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Mariage :Pour le meilleur et pour le pire

25 mars 2006, 20:00

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Robe blanche ou sari soyeux, cérémonie pieuse ou fastueuse, le mariage fait rêver ! Avec ses allures de conte de fée, il vient combler toutes les espérances auxquelles bon nombre d’entre nous aspirons – s’embarquer pour une longue et heureuse vie auprès d’un conjoint… À travers les sociétés et les communautés du monde, le mariage est le symbole d’une institution d’importance capitale. En fait, cette coutume se perpétue comme une tradition familiale et religieuse.

« Jadis le mariage constituait un élément prépondérant dans la vie familiale. Par exemple, pour les parents qui avaient pu élever leur enfant et assurer son éducation, la dernière étape était de le marier et de lui permettre de fonder une famille à son tour. D’ailleurs, l’importance de cet engagement est bien reflétée par une croyance hindoue disant qu’au moment de la mort d’un père qui n’avait pu marier sa fille, celle-ci se sentirait toujours coupable. En fait, le mariage incarnait un devoir, c’était presque une obligation », assure le sociologue Chandra Rungasawmi. Ainsi, c’était les parents qui choisissaient les époux et arrangeaient les mariages de leurs enfants qui n’étaient encore que des adolescents.

<B>Besoin de s’engager et recherche de stabilité</B>

« Selon la philosophie hindoue, le mariage est un engagement sacré et possède une grande valeur. C’est comme une prière unissant le couple mais aussi la société et la nation. L’attachement entre les époux venait après la célébration du mariage », souligne le prêtre hindou Mohan Prasad Saklani.

Dans le christianisme, le mariage revêt aussi son importance. La Bible évoque la première union comme celle d’Adam et Ève. « Le mariage découle d’un besoin de s’engager. C’est une institution qui traduit un besoin de stabilité. On se marie pour concrétiser un engagement durable », indique le vicaire Jean-Maurice Labour. Idem pour les autres religions.

Outre cet aspect, il existe d’autres raisons qui poussaient au mariage. « En premier lieu, on se mariait pour des raisons économiques, par exemple pour avoir un toit, une sécurité, la protection de l’époux. Puis, c’était aussi une question identitaire, pour changer de statut de demoiselle à celui de femme mariée. Et finalement, le mariage venait aussi normaliser la sexualité, qui n’était pas autorisée avant cet engagement », explique le sociologue.

Qu’en est-il de nos jours ? Se marie-t-on pour les mêmes raisons ? Est-ce que l’on se passe toujours autant la corde au cou ? « L’aspect tradition est toujours présent. Les gens se marient toujours autant, car c’est important pour les parents et par politesse, on veut marquer cela par une jolie réception », affirme Géraldine Desjardins, de Publipromo, qui organise le Salon du mariage qui a lieu actuellement à Grand-Baie (voir encadré). Elle indique que quatre périodes favorables aux mariages ont été définies à Maurice, soit en avril/mai, en août/septembre, en octobre, et aux mois de novembre et décembre. Pourquoi ? « Ces mois tombent pendant la période des vacances pour les proches se trouvant à l’étranger qui peuvent donc venir y assister et aussi pour des raisons climatiques », dit-elle. D’ailleurs, l’île Maurice est aujourd’hui réputée pour être une destination touristique idéale pour le mariage.

<B>Aujourd’hui la donne a changé</B>

Mais aujourd’hui, la donne a changé et le mariage a beaucoup évolué. Bien que les parents exercent encore cette pression pour que leur enfant se marie, ils ne dictent plus le choix du partenaire. Dorénavant, c’est l’homme ou la femme qui décide de la personne qu’il (elle) épousera, et ce, qu’elle appartienne à la même communauté ou pas ! La société, elle-même, a changé son regard vis-à-vis du mariage. Ainsi, on tolère davantage les mariages mixtes, les seuls mariages civils, ainsi que les unions tardives. Avec l’émancipation de la Mauricienne, on préfère retarder le mariage. Pourquoi ? Pour vivre d’abord sa vie, favoriser ses études ou sa carrière professionnelle, prendre le temps de trouver l’homme ou la femme que l’on aimera vraiment, avoir une activité sexuelle avant de s’engager.

Mais cette tolérance n’est pas toujours positive. Pour Jean-Maurice Labour, cela peut fragiliser le mariage : « Auparavant, la famille agissait comme une tribu et avait le couple sous son aile. Désormais, celui-ci est largué et parfois il a du mal à faire face aux difficultés qui surviennent. Il y a aussi beaucoup d’immaturité des conjoints dont les sentiments sont exacerbés et surexposés à la sexualité qui se révèle être un besoin. On croit que le couple va satisfaire ce besoin sexuel, mais il n’y a pas que cela qui soit en jeu ».

Ses propos sont repris par Mohan Prasad Saklani : « On va vers une dégradation des valeurs entourant le mariage. C’est juste un papier, un contrat ; on ne considère plus les responsabilités que cela entraîne. Certains ne se marient pas par amour mais par intérêt. On ne respecte plus le conjoint, la fidélité. Et dès le moindre problème, on signe un autre papier – le divorce ». Un relevé des statistiques indique que 1 400 divorces sont logés en cour chaque année.

Comment faire face à cette fragilisation ? Quel est le secret pour préser-ver son mariage ? Pour le sociologue, « il convient de retrouver ses valeurs, de faire don de soi au lieu de penser à tirer profit de l’autre ou d’être aveuglé par le plaisir physique ».

Bien qu’en général, l’amour soit à la base du mariage, il y a aussi la compatibilité à prendre en compte. Il faut s’adapter à la personnalité de l’autre. Pour faciliter cette adaptation, certains choisissent le concubinage d’abord, avant d’officialiser ensuite.

Mais pour la bonne entente au sein du couple, rien de mieux que le dialogue, la communication mais aussi des concessions ! Ainsi vous en tirerez le meilleur au lieu du pire !

<B>Le mariage fait son salon</B>

Et c’est reparti ! Depuis vendredi, la deuxième édition du Salon du mariage et du bébé a ouvert ses portes. Vous avez jusqu’à ce soir pour découvrir une panoplie de robesde mariée, de saris, de costumes, de chaussures, de services traiteur, de fleuristes, d’esthétique, de matériel de photographie et de sonorisation, bref tout ce qui est indispensable pour une belle fête. « Une vingtaine de stands ont été aménagés ainsi qu’un foodcourt spécialement décoré par des marquises », déclare Géraldine Desjardins, de Publipromo, qui organise le salon. Elle ajoute que des stands de produits pour bébés sont aussi prévus. Ouvert de 11 heures à 23 heures. Le billet d’entrée est à Rs 20.

<B>Chifftre 11 294</B>

Tel est le nombre de mariages célébrés à Maurice et à Rodrigues en 2005. Ces chiffres émanent des Population and Vital Statistics du Bureau central des statistiques. En 2004, ce chiffre était de 11 385, soit une chute de 0,8 %. Et selon une étude plus étoffée – le Digest of Demography – le nombre de mariages célébrés durant les années précédentes avoisinait les 10 500. En fonction des classifications régionales, on note que les Plaines-Wilhems enregistrent le plus fort taux avec 2 400 à 2 700 unions chaque année, suivi de Flacq avec 1 400 à 1 700, Pamplemousses avec 1 200 à 1 600, Rivière-du-Rempart avec 1 000 à 1 200 et Grand-Port avec un nombre de 800 à 1 100. Autre fait relevé par les statistiques : l’âge des époux. La majorité d’entre eux (3 782) se marient entre 25 à 29 ans. Sur ce chiffre, on dénombre 3 658 célibataires, 57 divorcés et un veuf.

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