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Marie-Michèle Étiennette, la fée de la chaussure
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Marie-Michèle Étiennette, la fée de la chaussure
Ne vous y trompez pas. Derrière ce petit bout de femme à l?aspect fragile, se cache une mère qui arrive à jongler entre sa vie familiale et son métier. De plus, Marie-Michèle Etiennette n?exerce pas un métier des plus commodes. Elle est cordonnière. Mais elle ne se contente pas de réparer les chaussures, Marie-Michèle les fabrique aussi ! « Les gens sont très surpris quand je leur parle de mon boulot. Ils ont tous l?air de dire : ''Une femme qui fait des chaussures, il ne manquait plus que ça''. Ils pensent que c?est un travail d?homme. »
Mais pour cette fée de la chaussure, la cordonnerie est loin d?être un métier d?homme. « Je connais beaucoup de femmes qui commencent à s?y intéresser. Malheureusement, celles qui pratiquent cet art ne sont pas assez mises au premier plan. La cordonnerie disparaît. Pourtant, s?il est pratiqué par une femme, le métier a encore plus de valeur », affirme Marie-Michèle.
Outre d?être son gagne-pain, les chaussures sont aussi sa passion. Effectivement, c?est avec un enthousiasme démesuré que Marie-Michèle nous en parle. « Voilà déjà 15 ans que je fais ce métier », nous dit-elle. Et en 15 ans, elle s?est vraiment perfectionnée.
Au fait, elle n?a pas choisi la cordonnerie. C?est plutôt la cordonnerie qui l?a choisie. C?est en donnant un coup de main à son beau-frère que tout a commencé. À l?époque, celui-ci était un cordonnier de renom, qui prenait en charge la fabrication et la réparation de chaussures pour hommes. « Cela a été difficile au début, mais à force de persévérer, j?y suis arrivée. »
En effet, Marie-Michèle a commencé par préparer des tiges, c?est-à-dire des formes sur lesquelles les chaussures allaient être montées. « Ce n?est qu?après mon mariage que j?ai confectionné des chaussures pour dames. Comme mon mari est également cordonnier, il a été assez facile de continuer mon apprentissage. »
Selon Marie-Michèle, les chaussures pour femmes sont beaucoup plus simples et plus agréables à réaliser. Leur structure est beaucoup plus malléable et elles existent en plusieurs modèles et plusieurs styles. En outre, la cordonnière propose à sa clientèle une grande variété, comme des sandales, des mules, des chaussures en peau ou même en tissu.
Une bonne dose de patience
Mais, confie-t-elle, « le problème avec le tissu, c?est qu?il est très délicat à travailler et cela demande donc plus de temps. La décoration des chaussures aussi est parfois difficile à trouver, et elle est assez coûteuse ». C?est pour cela, que Marie-Michèle donne la possibilité à ses clients d?apporter leurs fournitures telles que dentelles, pierres, colliers ou fleurs pour la finition.
Pour ce qui est de ses modèles, Marie-Michèle les puise sur Internet, dans des catalogues ou des brochures. Mais en général, ce sont les clients qui les apportent. « C?est, en quelque sorte, ce qui m?a permis d?élargir ma clientèle. Ces temps-ci, je reçois beaucoup de commandes pour des mariages, notamment des chaussures pour les demoiselles d?honneur et celles des futures mariées. »
Bien que la cordonnerie requière du temps et une bonne dose de patience, c?est toujours pour Marie-Michèle un plaisir de voir la satisfaction du client.
« Il n?y a rien de plus gratifiant que de voir un modèle sur papier être réalisé. » Mais, continue-t-elle, « bien souvent, les gens me demandent comment j?arrive à jongler entre mes commandes, ma maison et mes enfants. Je leur réponds toujours qu?un planning bien établi est la clef de la réussite. »
« Transmettre cette passion à mes enfants »
En plus, Marie-Michèle a la chance de travailler à domicile. Ce qui lui permet d?être à l?abri de tout stress.
« Étant donné que je travaille chez moi, je le fais à mon propre rythme. »
Cependant, pour le moment, la cordonnière ne possède pas d?atelier et elle travaille à même la table de cuisine. Mais Marie-Michèle dispose quand même de tout le nécessaire de la cordonnière, notamment, la machine à coudre à pédale, le bench grinder et les matières premières, incluant une grande variété de peaux, semelles, talons, décorations, tissus et dentelles.
Hormis la cordonnerie, Marie-Michèle entreprend aussi des travaux de broderie, fabrique des coussins et fait de la peinture sur toile qu?elle vend. Et comment occupe-t-elle son temps libre ? Marie-Michèle adore s?occuper de ses fleurs. « Quand je n?ai pas de commandes, j?en profite pour dorloter mes plantes, mais aussi pour assister aux réunions d?un groupe féminin dont je suis membre. »
Et qu?en est-il de ses projets ? Marie-Michèle avoue, qu?elle aimerait ouvrir un véritable atelier où elle pourrait non seulement s?adonner à sa passion, mais aussi exposer ses autres travaux. Mais ce qu?elle aimerait le plus : « C?est qu?au moins un de mes enfants prenne la relève, car ce métier rare et passionnant se transmet de génération en génération. Je ne demande qu?à le leur communiquer?»
Géraldine FRANÇOIS
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