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Marathon Man !
Sargis Sargsian, la coqueluche de toute la communauté arménienne, est devenu la sensation de l’US Open de tennis, après ses deux matches marathon de 5 heures qui lui ont valu d’être appelé “l’homme de fer”.
Quasiment inconnu du public, ce solide joueur de 31 ans est sorti de l’anonymat que lui conférait son 54e rang mondial en fin de semaine dernière en tenant tête au Chilien Nicolas Massu, le double médaillé d’or aux Jeux olympiques d’Athènes.
Les deux hommes se sont livré une lutte de 5 heures et 9 minutes au 2e tour du tournoi, inscrivant leur combat dans les registres du tournoi comme le deuxième plus long de l’histoire de Flushing Meadow.
Face au Chilien, personne ne donnait cher de sa peau, sauf peut-être la petite horde de ses bruyants supporters dans les gradins qui ont redoublé leur tintamarre quand le pugnace Arménien sauva une balle de match.
“Maintenant, je vais prier pour qu’il pleuve”, avait déclaré Sargsian, après ce match épuisant. Mais samedi, un soleil radieux baignait sur Flushing Meadow, pour sa rencontre au troisième tour face au Français Paul-Henri Mathieu.
Encore une fois, personne n’aurait parié sur lui, d’autant plus que l’Arménien était mené deux sets à rien, 4-4 dans la troisième manche. Mais c’était sous-estimer sa pugnacité.
Sargsian entreprit sa remontée et se paya le luxe de sauver deux balles de matches avant de s’imposer dans le jeu décisif du cinquième set, après avoir passé 4 heures et 44 minutes sur le court.
Agassi, le grand frère
“Jamais je n’aurais pensé pouvoir rejouer aussi longtemps après ma rencontre face à Massu”, a confié Sargsian, radieux. “C’est surtout au niveau mental que je ressens la fatigue.”
Doté d’une musculature impressionnante, Sargis Sargsian est né à Erevan, la capitale de l’Arménie, le 3 juin 1973. Il immigra aux Etats-Unis en 1993 à l’âge de vingt ans, puis s’installa chez les Mansourian, une famille arménienne vivant dans l’Etat du Connecticut, à quelques heures des courts de l’US Open.
“C’est pourquoi j’adore jouer ici”, explique l’Arménien, qui vit désormais à Boca Raton en Floride. “Tous mes amis sont là pour m’encourager. Mon grand-père de 102 ans est peut-être le plus grand supporter de tous.”
Au tour suivant, ils étaient encore là hier avec leurs drapeaux orange, bleu et rouge, aux couleurs de cette petite République du Caucase, qui a acquis son indépendance de l’ex-Union Soviétique en 1991.
Dans le match qui devait se jouer hier, Sargis Sargsian est fier d’avoir rencontré en huitième de finale un autre héros pour les Arméniens, l’Américain Andre Agassi, dont le père est d’origine arménienne.
“C’était mon rêve de le rencontrer en Grand Chelem”, avoue Sargsian, qui n’a jamais battu l’Américain en six précédentes confrontations. “Agassi est comme un grand frère pour moi. Nous sommes de très bons amis. Il m’a toujours beaucoup aidé”, raconte l’Arménien. “J’espère qu’il ne va pas être trop dur avec moi sur le terrain.”
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