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Maigrot innocenté : les Lagesse réclament une révision judiciaire

3 septembre 2008, 00:00

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La famille Lagesse contre-attaque. Elle réclame une révision judiciaire de la décision du Directeur des poursuites publiques (DPP) d?avoir rayé la charge contre le principal suspect Bernard Maigrot.

Ce dernier avait été déféré aux assises par le magistrat Azam Neerooa le 28 novembre 2007 pour le meurtre de Vanessa Lagesse. Cette styliste a été retrouvée morte dans sa baignoire dans son bungalow à Grand-Baie le10 mars 2001.

Mais le DPP a décidé de rayer la charge contre Bernard Maigrot le 2 juin 2008. La mère de Vanessa Lagesse, Josiane Tostée et ses deux s?urs, Anne Rogers et Sonia Doger de Spéville, contestent cette décision en Cour suprême. La motion sera présentée le lundi 8 septembre 2008 devant le chef juge Bernard Sik Yuen.

Dans son affidavit, Anne Rogers indique que le DPP n?a donné aucune raison pour motiver sa décision. Sonia Rogers soutient également que le DPP n?a pas expliqué les raisons pour lesquelles il n?a pas ordonné au magistrat du tribunal de Mapou de rouvrir l?enquête préliminaire sur l?affaire Vanessa Lagesse. Elle ajoute qu?il n?y a aucune indication non plus sur le fait que le DPP a ordonné au commissaire de police de rouvrir l?enquête policière sur le meurtre de la styliste.

Anne Rogers fait valoir que la famille Lagesse est toujours dans le flou quatre ans après le drame. Elle souligne que la famille Lagesse ne comprend pas pourquoi le commissaire de police, agissant avec le concours du DPP, a choisi d?arrêter l?enquête policière sur la mort de Vanessa Lagesse.

Elle se demande aussi les raisons pour lesquelles le DPP a institué une enquête préliminaire et a décidé par la suite de rayer la charge contre Bernard Maigrot après que ce dernier a été déféré aux assises.

«Aveux sous la torture»</B>

Bernard Maigrot a été arrêté le 23 avril 2001 en sa résidence à Cap-Malheureux dans le cadre de l?enquête policière sur la mort de Vanessa Lagesse. Cette enquête était dirigée par l?équipe de la Major Crime Investigation Team, dirigée par feu le surintendant Hurrydeo Raddhoa. Suite à ses aveux, Bernard Maigrot a participé à une reconstitution des faits aux petites heures du matin du 24 avril 2001 dans le bungalow de la victime. Mais, par la suite, il est revenu sur ses aveux, alléguant qu?il avait été torturé. La police a objecté à sa remise en liberté conditionnelle.

Anne Rogers a reproduit dans son affidavit une partie de la déposition de Bernard Maigrot lors de sa motion pour sa remise en liberté conditionnelle et dans laquelle il a soutenu que «j?ai alors fabriqué une histoire afin de me sortir de cette torture».

Se disant perturbée par la tournure des événements, la famille Lagesse a proposé d?encourir les frais pour retenir les services d?un consultant en médecine légale pour assister la police dans son enquête. Dans une correspondance adressée à la famille Lagesse, le commissaire de police n?a pas agréé sa demande.

Anne Rogers explique dans son document que Bernard Maigrot a fait de graves allégations contre le DPP et la police le 5 juillet 2007. Mais ces derniers n?ont entamé aucune action contre lui.

La famille Lagesse considère que la décision du DPP de rayer la charge contre Bernard Maigrot est «irrationnelle et déraisonnable». Elle demande à la Cour suprême de renverser la décision du DPP. La famille Lagesse a retenu les services de Me Geereesha Ramsarran, avouée.

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