Publicité

Marcel Lapierre le « fakebuster »

27 mars 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Marcel Lapierre est bien connu dans le milieu du textile comme un fakebuster, un chasseur de produits contrefaits. Il était en première ligne, il y a un mois quand Polo Ralph Lauren a décidé de traquer les contrefaçons mauriciennes. Cependant, ce qu?on ignore, c?est que ce même Marcel Lapierre gagnait autrefois sa vie en Afrique du Sud en important et distribuant? des produits contrefaits.

« Je connais le monde de la contrefaçon par c?ur et de l?intérieur pour avoir été moi-même un importateur et vendeur de produits contrefaits en Afrique du Sud. » Mais à Maurice, Marcel Lapierre dit avoir grandi et se trouve désormais de l?autre côté de la barrière.

Chez les Lapierre, c?est une affaire de famille. La compagnie au sein de laquelle Marcel est Head of Intelligence & Operations, Fakebusters Co Ltd, appartient à son épouse Kim. « Nous sommes une agence de protection des marques déposées. Je ne peux pas expliquer comment j?ai développé l?art de détecter les produits contrefaits. Ce n?est pas une technique que l?on apprend dans les livres. » Cet atout ne suffit cependant pas pour mener à bien une opération. Le client apporte sa contribution en fournissant des renseignements sur les produits qu?il veut protéger.

Sans vouloir être pessimiste, Marcel Lapierre pense qu?il existe peu de produits originaux à Maurice. « Pour acheter des produits qui portent le vrai label d?une marque, il faut s?adresser aux magasins spécialisés. Dans leur grande majorité, les produits portant le label des grandes marques à Maurice sont contrefaits. »

Mais Marcel Lapierre ne pense pas que la contrefaçon est incontournable pour le client. « Le consommateur peut acheter des produits authentiques. Il n?a qu?à demander au vendeur de lui présenter un document certifiant que celui-ci a été mandaté par le propriétaire de la marque concernée. »

Pour Marcel Lapierre, les grandes marques ne sont pas exemptes de tout reproche. « Peu de propriétaires éprouvent le besoin de voter un budget pour protéger leurs droits ici, car Maurice était un petit marché pour eux. Souvent, ce n?est que lorsque la commercialisation des produits contrefaits a pris de l?ampleur que certains propriétaires décident de réagir. »

Pour stimuler l?innovation, il estime qu?une aide ciblée devrait être accordée aux créateurs locaux. « Combien de créateurs mauriciens peuvent se permettre, financièrement, d?enregistrer leurs marques ailleurs ? On devrait les aider non seulement à innover mais aussi à se faire connaître et à protéger leur propriété intellectuelle », juge-t-il.

Publicité