?une forêt endémique qui abrite une faune et une flore exceptionnelles, n?a pas laissé insensible les milieux de conservation des forêts et des espèces d?oiseaux.
En mai dernier, dans une correspondance en date du 13 mai, Yousouf Mungroo, du NPCS et Michèle Lionnet, directrice exécutif de la National Wildlife Foundation, ont attiré l?attention sur le risque que disparaissent des arbres endémiques tels que le bois de natte, le bois d?ébène noir et le takamaka.
Des crécerelles aussi, une espèce menacée. Ces magnifiques oiseaux, on le sait, ont été sauvés grâce à un programme de préservation mené par des écologistes étrangers et mauriciens qui a été long mais couronné de succès. Pour une éva-luation de l?impact écologique de ce projet d?autoroute, le Premier ministre Paul Bérenger a convoqué les différentes parties engagées à une réunion le mercredi 25 août, pour constituer un comité de suivi : ?pour veiller à ce que les mesures les plus strictes soient prises pour limiter les dommages à l?environnement dans l?immédiat et pour s?assurer de la pérennité des décisions en matière de conservation?.
Arnaud, l?habitant de Riche-en-Eau féru d?écologie, qui a été sur place, n?était pas au bout de ses surprises : il a vu de grands arbres abattus dans un chantier. ?C?est un massacre. Les techniciens auraient du tracer d?autres voies pour cette nouvelle autoroute?, suggère-t-il. Il soutient les écologistes qui se battent pour sauvegarder le patrimoine endémique dans cette zone.
Quant à Zhao Mai, Contract Manager de la BCCCC, il a donné l?assurance, lors d?un comité présidé par le Premier ministre Paul Bérenger mercredi dernier, avec les différentes parties concernées ?que la compagnie fera tout pour offrir un travail de qualité et terminer les travaux dans les délais prescrits et que toutes les mesures seront prises pour la préservation de l?environnement?.
Une réunion de travail réunissant les parties concernées qui avait eu lieu le 30 juin, avait débouché sur un certain nombre de recommandations visant ?à mettre en place des mesures atténuant l?impact écologique telles que le principe de remplacer chaque arbre abattu par quatre, de combattre l?invasion des lieux par des espèces exogènes ou de déplacer la population de crécerelles dans un lieu plus sûr et plus abrité?.
Le groupe BCCCC, une compagnie d?Etat de la République de Chine emploie 30 000 personnes dans ce pays. Les équipements flambants neufs : bulldozers, chargeurs de camions au côut de Rs 75 millions, sont attendus pour l?avancement des travaux.
Le financement de cette nouvelle route est assurée, en majeure partie, par la Banque Africaine de Development (BAD).
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