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Maryse Hardy, ode à la lumière

21 novembre 2005, 00:00

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Imaginez les petites foires à Port-Louis, le samedi. Elles ont poussé comme des champignons du côté de La Butte et de la rue Desforges. Des bouts de tissus tendus au-dessus d?une rue. L?espace envahi par des marchands ambulants. Une faune grouillante dans la canicule de la capitale.

Rien de ces activités humaines n?échappe à Maryse Hardy. Elle en a ramené une série d?huiles qui seront exposées, sous le thème Canteluz, du 29 novembre au 2 décembre aux écuries du Domaine des Aubineaux, Forest-Side.

?J?ai envie de prêter mes yeux aux autres.? C?est au quotidien que Maryse Hardy va débusquer le beau. Elle l?exposera pour la première fois en solo, ?parce qu?il n?y a plus de place chez moi?. Le désir du partage, la peintre le cultive au sein d?une famille artistique. Celle du défunt Serge Constantin. Là, ses ?frères? ont pour nom Jocelyn Thomasse et Roger Charoux.

D?eux, elle dit : ?Chacun motive l?autre.? Avant de s?émanciper. ?Même si un sujet a été exploité mille fois?, Maryse n?a pas peur d?y toucher. Curieuse de tout, elle raconte : ?Quand je vois une porte entrouverte, je frappe pour demander si je peux entrer et peindre.?

Sa spontanéité lui rapporte des trésors méconnus, dont cette maison coloniale transformée en pagode. Avide de lumineuses sensations, Maryse Hardy jongle avec les règles de l?art. Décide qu?il ne ? faut pas rester avec le dessin parfait?. Car c?est l?impressionnisme qui l?attire irrémédiablement. D?où sa tendance à utiliser le flou, à laisser parler le côté instinctif de sa peinture, celui ?qui vient tout seul?.

Des rencontres belles mais fugitives

À son contact, nous sentons que Maryse Hardy suit ses intuitions jusqu?au bout. Ne s?épargne aucune peine. Peut rester debout une demi-journée au marché de Mahébourg, pour capter les vibrations des lieux.

Son chevalet est le témoin de rencontres belles parce que fugitives. Maryse Hardy peint sur place. C?est comme cela qu?elle atteint son quota d?éclats de rire et de souvenirs. Comme celui du chauffeur de taxi qui, pour une fois emmène ses enfants en balade. Ou celui du marchand de briani qui l?aide à trouver un couteau? pour peindre.

?L?art dégage ce petit quelque chose qui réunit les gens. Dès que je m?installe quelque part, il y a forcément quelqu?un avec qui parler, échanger.? Au point où pendant une partie de carte improvisée au bord d?une rue, les joueurs lui ont demandé si elle avait fini de les croquer, avant de changer de place.

S?il arrive que Maryse s?intéresse aux fleurs, ou à des corps de femme nue, elle n?hésite pas à dire : ?Je préfère que l?on me connaisse pour les ruelles. C?est l?Histoire que j?essaye de capter sur la toile.? Là, elle peut vraiment allumer ses projecteurs. Repeindre un toit terne et un tronc d?arbre en mauve gai, éclaircir les nuances du ciel et s?appliquer à retenir la lumière sur la peau.

Mais où a-t-elle appris à faire tout cela ? Après le collège, place aux cours particuliers. Avant de passer de l?autre côté, pour enseigner le dessin pendant cinq ans au collège de Lorette de Curepipe. Prélude à une carrière dans un secteur qui n?a rien à voir : le service traiteur. Il y a cinq ans, Maryse reprend ses pinceaux. Les enfants sont grands, elle a enfin le temps de baigner dans la lumière.

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