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Martine Armandine maîtresse du Feu
Martine Armandine sera, le 24 août, la toute première femme à tirer un feu d?artifice lors du Festival pyrotechnique de Cannes, où Maurice est l?invitée d?honneur. Une grande première pour le pays.
Quand, le 24 août, mille palmiers lumineux éclaireront des couleurs de Maurice la nuit au-dessus de la baie de Cannes, Martine Armandine voudrait « entendre le silence ». Elle sera alors la première femme à tirer un feu d?artifice lors du Festival pyrotechnique de Cannes, créé en 1967.
« C?est non seulement un honneur pour Maurice, mais aussi un hommage à la femme. Car le monde des feux d?artifice est un monde essentiellement masculin.»
Pour cette jeune fille élancée, « entendre le silence » sera la consécration de son art : « Quand les gens restent bouche bée d?émerveillement devant la magie du spectacle, on sait qu?on a réussi. »
Cela n?a pas été une mince affaire pour en arriver là. Les préparatifs pour la réalisation des 25 minutes du spectacle, L?alchimie des éléments de l?île Maurice, que Mille Feux Ltée présentera en lice à Cannes, auront duré deux ans.
Ce spectacle son et lumière, raconte la genèse de l?île, des éruptions volcaniques à la fusion des peuples qui l?habitent. « Tout doit être réglé comme du papier à musique. On n?a pas droit à l?erreur », explique l?artificier.
Produits dangereux
Si l?erreur est proscrite dans le monde de la pyrotechnie, c?est parce qu?on y manipule des produits dangereux. « Une seconde d?inattention, un manque de professionnalisme, peut provoquer un désastre. » La formation de technicien artificier consiste surtout à leur faire prendre conscience des risques du métier, dit-elle. « Au prochain festival de Cannes, il y aura suffisamment d?explosifs pour faire sauter la ville plusieurs fois. »
Mais que fait une femme dans un tel milieu ? « C?est plus qu?un métier, c?est une passion ! » s?exclame-t-elle. Cet amour du feu, Martine l?a contracté en 1999, lors d?une pyro-mélodie organisée pour la réouverture de l?hôtel St Géran. « J?en avais la chair de poule. »
A l?époque, Martine était secrétaire chez Impact Production, une entreprise de Coromandel. Quand la firme s?est lancée dans la réalisation de spectacles pyrotechniques, à travers sa filiale Mille Feux Ltée, elle a sauté sur l?occasion. Avec une petite équipe de jeunes mordus, elle a d?abord reçu une formation sur le tas, grâce à des artificiers étrangers de passage, notamment Bruneau Giorginie, le régisseur du Festival pyrotechnique de Cannes.
Très vite, Martine est montée en grade. Elle s?est fait un nom dans ce corps de métier très élitiste. « J?attends avec impatience mon diplôme d?artificier K4, ce qui représente le summum en la matière. »
Aujourd?hui, Martine est la directrice de Mille Feux Ltée. Elle mène à la baguette son équipe, composée d?une autre femme, Annick Philippe, et de deux hommes, Vega et Sylvio Azi.
« Il n?y a pas de sécurité sans discipline », affirme-t-elle.
Travail minutieux
C?est elle qui supervise personnellement tous les petits détails avant le spectacle. Et elle achète personnellement les produits dont elle a besoin en Europe, en Inde ou en Chine. Son dernier tir remonte au 14 juillet dernier. C?était à Lille, dans le Nord de la France, pour un concert du chanteur Michel Delpech. « Le métier fait beaucoup voyager. Les produits utilisés doivent répondre à des critères très spécifiques. Par exemple, l?on sait exactement quels sont les effets de chacun d?eux, en termes de couleurs, de durée ou d?intensité ! » En outre, aucune répétition du spectacle n?est possible. Tout comme l?on n?est touché qu?une seule fois par le feu sacré? du talent !
Patrick YVON
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