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Marianne : ?Zame mo pou retourn Tipo?

8 juillet 2005, 20:00

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«Si pa ti ena zafer lakour mo pa ti pou kone si mo tizanfan finn adopte.» Lors de sa déposition en Cour suprême hier, dans le cadre de la motion réclamant l?annulation de l?adoption obtenue par les Aurdally, la grand-mère maternelle de Tipo, Bibi Fazila Thoophany, n?aurait pu être plus claire. Sa fille, dit-elle, voulait que Marianne Alfred s?occupe de Tipo. Et celle-ci n?en démord pas : pas question qu?on lui enlève le garçonnet. «Zame mo pou retourn li. Li kontan moi, mo kontan li. Se mo zanfan sa.»

Premier témoin à déposer hier, Bibi Fazila Thoophany dit ne pas connaître Mahmad et Ameenah Bibi Aurdally et ne pas être au courant du fait qu?ils ont subvenu aux besoins de Tipo et l?ont envoyé à l?école maternelle et primaire. Répondant aux questions de Me Raouf Jaddoo, avocat des Aurdally, elle déclare qu?avant sa mort, sa fille Saira Bibi a confié la garde de Tipo, alors âgé de trois mois, à Marianne. «C?est pour cette raison que je réclame que cette adoption soit renversée.»

Aux questions de son avocat, Me Jacques Panglose, Bibi Fazila Thoophany répond par la même affirmation. «Mo konn zis Marianne. Li finn soign Tipo depi laz troi moi.»

«Les Aurdally ont refusé mon argent»

Interrogée à son tour, Marianne Alfred soutient avoir contribué aux frais de scolarité de Tipo à la maternelle. «Bann Aurdally ek moi nou ti kouma fami. Zot ale vini kot moi? Le couple Aurdally a refusé de prendre mon argent.» Les Aurdally, convient-elle toutefois, «ti pe get Tipo bien. Zot ti donn zot lamour». Mais, précise-t-elle, «zame zot pou get li kouma moi». Ainsi, soutient-elle, Tipo lui a, un jour, confié qu?il veut devenir vétérinaire. «Je ferai tout mon possible pour l?aider à réaliser son rêve.»

S?expliquant sur l?intention qu?elle aurait eue de laisser Tipo dans un couvent, Marianne a catégoriquement nié. «C?est un complot ourdi contre moi. Si mo ti bizin donn Tipo mo ti pou donn li depi lontan me pa asterla.»

Autre son de cloche chez les «parents adoptifs» de Tipo. Marianne Alfred, affirme Mahmad Aurdally, n?a aucun droit sur Tipo. Et sa femme et lui-même ont à c?ur le bonheur et le bien-être de l?enfant. L?adoption, poursuit-il, a été faite dans son intérêt. «C?est pour cette raison que je n?ai mentionné ni le nom de Marianne ni celui des grands-parents de Tipo devant le juge en référé lors de la procédure pour l?adoption de l?enfant.»

Répondant à la remarque de Me Panglose, ayant trait au fait qu?il a, en ce faisant, commis une fraude, Mahmad Aurdally dit ne pas être de cet avis. Il a, soutient-il, suivi toutes les procédures dans la légalité. Il admet n?avoir pas connu la mère de Tipo. Et, précise-t-il, c?est Marianne qui lui a appris le décès de cette dernière.

S?adressant au juge, Me Panglose devait arguer que le couple a agi dans l?illégalité. Il a, dit-il, commis une fraude en n?informant pas Marianne Alfred et les grands-parents de Tipo de l?adoption de ce dernier. Me Jaddoo indique, lui, que ses clients ont suivi à la lettre toutes les procédures menant à une adoption et qu?ils ont déposé en bonne et due forme une demande devant le juge en référé, qui a pour prérogative de donner son consentement à une adoption.

Le juge fera connaître sa décision une fois qu?il aura eu connaissance des conclusions du rapport du ministère public.

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