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Marseille repousse la crise
La démission était prête, mais la triste victoire contre Strasbourg samedi lors de la 14e journée de L1 de football (2-0) a décidé du maintien en place de l'entraîneur marseillais José Anigo jusqu'à nouvel ordre, sur fond de divorce avec le stade Vélodrome.
A la mi-temps, les actions d'Anigo étaient pourtant au plus bas. Conspuée par le public, qui avait partiellement respecté les consignes de boycottage des groupes de supporteurs à la suite de l’“humiliation” subie à domicile contre les réservistes du Paris en coupe de la Ligue (2-3) mercredi, l'OM frisait en effet la débâcle.
Sans le talent de Barthez, et un bon brin de chance, les Marseillais auraient regagné les vestiaires avec deux ou trois buts de retard face au relégable alsacien, qui avait mis la main sur le match sans aucun complexe. “On a donné le bâton pour se faire battre”, a logiquement résumé l'entraîneur strasbourgeois Jacky Duguépéroux.
On imagine en tout cas la furie du public si ce scénario avait prévalu après la pause. Prompts à conspuer la moindre maladresse de jeu (il y en eût beaucoup), les 35.000 spectateurs de l'arène du Vélodrome auraient sans doute réclamé des têtes, plus fort encore que lors de la défaite contre Paris, où le président Bouchet fut pris pour cible. Il le fut cette fois encore, dans des termes parfois orduriers, mais dans une moindre mesure.
Un niveau de jeu moins médiocre a permis d'éviter pareille fin de match. Sur la base d'une volonté plus marquée, l'OM a donc assuré l'essentiel, grignotant même une place au classement (5e) dans l'attente du match Lille-Monaco dimanche. Les dirigeants marseillais se contentent donc de cette nouvelle positive du jour, “car il ne faut pas spéculer sur l'avenir”, dira le manageur général Pape Diouf, seul à se présenter à la presse après le match.
Réhabilitation
Diouf est d'ailleurs l'homme-clé du moment. Il sait qu'il lui reviendra, le cas échéant, de signifier à Anigo la fin de son mandat. Jeudi, il avait indiqué qu'il saurait “le lui dire, entre quatre yeux, sans malaise”. Après la victoire samedi, il a assuré que cette question n'était plus “à l'ordre du jour”.
Le mandat Anigo est donc prolongé. En place depuis janvier dernier, celui qui avait démissionné mercredi avant de revenir sur sa décision après intervention de certains joueurs et des dirigeants, avait posé un ultimatum à ses joueurs dans les colonnes de La Provence samedi, leur demandant de “mettre les états d'âme de côté”.
“Si vraiment ils ont envie d'être autour de moi, comme ils le prétendent, et je le crois, alors je vais leur dire “Aidez moi à gagner des matches””, avait-il lancé. Si tel n'est pas le cas, je prendrai mes responsabilités et le club sera obligé de faire avec”. Reste à savoir s'il aura vu dans la piètre prestation de son équipe des raisons de croire à une vraie réhabilitation.
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