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Madagascar cultive le marché mauricien
La Grande île se positionne comme un fournisseur de légumes frais à Maurice. Elle veut miser sur sa proximité pour exploiter un secteur à fort potentiel, mais qui n?a jamais vraiment décollé.
Les fruits et légumes représentent un juteux marché. L?importation totale en 2003 s?élève Rs 1,29 milliard, contre Rs 1,33 milliard en 2004. Les prévisions sont en hausse pour cette année.
L?Agricultural Marketing Board (AMB) importe la pomme de terre , l?oignon et l?ail d?Inde et d?Afrique du Sud principalement. Le reste des légumes est cultivé à Maurice. Les importateurs privés préfèrent quant à eux s?approvisionner en Australie, Afrique du Sud ou au Swaziland. Ces importations sont destinées au marché hôtelier qui reste très sélectif.
Dans certains cas, l?éloignement des pays fournisseurs peut contribuer à une mauvaise qualité des légumes. Madagascar compte jouer à fond la carte de la proximité pour séduire Maurice. ?Nous avons la capacité de fournir votre pays en légumes frais. Le délai d?acheminement est relativement court. Une cargaison peut arriver en 36 heures?, affirme le conseiller économique de Madagascar à Maurice, Vola Razafindramiandra.
La Grande île ne veut pas perdre de temps. Une campagne de promotion est prévue début mai. Le ministre de l?Agriculture malgache, Harison Radriarimanana, accompagné d?une forte délégation, est attendu à Maurice. L?idée est d?étudier les possibilités de coopération entre les deux pays. ?Nous allons présenter les différents produits tels que la méva, une variété de pomme de terre similaire à la spunta, la carotte, ainsi que le kaki, un fruit qui est proche de la tomate?, souligne ce dernier.
<B>Complémentarité</B>
Ainsi, 500 kilos de mévas et 200 kilos des autres produits seront importés lors d?une présentation à l?Ecole hôtelière. La délégation souhaite également rencontrer les autorités mauriciennes, ainsi que les investisseurs potentiels et les inciter à développer les terres malgaches. Le climat de certaines régions est propice à la culture de la pomme de terre. De plus, le coût de production sur place est faible.
La méva cultivée à Madagascar est proche de la spunta, consommée par les Mauriciens. Vola Razafindramiandra explique que le but n?est pas de concurrencer la production locale de pomme de terre, qui est de 14 000 tonnes par an. ?Nous voulons travailler en complémentarité avec Maurice.? En effet, de janvier à juin, les pommes de terre sont dans les champs. ?Durant cette période, nous pouvons approvisionner Maurice.?
Une cargaison de 200 tonnes de spuntas est attendue fin mai. 12,5 tonnes sont déjà arrivées jeudi dernier. Jamais une telle quantité de pommes de terre malgaches n?avait atteint le marché mauricien.
Cette coopération entre les deux pays remonte à avril de l?an dernier, lors de la visite officielle du Premier ministre Paul Bérenger à Madagascar. Ce dernier avait alors évoqué avec son homologue malgache, Jacques Sylla, ce projet, qui devait servir d?exemple aux autres opérateurs en cas de réussite. Près de 50 tonnes de ce féculent devaient arriver en mai 2004, avec 150 tonnes supplémentaires dans les mois suivants. Pour des raisons phytosanitaires, seule la région d?Antsirabé a été jugée propice à cette culture. Les autorités locales craignaient en effet que des maladies de la pomme de terre n?affectent la canne à sucre.
Depuis deux an, Satish Ramruttun, directeur général du département international d?ERS marketing, travaille sur ce projet. Pour développer sa culture, il offrait les fertilisants et les semences aux paysans malgaches qui travaillaient sur les parcelles de terre dont ils étaient propriétaires. La société achetait en contrepartie la production. ?Cela n?a pas marché pour diverses raisons?, explique-t-il. En clair, la cargaison n?est jamais arrivée à Maurice.
Après cette mésaventure, sa société décide de louer un terrain de 60 arpents à bail pour sa culture vivrière. Les paysans sont employés pour cultiver la pomme de terre. Les choses s?améliorent, mais Satish Ramruttun doit faire face à des problèmes administratifs pour exporter cette production. ?Les procédures de vérification sont assez lentes. Cela demeure un obstacle à l?exportation?.
Toutefois, le directeur de l?AMB, Nagen Muneesamy, estime que la Grande île peut devenir un important fournisseur de fruits et légumes dans le long terme. ?Si Madagascar a la capacité de fournir des fruits et légumes et bonne qualité, pourquoi pas ??
Encore faut-il que les procédures administratives, tant au niveau de Madagascar que de Maurice, s?assouplissent pour accélérer cette coopération.
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