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Manchester, visage pâle

29 septembre 2005, 00:00

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Il y a deux façons d’analyser la performance de Manchester United, mardi, en Ligue des champions.

La première, privilégiée par les plus ardents supporters, est de se convaincre que l’essentiel est assuré. Vu de cette fenêtre, effectivement, la victoire 2-1 contre le Benfica Lisbonne, qui se déplaçait à Old Trafford, constitue une excellente affaire. Elle permet aux Mancuniens de prendre la tête du groupe D dès la deuxième journée de la première phase, journée qui a par ailleurs vu Lille et Villareal, les deux autres pensionnaires du groupe, se contenter d’un banal match nul au stade de France. Comment, dans ces conditions, penser que les protégés de sir Alex Ferguson ne finiront pas par accéder aux huitièmes de finale ?

Éviter de justesse la désillusion

La seconde analyse est moins complaisante mais nettement plus réaliste. Elle est relayée depuis mardi par les observateurs les plus avisés du football européen, lesquels se plaisent à souligner que Manchester United, battu à domicile par Blackburn en championnat samedi, ce qui n’était pas arrivé depuis 43 ans, a une nouvelle fois paru loin de son meilleur niveau face au club lisboète.

Ce qui est sûr, c’est que le Théâtre des Rêves a vécu de bien plus belles soirées européennes dans le passé. Face à une équipe de Benfica crédible, certes, mais franchement pas impressionnante, Manchester United a bafoué son football et évité de justesse la désillusion.

C’est en effet un exploit personnel de Ruud van Nistelrooy en fin de match (85e) qui a offert les trois points aux champions d’Europe 1999 alors qu’on semblait s’acheminer vers un match nul qui aurait largement fait les affaires du Benfica. Ryan Giggs avait auparavant ouvert le score à l’aube de la mi-temps (39e) avant que Simao ne remette les deux équipes à égalité à l’heure de jeu (59e).

Bien sûr, Manchester United a des excuses valables, la première étant qu’elle était privée de ses meilleurs éléments. Wayne Rooney était en effet suspendu tandis que Gabriel Heinze, Gary Neville, Roy Keane et, à la dernière minute, Michael Sylvestre ont tous été contraints de déclarer forfaits pour blessure.

Ça fait effectivement beaucoup pour un sir Alex Ferguson contraint malgré lui de remodeler son équipe autour de Ryan Giggs, passé du rang de remplaçant à celui de capitaine. L’Écossais a par ailleurs titularisé dans l’axe central de la défense un duo inédit composé des jeunes Kieron Richardson et Phil Bardsley.

Comme prévu, Alan Smith a, lui, pallié du mieux qu’il pouvait l’absence du capitaine Roy Keane mais comme ce dernier est irremplaçable, il manquait forcément de l’entrain dans le jeu mancunien. Paul Scholes a, lui, avancé d’un cran sur le terrain, jouant en soutien de Ruud van Nistelrooy, comme le fait d’habitude Wayne Rooney.

Du coup, sur le banc de touche, il ne restait plus beaucoup d’alternatives pour Ferguson, qui a aligné aux côtés de Park Ji-Sung les adolescents Lee Martin, Guiseppe Rossi et Sylvan Ebanks-Blake.

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