Publicité

Manière de voir

8 décembre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Pour qu?une comédie romantique soit réussie, il faut une histoire d?amour contrarié, des personnages aussi crédibles qu?attachants, un certain nombre de situations cocasses et incongrues, quelques gags judicieusement disposés et bien sûr, un happy end hollywoodien arrivant après un suspense d?avant-dernière minute. Tous ces éléments étant incorporés dans une matière qu?on appelle l??intrigue?.

Même pour des comédies sans prétention, les Anglais ont toujours montré une nette supériorité en ce domaine ; peut-être à cause de leur tempérament pince-sans-rire, certainement parce que leurs auteurs ont su observer le genre humain avec beaucoup de finesse tout en gardant un certain équilibre dans leurs commentaires.

Outre la particularité d?être une comédie romantique française réussie, Ma vie en l?air, de Rémi Bezançon, présente aussi certaines des qualités vues dans des créations anglaises du même genre. À la fois réalisateur et scénariste, Rémi Bezançon met en scène quelques valeurs montantes du cinéma français, qui interprètent un trio de trentenaires attachants.

Ainsi, nous avons Vincent Elbaz (Yann Kerbec), qui a toujours eu une peur bleue de l?avion au point d?avoir perdu la femme de sa vie, il y a dix ans. Il n?a pas eu le courage de monter dans un avion pour aller la rejoindre. ?(?) Les amis d?enfance, il faut les larguer dès l?adolescence, autrement, on les traîne comme des boulets pour la vie entière?, dit le héros.

Quelque soit leur degré de fiabilité, les amis, les vrais jouent un rôle primordial dans toutes les comédies romantiques. Celui qu?interprète Gilles Lellouche (Ludo), chômeur par vocation et squattant l?appartement de Vincent Elbaz depuis des années, est du genre que l?on trouverait embarrassant, voire pénible dans la vraie vie, mais dont on aurait tort de se défaire.

Et, la présence de Marion Cotillard (Alice) ne se limite pas à justifier sa vocation de comédie romantique. Interprétant la nouvelle voisine dont le héros finit par tomber amoureux, c?est elle qui finit par le mettre face à lui-même et donne aux spectateurs l?envie de les voir ensemble.

Tout cela n?a rien de très original ; Ma vie en l?air est une comédie sentimentale au sens le plus classique. Mais, comme dans les comédies anglaises, les personnages ont quelque chose de très réel. Ils sont des personnages de comédie qui ont du relief sur le plan psychologique tout en présentant une grande sobriété dans leurs aspects extérieurs. Les personnages secondaires sont, eux aussi, bien décrits : le père, joué par Paul Personne, (qu?on aimerait voir un jour dans un grand rôle) et Charlotte (Elsa Kikoine), celle que le héros a laissé partir.

Comme dans les comédies anglaises également, tous les petits bouts dans ce film, ont l?air de rester en suspens pour finalement venir se raccorder à l?ensemble (par exemple, ce n?est pas pour rien que Vincent Elbaz teste les pilotes de ligne dans un simulateur de vol).

Ma vie en l?air est un film bien écrit, l?histoire avançant ou reculant dans le temps, au gré d?épisodes dont la durée semble avoir été établie à la seconde près. On appréciera à la fois la façon dont Rémi Bezançon scénariste, arrive à leur donner un ton différent, et celle dont Rémi Bezançon réalisateur, arrive à les juxtaposer pour réussir de beaux effets de contrastes.

Ainsi, son histoire progresse au son de quelques belles musiques, avec ça et là quelques beaux mouvements de caméra, et il nous gratifie au passage de quelques très belles images. Vous ne connaissiez pas ce réalisateur ? Ne cherchez pas, c?est son tout premier long métrage, presque un coup de maître.

Publicité