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Maisons en kit : la finition intérieure à portée de main
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Maisons en kit : la finition intérieure à portée de main
Depuis 25 ans maintenant, la société Mikit offre à ses clients français un concept unique: le «prêt-à-finir». Il ne s?agit pas là d?un vêtement prêt-à-coudre. Non plus d?un plat prêt-à-manger. Cela se rapproche davantage du «prêt-à-monter». Sauf que là, il ne s?agit pas de meubles en kit mais de maisons individuelles traditionnelles où le constructeur «réalise le gros-?uvre de la maison» et l?acquéreur «prend en charge les finitions intérieures livrées sous forme de kits prêts à poser». L?acquéreur doit ainsi réaliser les cloisons, les menuiseries intérieures, l?isolation, l?électricité, la plomberie, les sanitaires et les escaliers.
Depuis le 22 juin et ce jusqu?au 27, l?enseigne française reçoit l?ensemble de ses franchisés à Maurice pour sa convention annuelle. Le choix de Maurice comme destination n?est pas un hasard. Il «correspond au prénom de Maurice Penaruiz, le fondateur de ce réseau». Depuis 25 ans, Mikit a construit quelque 30 000 maisons en France. C?est donc autant de familles qui ont pu réaliser «une économie de main- d??uvre». Ce qui équivaut, selon Mikit, à une réduction de 30 % du coût de l?opération par rapport à un achat classique. Une économie chiffrée à presque 20 000 euros (soit quelque Rs 850 000) pour chaque maison.
Si aujourd?hui, Mikit c?est surtout 200 agences en France, à terme, il «vise 300 agences en France et des implantations sur tous les continents». Si d?aventure, Mikit devait s?implanter à Maurice où alors qu?un entrepreneur local décidait de se lancer dans une entreprise semblable, les Mauriciens seraient-ils prêts à investir dans des «maisons prêtes-à-finir» ? Rien de moins sûr. Car qui dit «maison prête-à-finir», dit également maison standard. Il est en effet difficile de rendre une maison «unique» lorsque les mêmes plans sont reproduits encore et encore. Tout réside alors dans la finition. Mais là encore, que faire lorsque celle-ci est fournie en kit. Encore et encore. Si ailleurs, au Canada par exemple, il n?est pas rare que l?on choisisse sa maison sur catalogue, l?architecte Henri Loo explique que les Mauriciens, eux, aiment avoir une maison sur mesure. Tout choisir de A à Z. Que leur maison ne ressemble pas à celle de leur voisin.
<B>«L?esprit plus ouvert»</B>
Les «maisons prêtes-à-finir» ont-elles quand même un avenir à Maurice ? Henri Loo pense que cela pourrait éventuellement marcher. «Avec le coût de la construction qui ne cesse d?augmenter, les maisons sur catalogue sont une bonne solution pour que les personnes à revenus moyens puissent elles aussi se faire construire une maison. C?est l?idéal, mais pour cela, il faudrait que les Mauriciens aient l?esprit plus ouvert.» Mais pour que ces habitations trouvent preneur à Maurice, l?architecte est d?avis qu?il faut que le prix soit intéressant surtout. Et pour ce faire, pas d?autres moyens, selon lui, que de construire les maisons en grande quantité et dans un même endroit.
Pour Bhooshan Ramloll, directeur de Ramloll Bhooshan Co. Ltd et vice-président de l?Association des constructeurs à Maurice, ce concept ne peut que coûter plus cher à l?acquéreur. «Rien que la structure de la maison compte pour la moitié du prix et les finitions pour l?autre moitié. Le Mauricien n?est pas bricoleur. Pour les finitions, il embauchera quelqu?un pour le faire plutôt que de le faire lui-même. Cela lui coûtera ainsi davantage que s?il achetait sa maison clé en main.» Le constructeur parle ainsi d?un «véritable casse-tête pour l?acquéreur». Car actuellement, la main-d??uvre qualifiée manque cruellement. Et si justement à cause du manque de main-d??uvre, les acquéreurs décidaient de faire les finitions eux-mêmes, le travail serait, selon lui, pas bien fait.
<B>«Les moeurs locales»</B>
Car si de menus travaux sont à la portée de tous, ou presque, la plomberie et l?électricité ne le sont pas. «D?un côté, il y a certaines spécifications qu?ils ne connaissent pas forcément. Et de l?autre, par souci d?économies, ils préféreront peut-être acheter un matériel de moins bonne qualité ou faire l?impasse sur certains éléments pas essentiels à leurs yeux comme un disjoncteur de sécurité. Cela peut être dangereux. En voulant faire quelques économies aujourd?hui, cela peut leur coûter cher plus tard», soutient Bhooshan Ramloll. Henri Loo tempère ces propos. Selon lui, en ce qui concerne les travaux d?électricité et de plomberie les Mauriciens feraient certainement appel à des professionnels même s?il concède que le bricolage entre petit à petit dans les m?urs locales.
Bhooshan Ramloll craint quand même que ces «maisons prêtes-à-finir» le demeurent longtemps. Et que par souci d?économies, les villes et villages mauriciens ne soient défigurés par des maisons non crépies et non peintes?
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