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?Major crimes?

18 janvier 2006, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Nazim ESOOF

Ce n?est pas un épiphénomène. Et encore moins un fantasme de la réalité journalistique. C?est une gifle. Une gifle magistrale infligée au pouvoir en place. Ce n?est que la première en fait d?une série de déconvenues qui attend un pouvoir qui ne sait pas vivre avec son époque. Un pouvoir qui a cru qu?il suffisait de faire croire à l?avènement des super-héros pour régler les maux de la société mauricienne. Prem Raddhoa était supposé l?un d?eux. Le signal a finalement fonctionné à rebours. L?irresponsabilité des décideurs mérite d?être dénoncée parce qu?elle ne cesse de perpétuer l?abâtardissement du système.

La situation est plutôt cocasse aujourd?hui. C?est à se demander s?il y aura de la place dans les prisons pour ceux qui sont censés maintenir l?ordre et la paix dans ce pays ! C?est le comble de la bêtise, mais il ne faudra pas s?en étonner parce que nous sommes à Maurice ! Un pays à qui on promettait un changement radical. En guise de changement, on n?a eu droit qu?à un ridicule retour en arrière. C?est d?ailleurs vrai pour l?éducation, pour l?assistanat social et l?interventionnisme étatique, entre autres.

C?est dans ce contexte que le ministre de la Justice appelle sans-gêne à une responsabilisation générale. Certes, c?est le discours de circonstance qui s?impose autant qu?il est de bon ton d?affirmer qu?il faut transcender l?événementiel pour trouver des solutions de fond à des dysfonctionnements structurels. Personne ne le conteste.

Mais il importe de situer les responsabiltités premières. A ce chapitre, il n?y a pas à chercher midi à quatorze heures. Si certaines personnes n?avaient pas été réhabilitées et sorties de leur voie de garage pour être présentées comme des supermans, nous n?en serions certainement pas là aujourd?hui.

La présente situation révèle en fait une représentation caricaturale et plébéienne de certaines institutions. Il n?est pas étonnant à ce chapitre que l?île Maurice fonctionne comme une société policée. Ce n?est pas la raison qui réglémente notre vie sociale et politique. C?est pourquoi incessamment tous les écarts sont mis au compte de quelques brebis galeuses. Même les violences policières sont fichées à l?enseigne des excès de zèle ou d?élan passionnels dans la quête de la vérité. Encore faut-il savoir de quelle vérité nous parlons car assez souvent ce n?est que celle que les autorités veulent entendre ! Cela en dit long sur l?âge mental de notre société.

On la veut avant-gardiste. S?inscrivant pleinement dans la société de l?information. S?abreuvant des multiples possibilités que lui offrent ses innombrables projets de ?hubs?? On la retrouve en fait empêtrée dans ses défaillances, s?abandonnant lâchement à ses vieux démons. Pour combattre la toxicomanie, la criminalité, les délits?, elle ne trouve pas autre chose que la répression. Car il règne dans ce pays un sentiment d?impunité chez les décideurs et les détenteurs de pouvoir de tous types. Un réflexe qui prend la forme de l?arrogance et du je-m?en-foutisme qui caractérisent de nombreux services publics. Quant à la classe politique, la sacralité dont elle s?imprègne pompeusement suffit à infantiliser la population davantage. C?est un autre de ces crimes contre l?intelligence de ce pays.

Les différents gouvernements doivent en assumer la responsabilité. Le précédent pour avoir été si pusillanime dans ses réformes. L?actuel pour son incapacité à sortir des considérations socio-politiciennes. Après avoir enflammé les passions, il ne lui reste plus qu?à ramener un peu de raison dans la pensée sociale. On ne peut éternellement échapper à la vérité.

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