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Manupan : un repreneur se manifeste in extremis
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Manupan : un repreneur se manifeste in extremis
Une petite lueur d?espoir brille encore à l?horizon. Alors que le receiver-manager de l?usine de textile Manupan, Raj Gangoosirdar, avait annoncé à la mi-journée hier que le sort était jeté, les autorités ont tout mis en branle pour une ultime chance de survie. Des négociations ont été ouvertes avec de nouveaux repreneurs, un consortium d?hommes d?affaires mauriciens et français.
Le sort des 297 employés est donc toujours dans la balance. «Je suis confiant. Il y a encore des possibilités», confiait le ministre du Travail, Vasant Bunwaree, à l?express durant la soirée. Et de souhaiter que «les ouvriers nous laissent encore un peu de temps, qu?ils jouent le jeu avec nous».
Car si les propriétaires de Café Coton, les éventuels repreneurs, s?étaient retirés de la course, tel n?est a priori pas le cas pour leurs partenaires dans cette affaire. «Il y a d?autres acquéreurs éventuels. Café Coton était avec d?autres investisseurs qui veulent continuer les négociations», déclare Vasant Bunwaree.
Certains d?entre eux ont d?ailleurs rencontré les autorités hier après-midi et souhaiteraient reprendre les opérations tout en conservant les acquis des employés. L?usine dispose de commandes jusqu?au mois de mai.
Dans un effort de faciliter les démarches des éventuels repreneurs, plusieurs ministères (Finances, Industrie et Travail) ainsi que des organismes parapublics (Banque de développement, Enterprise Mauritius, entre autres) se sont concertés hier. Cela en vue de mettre sur pied toute une panoplie de mesures avec l?objectif d?offrir un soutien à ces éventuels repreneurs.
<B>«Kouma mo pou viv ?»</B>
«Il y a une requête pour assouplir certaines choses. Quant à la Banque de développement, elle essayera de venir à la rescousse parce qu?il y a des investisseurs qui pourraient avoir besoin d?un peu d?argent. Enterprise Mauritius pourrait également prêter main-forte», dit une source proche du dossier.
«Mo la depi louverture, 34 an. Ti ena 18 dimoun. Mo pa ti atann Manupan pou fermer enn zour, san donn preavi. Ki mo pou fer aster ? Mo tou sel. Kot mo pou aller ? Kouma mo pou viv ? », demande Chambely Gokool, la larme à l??il. A 64 ans, elle n?a plus aucun espoir de trouver un emploi ailleurs.
«Kouma mo pou fer pou manze ? Pou pei bill lelektrisite, delo, bann loan ? Ki nou pou fer ?», lance Salma, du haut de ses 20 ans de service dans l?usine.
Autant de questions, qui trouveront peut-être une réponse positive. Car le scénario catastrophe avait failli se produire hier. Les 297 ouvriers de l?usine de textile Manupan avaient appris de la bouche du receiver-manager de l?usine de Plaine-Lauzun qu?ils allaient recevoir leur lettre de licenciement aujourd?hui. «La réunion avec le ministre n?a pas débouché sur grand-chose. Je n?ai malheureusement pas d?autre choix que de licencier les employés et d?attendre qu?un autre repreneur se manifeste avant le 18 mars, jour de la fermeture de l?appel d?offres pour la reprise de la compagnie», avait indiqué hier en fin de matinée Raj Gangoosirdar à sa sortie du bureau du ministre du Travail.
L?usine en est à son deuxième appel d?offres international. Le receiver-manager avait tenu à annoncer lui-même la mauvaise nouvelle aux employés qui faisaient le pied de grue devant le ministère depuis jeudi dernier.
«Il n?y a plus aucune négociation. Il faut trouver un repreneur. Ce dernier décidera s?il souhaite reprendre les travailleurs avec leurs temps de service», a ajouté Raj Gangoosirdar.
Avant de s?entretenir avec Raj Gangoosirdar, le ministre Bunwaree avait reçu une délégation de travailleurs et leur porte-parole, le syndicaliste Atma Shanto. «Il nous a assuré qu?il allait faire de son mieux. Qu?il allait voir si le ministère des Finances allait revenir sur sa décision de ne pas exempter les frais d?enregistrement si un repreneur se manifeste», affirmait le syndicaliste à la sortie de la réunion.
Les propriétaires de la marque Café Coton avaient en effet signifié leur intention de reprendre l?entreprise avec ses effectifs avec leurs temps de service, mais souhaitaient une exemption de la Land and Transfer Tax et de Registration Fee. Ces frais qui s?élèvent à Rs 3 millions. Mais le refus du ministère des Finances aurait fait que Café Coton s?était retiré de la course. Du coup, une ultime chance s?évaporait. Fort heureusement, les développements de l?après-midi permettent de garder espoir?
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