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Madun Dulloo dresse un ?constat d?échec?

9 décembre 2003, 20:00

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Le député Madun Dulloo et membre du comité parlementaire sur l?Independent Commission against Corruption (Icac), ne croit pas en l?engagement du gouvernement pour combattre la fraude et la corruption. ?C?est un constat d?échec total trois ans après l?arrivée au pouvoir de ce gouvernement, soutient Madun Dulloo. Les dirigeants avaient promis une lutte sans merci contre la corruption. Force est de constater que les choses n?ont nullement avancé.?

Plusieurs facteurs sont, selon lui, à l?origine de la situation actuelle : ?Il y a un manque de volonté politique. Malgré tous les slogans, nous constatons que le pays régresse tant pour Transparency International que pour d?autres institutions étrangères.? Pour étayer son argument, le député allègue que certaines personnes ?pé touffe l?Icac de l?intérieur et de l?extérieur?.

?Ce manque de volonté? s?est aussi traduit, selon Madun Dulloo, par le fait que le gouvernement ne veut pas égratigner ?ses bailleurs de fonds?. Ces derniers seraient ?les principaux acteurs de la corruption à Maurice?. La loi sur le financement des partis politiques se fait toujours attendre, note le député.

La troisième raison ayant mené à cet ?échec?, ajoute Madun Dulloo, est l?absence de ?transparence et d??accountability? à plusieurs niveaux?. C?est ainsi qu?il déplore qu?il n?y a pas eu de suivi après les deux correspondances qu?il a adressées en mars et mai dernier où il soulignait le ?dysfonctionnement? du comité parlementaire.

Madun Dulloo dit attendre toujours les cas référés par le défunt Economic Crime Office (ECO) à l?Icac. Il a fait observer que ces dossiers ont atterri à la Revenue Authority du ministère des Finances durant la période de transition. Parmi les dossiers figurent l?enquête sur les syndicats des sucres, celle sur la ?caisse noire? à Air Mauritius et diverses enquêtes sur des compagnies offshore.

Plusieurs autres renseignements ?vitaux? visant à mieux contrôler le fonctionnement de l?Icac, entre autres, restent sans réponses devant le comité parlementaire. ?Comment voulez-vous qu?on soit un chien de garde si on n?est pas en présence de ces informations aussi importantes?, se demande-t-il. Le député de l?opposition souhaite ainsi que les débats du comité parlementaire se déroulent en public comme c?est le cas aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

Il a longuement rappelé les circonstances ayant mené à la dissolution de l?ECO, ainsi que l?échec de toutes les instances mises sur pied pour combattre la fraude et la corruption.

Il a fait ressortir que le ?Prevention of Corruption Act? comporte des faiblesses et plusieurs lacunes car cette loi a été rédigée à la hâte.


Séminaire

Beekarry évoque les ?coups bas?

?Lutter contre la corruption demande de l?audace et beaucoup de courage et d?engagement car les corrupteurs frappent dans le dos, en face et sous la ceinture.? Navin Beekarry, directeur de l?Independant Commission against Corruption (Icac), était visiblement excédé hier lors de l?ouverture d?un atelier de travail organisé par la Transparency Mauritius à l?intention des jeunes.

Navin Beekarry s?est éloigné de son discours écrit pour parler de ?coups sous la ceinture? venant des corrupteurs. Dans le discours original, on lit en effet : ?It also requires audacity and a lot of courage and commitment because the corruptors will avail themselves of any means.? Interrogé sur le sens de ces propos improvisés, le directeur de l?Icac s?est refusé à tout commentaire, répondant par un simple ?no comments? ou un ?plus tard pour les commentaires?.

Il déclare aussi que le combat contre la corruption se lève ?contre les forces du mal vivant de cette corruption?. ?Les motivations des corrupteurs ne doivent pas être sous-estimées.?

Navin Beekarry rappelle aussi l?importance des jeunes dans les campagnes anti-corruption et les méfaits de ce fléau sur la société. Devant une quarantaine de jeunes, dont une vingtaine d?étudiants de l?université de Maurice, il a affirmé que les effets néfastes de la corruption se font sentir plus profondément parmi les pauvres. ?Ceux-ci, dit-il, sont les plus touchés par le déclin économique. Ce sont eux qui comptent le plus sur les services publics, qui sont les moins capables de payer les coûts supplémentaires associés aux pots-de-vin, à la fraude et au détournement des privilèges économiques.?


?Jeunes, unissez-vous contre la corruption?

Les jeunes ne doivent plus rester indifférents à la corruption sous tous ses aspects. C?est l?objectif que s?est fixé la première édition du ?Youth Awareness Programme 2003?, lançé hier au Labourdonnais Waterfront Hotel par le Dr. Muzong Kodi, directeur exécutif de Transparency international pour l?Afrique et le Moyen-Orient. Cette activité, parrainée par Transparency Mauritius coïncide avec la Journée mondiale de la lutte contre la corruption et la Convention des Nations unies contre la corruption. Les divers orateurs souhaitent voir les médias et le public s?associer au gouvernement dans le combat contre la corruption. ?Les jeunes mauriciens ne veulent pas s?investir dans l?arène politique et économique car ils pensent qu?ils ne pourront pas changer les choses?, reconnaît Josie Lapierre, secrétaire générale de Transparency Mauritius. ?Nous savons que la corruption exige un corrupteur et un corrompu. Nous réalisons aussi que la corruption dans les pays du Sud est nourrie par l?attitude des compagnies des pays riches du Nord?, fait ressortir le Dr Kodi. Le chef député de la délégation européenne, Flavio Bello, a félicité l?initiative gouvernementale de créér un corps indépendant pour combattre la corruption. Transparency Mauritius est soutenue financièrement par l?ambassade américaine. Cette année, une somme de Rs 400 000 lui sera allouée.

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