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Malgré la crise Maurice attire
La somme est considérable. Rs 3,6 milliards de terrains ont été vendus à 55 compagnies étrangères entre octobre 2006 et octobre 2008. Et sur ces terrains, elles ont construit ou sont en train de construire des bâtiments pour leur business.
Mais ce n?est pas tout. Pendant la même période, 3 305 étrangers ont obtenu un permis de résidence à Maurice, dont 2 248 professionnels qui ont trouvé un emploi à Maurice et 288 qui se sont mis à leur propre compte. On dénombre 661 permis de résidence délivrés à des étrangers qui ont investi dans le pays et 108 autres à des retraités qui ont des rentes annuelles de Rs 1,2 million. A noter que cette catégorie de personnes n?a pas le droit de travailler à Maurice (voir hors-texte).
Le directeur du Board of Investment (BOI) Raju Jaddoo, explique que l?octroi des permis de résidence aux investisseurs et à certains professionnels se fait dans le cadre de la politique d?ouverture. Et cela est dû à la promulgation du Business Facilitation Act qui permet aux investisseurs étrangers d?acquérir des terres ou des bâtiments à Maurice pour lancer leur business. Ce qui représente un avantage pour l?île, car ils permettent ainsi au pays de disposer d?une certaine expertise qui lui manque dans plusieurs secteurs d?activités.
Parmi les bâtiments construits ou en voie de construction en ce moment par les investisseurs étrangers, on compte des usines, des entrepôts, des bureaux (certaines compagnies ont acheté des bureaux tout faits) pour offrir des services comme le business process outsourcing, l?information and communication technology, ou alors des services financiers ou de consultant. D?autres compagnies étrangères ont acquis des terrains pour la construction de complexes commerciaux, de centres d?études et de formation, d?hôtels ou de projets IRS.
Les compagnies françaises en tête
Mais il faut préciser qu?aucun investisseur n?a le droit d?acquérir des terrains pour des besoins résidentiels et il n?est pas non plus autorisé à acheter une maison ou un bungalow. Toutes les acquisitions doivent se faire dans le cadre du business qu?il compte lancer.
Ainsi, sur un total de 97 demandes, le BOI n?en a approuvé que 69. Un total de 29 demandes ont été rejetées, car elles ne cadraient pas avec la définition de « business purposes » telle que décrite dans le texte de loi, explique Raju Jaddoo.
Par ailleurs, ce sont des compagnies françaises qui arrivent en tête avec 50 % des acquisitions de terres pour des « business purposes ». Les Sud-Africains sont en deuxième position avec 12 %, suivis des Indiens avec 6 %. Les Britanniques, les Italiens et les Chinois suivent avec 4 %. Et neuf autres pays, dont l?Arabie Saoudite, Israël et l?Allemagne avec 2 %.
On retrouve presque la même configuration en ce qui concerne les permis de résidence octroyés aux investisseurs, ou aux professionnels qui ont trouvé de l?emploi à Maurice et obtenu un permis de résidence. Ainsi, sur les 2 248 étrangers qui tombent dans cette catégorie, on dénombre 703 Français, soit plus de 31 %. Suivent les Indiens (482), les Sud-Africains (251), les Britanniques (163), les Chinois (98), les Italiens (84), les Belges (58), les Allemands (37), les Zimbabwéens (30), les Américains (29), sans oublier les Australiens (29) et les Malgaches (29).
Il semblerait que Maurice soit une île prospère pour les étrangers?
PERMIS AUX PROFESSIONNELS ETRANGERS
Comment ça marche ?
Les permis de travail et de résidence ne sont pas accordés à n?importe quel type d?investisseur. Ainsi, l?entreprise dans laquelle l?étranger a investi doit générer un chiffre d?affaires de plus de Rs 3 millions par an pour qu?il puisse être éligible pour un tel permis.
Pour les professionnels qui obtiennent un emploi à Maurice, ils doivent pouvoir obtenir un salaire minimum de Rs 30 000 afin de bénéficier du permis de résidence. Par ailleurs, la compagnie qui leur a offert un emploi doit prendre l?engagement de payer tous les frais de séjour du professionnel, ainsi que les frais de rapatriement au cas où elle mettrait fin au contrat de travail.
Quant aux étrangers qui décident de se mettre à leur propre compte, leurs entreprises doivent générer un chiffre d?affaires minimum de Rs 600 000.
Cette catégorie de professionnels, ainsi que les investisseurs doivent offrir une garantie bancaire au Board of Investment qui se réserve le droit d?annuler le permis de résidence à n?importe quel moment.
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