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Manchester Utd-Liverpoool La bataille des dauphins
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Manchester Utd-Liverpoool La bataille des dauphins
Disons, pour faire court et pour ne blesser personne, que c?est la faute à pas de chance. Pour une fois que Liverpool est compétitif, le voilà contraint de chasser dans le vide, de batailler pour du beurre.
Le mythique club de la Mersey, n?ayons pas peur de l?avouer, est en forme olympique. Sur l?ensemble des douze dernières journées, il a pris 34 points sur les 36 possibles, n?abandonnant, en cours de route, que des miettes à Bolton.
Une série qui force le respect, qui confirme, si besoin est, que Rafael Benitez commence à récolter des dividendes, que la révolution de palais longtemps attendue est en marche. Une série qui, par ailleurs, à n?importe quelle autre époque de l?histoire du championnat d?Angleterre, sauf peut-être en 2003, l?année du cavalier seul d?Arsenal, aurait très certainement installé Liverpool aux commandes.
Seulement voilà, les Reds ont choisi la mauvaise année pour faire parler d?eux. Car il y a mieux en Angleterre en ce moment et ce mieux a un nom qui fait peur : Chelsea. Le club de l?Ouest de Londres, qui reçoit son voisin Charlton cet après-midi, n?est, en effet, pas prêt de rendre sa couronne, ayant remporté vingt des vingt-deux matches disputés jusqu?ici. Une véritable machine à gagner, pour ne pas dire à broyer.
Honneur et argent
Invaincus dans leur fief de Stamford Bridge, où ils restent sur onze victoires consécutives, les Mourinho Boys peuvent voir venir. Ils ont, en effet, seize points d?avance sur Manchester United, que des circonstances favorables ont installé dans le fauteuil de dauphin, et quinze sur Liverpool, qui peut espérer ravir la politesse à United et ramener son déficit sur le leader à onze points moyennant qu?il remporte ses deux matches en retard, contre Arsenal et Charlton respectivement. A seize journées de la fin, la bataille, on l?a compris, est gagnée d?avance, ou presque, pour les Blues.
A défaut de titre, le kop sera toutefois flatté de voir son équipe terminer deuxième d?un championnat qui ne lui a pas beaucoup réussi ces dernières années.
Une bataille des dauphins, voilà donc à quoi se résumera le duel de cet après-midi qui opposera, à Old Trafford, le théâtre des vieux rêves, Manchester United à Liverpool, les deux équipes les plus titrées, les plus populaires et les plus représentatives de l?Angleterre du football.
Le match n?aura peut-être pas le lustre d?autrefois, mais l?enjeu reste quand même significatif pour les deux adversaires puiqu?il sera question d?honneur, de mathématique et, bien sûr, d?argent.
D?honneur dans la mesure où ce véritable derby d?Angleterre, la classique des classiques, sert de baromètre à deux villes de football que tout oppose et qui n?ont pas fini de régler un vieux compte entamé au début du siècle dernier, d?abord sur des frontières politiques, sociales et industrielles, ensuite dans les stades.
De mathématique aussi puisque, si ce match n?aura pas d?influence dans la quête du titre, il sera très certainement décisif dans l?attribution de cette fameuse deuxième place, directement qualifiable pour la Ligue des Champions.
Valeur actuelle, un point seulement sépare Manchester de Liverpool. Et si d?aventure les Reds réussissaient ce soir l?exploit de s?imposer à Old Trafford, ce qui n?est arrivé que 14 fois en 49 confrontations, ils raviraient évidemment la politesse à la nouvelle cuvée des Fergie Babes. On pourrait alors oser parler de passation de pouvoir si tant est que United a rarement été derrière Liverpool au classement ces vingt dernières années.
D?argent aussi, vous l?aurez compris, parce qu?une deuxième place et la perspective d?entrer par la grande porte en Ligue des champions pèsent quelques millions de livres dans la balance.
Le match, à n?en pas douter, sera disputé. De là à prévoir son issue, il y a un pas qu?on n?oserait franchir. En clair, tout peut arriver dans ce genre de classique.
Côté pile, on peut espérer un match spectaculaire, indécis, inoubliable, digne en tout cas de la réputation des deux équipes. La référence dans les livres d?histoire reste, bien sûr, le fameux 3-3 béni des Dieux et qui avait vu Liverpool surmonter un retard de trois buts pour arracher un partage des points mérité.
Côté face, on peut s?attendre à match pourri par l?enjeu, empoisonné par les schémas tactiques et qui finit par un inévitable et insipide 0-0.
Equipe des grands rendez-vous
United a beau paraître moins bien soigné que Liverpool par les temps qui courent, n?ayant d?ailleurs glané que cinq points sur l?ensemble des quatre dernières journées, on n?oublie pas pour autant qu?elle reste une équipe des grands rendez-vous. C?est d?ailleurs la seule à avoir maté Chelsea cette saison à la régulière, 1-0, but inoubliable de Fletcher.
Mais les protégés de sir Alex Ferguson ont pris la mauvaise habitude d?alterner le bon et le moins bon. Le pitoyable match 0-0 ramené de Burton, club de cinquième division, en Coupe d?Angleterre, suivi ensuite de la cinglante râclée encaissée la semaine dernière sur la pelouse de leur voisin de City, vainqueur 3-1, confirment, si besoin est, que quelque chose ne tourne pas rond. Si c?est vrai que Wayne Rooney et ses petits camarades de vestiaires se sont ensuite repris, infligeant un net 5-0 mercredi à Burton en replay, on a du mal à penser que ce seul résultat suffira pour redonner un tant soit peu des couleurs à une équipe qui, comme le disait Eric Cantona, l?ancien King d?Old Trafford, a perdu une partie de son âme.
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