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?Mahabharat? : fresque épique mais statique

3 octobre 2004, 20:00

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Comment représenter un dieu ? Communiquer au spectateur une essence divine, tout en jouant de l?humanité de la comédienne qui l?incarne. Rajoo Ramana nous l?avait dit : il a cherché pendant des mois qui était le comédien suffisamment charismatique pour donner vie aux attributs de Krishna.

Tout naturellement, un nom, un visage, une voix, se sont imposés à lui : Deepa Bhookhun. Un accent soigné acquis après six ans en Angleterre. Une carrure qui en impose à plus d?un. Et surtout des antécédents : des rôles dans An Inspector Calls et Toofann, en 1995, au sein du Mauritius Drama League.

Rajoo Ramana a-t-il eu raison ? En tout cas, c?est bien la comédienne qui porte la pièce. Dès l?ouverture des rideaux, on ne voit qu?elle, impériale, l??il fixe et sévère, perchée sur sa balançoire. Figure de la justice, la mise en scène lui fait cependant faire un curieux détour.

Alors même que Krishna passe beaucoup de temps à expliquer sa stratégie à Draupadi, il est quelque peu responsable de l?humiliation infligée à la femme des Pandavas. Du haut de sa balançoire, Krishna fait défiler des pans de sari rouge, celui là même qui cachait l?intimité de la femme dévoilée.

Transition rêvée pour dire que de riches étoffes enveloppent les dialogues enflammés écrits par Bhismadev Seebaluck, auteur de Mahabharat, The Eternal Conflict. Symbolisme appuyé et jeux d?ombres à l?arrière-plan prêtent leur mystère aux moments clés : l?humiliation de Draupadi et la bataille épique entre les frères ennemis : Pandavas et Kauravas.

Cependant, le premier acte pêche par son côté explicatif. La pièce dure trois heures. Trop de discours et pas d?action. Servir de belles phrases aux spectateurs sans assaisonner l?ensemble de plus de mouvements, met la concentration du spectateur à rude épreuve. C?est après l?entracte que cela s?anime un peu. Cela laisse le temps au spectateur de digérer la profusion de mauve, de vert et de rouge et or des costumes.

Mahabharat, The Eternal Conflict, telle que nous l?avons vu à la soirée de gala jeudi, est aussi une lutte contre l?angoisse. Celle de l?auteur Bhismadev Seebaluck était en tout cas palpable ce soir là. Va et vient, mains crispées derrière le dos étaient les signes visibles de la seconde naissance de sa pièce.

Une ?uvre-anniversaire, offrande d?un membre fondateur du MDL, à l?occasion des 25 ans de la troupe. L?événement est mis en scène par le tandem Rajoo Ramana et Anon Panyandee. Un quart de siècle célébré dans une salle du trône - celle de Hastinapur - qui tombe en décrépitude. Grands sentiments, confusion, loyauté sont autant d?ingrédients servis avec des degrés divers de réussite par la trentaine de comédiens du MDL.

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