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Malaise à la direction d?Enterprise Mauritius

29 mai 2007, 00:00

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Une mésentente qui risque de faire mal à tout un secteur d?activité. Enterprise Mauritius (EM) vit depuis quelque temps un malaise au sommet. Plus précisément, entre le président de son conseil d?administration, Amédée Darga, et son chief executive officer (CEO), Prakash Beeharry. Ce dernier a, dans une déclaration verbale la semaine dernière, interdit aux employés de l?organisme toute communication avec le président du conseil sans son autorisation.

Cette mesure est le résultat d?une tension latente à la tête de l?organisation depuis quelque temps.

Prakash Beeharry a pris ses fonctions au mois de mars de cette année. Il succède au Néo-Zélandais Lance Wickman, parti en novembre dernier.

?Prakash Beeharry (?) a, dans une déclaration verbale la semaine dernière, interdit aux employés de l?organisme toute communication avec le président du conseil sans son autorisation.?

Le climat de méfiance découle du fait que le nouveau CEO et Amédée Darga ne partagent pas la même définition du rôle de chacun. Qui fait quoi ? Qui est le véritable capitaine à bord ? Des questions qui peuvent prendre le dessus sur les enjeux vitaux de l?accompagnement industriel dont est chargé EM. Le bras de fer a déjà des répercussions sur le fonctionnement même de l?institution. Un Salon expo-vente de la bijouterie prévu pour avril à la mairie de Port-Louis a été reporté à une date ultérieure sans que le président ne soit au courant.

Sollicité par l?express, Amédée Darga n?évoque pas l?existence de différend en tant que tel. Il laisse toutefois comprendre qu?il est davantage concerné par l?institution que par des questions relationnelles entre individus. ?Il ne peut y avoir de conflit que quand les individus se jaugent l?un l?autre au lieu de regarder leur objectif commun qui est de servir les industriels. Je ne pense pas que les entrepreneurs et les industriels talonnés par les impératifs de la compétitivité se préoccupent des individus dans les institutions comme EM et de leur état d?âme. Ils sont seulement concernés par ce que l?institution est capable de leur apporter comme accompagnement. Les individus dans les institutions doivent assurer la réussite de ces industriels.?

Qu?en est-il donc des prérogatives des uns et des autres pour le bon fonctionnement d?une institution comme EM ? ?La fonction des uns et des autres ne confère ni privilège, ni pouvoir. Elle impose la responsabilité et l?obligation d?assurer la réussite de ses clients plutôt que de soi.?

Interrogé par l?express, Prakash Beeharry, confirme qu?il a effectivement donné des directives à son personnel pour qu?il n?y ait aucune communication entre les officiers et le président sans son aval. ?Nous avons établi un communication reporting practice à EM. Nous devons être au courant de ce qu?un employé est en train de faire ou pas. Suivant cette pratique, les employés doivent passer par le CEO à tous les niveaux, dont la conception des projets et les opérations, pour les communications.?

Le CEO dit ne pas partager l?idée qu?il existe un conflit entre lui et Amédée Darga. Il parle de ?perception? de différend entre eux. Selon Prakash Beeharry, cette ?perception? découle d?une période de transition entre le départ de Lance Wickman et sa prise en charge de la direction de l?EM en mars. ?Monsieur Darga était très impliqué dans la gestion de l?institution ? et avec raison d?ailleurs ? en l?absence d?un CEO. Un CEO est quelqu?un qui assure le leadership d?une organisation. Il a un rôle important pour donner un sens de direction à une institution. Maintenant que je suis là, je m?en charge.?

Concernant le Salon de la bijouterie, Prakash Beeharry affirme que la manifestation n?a pas eu lieu en raison d?un manque de participants et que cela n?a rien à voir avec un quelconque désaccord entre les dirigeants d?EM. Seulement 14 sur 300 entreprises approchées avaient répondu à l?invitation. ?Il n?y avait pas de masse critique. Nous avons trouvé que si nous allions de l?avant avant avec le projet tel qu?il avait été conçu, cela risquerait de faire du mal au secteur de la bijouterie. Nous avons ainsi décidé de reporter l?événement à octobre ? novembre dans un autre endroit que la mairie de Port-Louis. Nous voulons d?un cadre enchanteur qui reflète davantage la direction où on veut aller.?

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