Publicité
Maison des matelas dans l?inconfort
La concurrence est rude. Sa production est en chute. La Maison des matelas connaît des secousses. À 60 ans, Lutchmun Kalachand envisage d?abandonner sa profession de matelassier, carrière à laquelle il a consacré 20 ans de sa vie.
?Les concurrents opèrent à moindres coûts. Du coup, nous nous retrouvons dans une situation difficile?, se plaint le directeur. À ces soucis croissants, dit-il, s?ajoutent des charges financières augmentant constamment.
Chaque jour, ses dépenses s?élèvent en moyenne à Rs 8 000 alors que son chiffre d?affaires mensuel est de Rs 500 000. La tâche se complique avec une main-d??uvre insouciante. Des tracasseries qui, sont énormes dans la mesure où l?entreprise familiale, repose que sur les épaules de Lutchmun Kalachand.
La situation en termes de matières premières se complique également. En moins d?une année, les prix ont enregistré une croissance de 70 %, sans compter le transport. Contexte difficile pour la Maison des matelas dans la mesure où ces matières premières sont importées directement de l?Inde, des Pays-Bas et de la Belgique, entre autres.
Au-delà de ces contrariétés, se cache une réussite obtenue après dur labeur. Fabriquant de matelas en éponge au début des années 80, Lutchmun Kalachand décide de passer à l?échelon supérieur en 1985, dans ce qu?il estime être un secteur porteur. Assisté de trois ou quatre apprentis, il confectionne chaque jour une moyenne de six matelas. Ne s?étant pas encore fait un nom, le démarrage s?avère laborieux. Et il se voit contraint de recourir à d?autres marchands pour vendre.
Petit à petit, l?avenir s?annonce prometteur. La production se quintuple. Sa marque, Relax matress, s?affirme auprès de la clientèle. Des magasins avec l?enseigne Maison des matelas s?ouvrent à travers le pays, approvisionnés par la maison-mère, sans compter les magasins d?ameublements.
Il réussit à décrocher les contrats avec l?État : prisons, police et hôpitaux. Les hôtels le sollicitent. L?entreprise passe à une production quotidienne de 40 matelas par jour, sans compter les oreillers, les coussins aux motifs bariolés et des traversins. Après vingt ans d?opération, l?entreprise de Beau-Bassin dispose désormais de trois appareils importés de la Grande-Bretagne, et autant de véhicules pour assurer la distribution à travers le pays.
Pour Lutchmun Kalachand, deux ou trois personnes suffisent dans un petit local pour fabriquer des matelas. Lui, ses cinq gammes, il les conçoit.
Publicité
Publicité
Les plus récents