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Mahébourg en émoi après l?agression d?un garçonnet

16 août 2005, 00:00

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La plaie est à peine cicatrisée que les Mahébourgeois vivent un nouveau drame qui suscite aussi leur colère. Stéphane, un garçonnet de 7 ans, habitant Beau-Vallon, aurait peut-être connu un destin tragique, dimanche, en fin d?après-midi. Un adolescent de 17 ans tentait de le sodomiser. Heureusement, un policier l?a pris en flagrant délit avec le garçonnet.

L?adolescent, résidant à Ville-Noire, Mahébourg, est maîtrisé avant qu?il ne soit arrêté par la police. Mais les villageois de Mahébourg laissent éclater leur colère. Ils ont encore en mémoire l?agression sexuelle et l?assassinat de la petite Marie Anita Jolita à Cité-La-Chaux (Cité Tôle) Mahébourg, le dimanche 3 juillet.

Aussitôt que le présumé suspect est conduit au poste de police de la localité, une foule d?une centaine de personnes s?y rassemble pour exprimer leur mécontentement. Des éléments de la force régulière arrivent difficilement à rétablir l?ordre face aux esprits surchauffés. Ils font appel aux policiers de la Divisional Support Unit (DSU) et à ceux de l?Emergency Response Service (ERS). Mais la situation est loin de se décanter. Le renfort de la Special Supporting Unit est alors sollicité.

Les manifestants sont déterminés et refusent d?entendre raison. C?est alors que Georges Ah Yan, président de la Mahébourg Citizens? Welfare Organisation entre en scène et engage des pourparlers. Mais ce n?est pas sans peine qu?il arrivera, vers 20 heures, à convaincre les manifestants à regagner leurs domiciles et laisser la justice suivre son cours.

Le petit Stéphane est issu d?une famille de trois enfants, dont il est l?aîné. Son cadet est âgé de 4 ans et le benjamin a trois mois. Son père travaille pour une compagnie privée à l?aéroport de Plaisance et sa mère est ouvrière dans une usine de textile à Curepipe. Depuis la naissance de ce troisième enfant, durant les heures de travail de son père et celles de sa grand-mère paternelle qui habite sous le même toit, Stéphane est confié à la garde d?une proche.

?To enn tifi, to enn garson toi ??

Il est 14 heures dimanche. Stéphane et des proches jouent aux cerfs-volants sur un terrain vague à proximité du morcellement Lorette et des maisons de la National Housing Development Company de Beau-Vallon. Son père, qui devait se rendre à son travail, y est aussi. Quelques minutes plus tard, il laisse son fils qui continue à jouer.

Ludovic, le présumé suspect, en visite chez sa grand-mère qui habite la même localité, se trouve également sur ce terrain vague. A un moment donné le cerf volant de Stéphane s?accroche à un arbre. Ludovic l?invite alors à jouer aux billes à proximité d?une maison en construction. Le garçonnet accepte car il connaît Ludovic dont la grand-mère habite non loin.

Comme la victime a de longs cheveux, le présumé suspect lui demande ?to ene tifi, to ene garson toi, vinn endan mo guete?. Une fois dans la maison, l?adolescent demande au garçonnet de s?allonger sur une palette en bois avant de tenter de le sodomiser. Le présumé suspect Ludovic lui remet un collier et lui recommande de ?pa dir nanien person?.

C?est à ce moment que le suspect allait être surpris dans son acte. Il est environ 15 heures. Le constable Jean Daniel St-Mart, accompagné de ses beaux-parents et sa fiancée, ne se trouve pas loin de la maison en construction qui appartient, en fait, à son futur beau-père. Intrigué par la présence d?une bicyclette appuyée contre le mur du salon, il pense à ?ene kaser poz?. Il inspecte les autres pièces de la maison. Et il surprend le suspect dans une position compromettante avec le garçonnet. Le policier St-Mart maîtrise l?adolescent et alerte la police.

En fin d?après-midi, une petite foule s?est massée à proximité de la maison en construction pour attendre les enquêteurs de la police. Ces personnes ont appris que le suspect allait être conduit sur place pour une reconstitution des faits. Ceux présents ne cessent de féliciter le policier St-Mart qui, disent-ils, mérite d?être récompensé par la force policière pour cet acte. Mais ils s?interrogent surtout : ?ki ti kapav arive si zot pa ti vin là.?

?Si lapolis pa ti vini...?

Yolette, la grand-mère de Stéphane, est révoltée. Elle ne trouve pas les mots pour décrire l?acte ignoble dont son petit-fils a été victime. Entourée de plusieurs habitants de Beau-Vallon, elle déclare : ?Mo ti zenfan ti kapav perdi lavi couma sa tifi Mahébourg la, si sa la polis la pa ti vini.?

L?enquête a été confiée aux hommes de l?inspecteur Sandiren Murugesan de la Criminal Investigation Division de Mahébourg. Le suspect a avoué son crime et l?a décrit en détail. Le Dr Harishcoomar Baichoo, médecin légiste qui a examiné la victime, n?a décelé aucune trace d?agression sexuelle.

Hier matin, une unité de la DSU et une autre de l?ERS étaient en poste devant le tribunal de Mahébourg lors de la comparution du suspect. Ce dernier, l?air effaré, portait un T-shirt chocolat et un pantalon de treillis. Sa mère était présente dans la salle d?audience. A la demande du Police Prosecutor, l?inspecteur Veerabudren, le magistrat Joy Saheel Ramphul a maintenu le suspect en détention jusqu?au 25 août au Rehabilitation Youth Centre de Beau-Bassin.

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