Publicité

M. Singh prend la barre

22 mai 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Manmohan Singh, candidat du Parti du Congrès dirigé par Sonia Gandhi, a annoncé qu?il avait été chargé de former un nouveau gouvernement par le président indien, Abdul Kalam.

M. Singh, 71 ans, Premier ministre désigné, doit succéder à Atal Behari Vajpayee, 79 ans, chef du camp nationaliste hindou, qui a perdu les dernières élections législatives.

La nomination de M. Singh, ancien ministre des Finances, fait suite à l?annonce du retrait de la candidature de Sonia Gandhi, l?héritière de la dynastie Nehru-Gandhi, qui a été la cible de violentes attaques liées à ses origines italiennes.

« Je suis heureux d?informer la nation que je formerai le prochain gouvernement », a déclaré à la presse M. Singh à l?issue d?un entretien avec le président Kalam. De son côté, Mme Gandhi, qui se tenait à ses côtés, a dit que le gouvernement de l?Inde sera « en de bonnes mains avec M. Singh ».

Le Congrès, arrivé en tête aux législatives, sera soutenu au Parlement par la gauche indienne et les partis régionaux. M. Singh a indiqué qu?il avait transmis au président Kalam « les lettres de soutien » des partis alliés au Congrès. Appelée l?Alliance progressiste unie, cette coalition devrait compter vingt partis, y compris le Congrès, et disposer de la majorité absolue à la Chambre basse du Parlement.

Manmohan Singh a précisé que le gouvernement fonctionnerait avec « le soutien et les conseils de Sonia Gandhi, qui restera présidente du parti du Congrès et du groupe parlementaire de cette formation.

M. Singh a promis qu?il ferait de l?Inde « un modèle de réformes économiques » qui offriront « de nouvelles chances aux pauvres et aux déshérités » en vue du développement du pays.

Il s?est aussi engagé, lors d?une intervention sur la télévision privée Aaj Tak, à « mettre en ?uvre des politiques qui ne gêneront pas le progrès de l?Inde, des politiques favorables à la croissance », indiquant que les craintes des marchés financiers étaient totalement injustifiées. La bourse de Bombay avait chuté de plus de 11 % lundi. « Tout le monde souhaite que notre pays progresse vite, mais la pauvreté doit être aussi éradiquée. Il est impératif que maintenant nous travaillions ensemble pour donner au pays un gouvernement stable », a ajouté M. Singh.

Considéré comme un réformiste, M. Singh est apprécié des milieux d?affaires aussi bien en Inde qu?à l?étranger. Il a été ministre des Finances de 1991 à 1996, où il a mené une politique efficace de redressement financier du pays. En 1991, les réserves en devises de l?Inde étaient si basses qu?elles couvraient à peine un mois d?importations. Le pays était au bord du défaut de paiement auprès de ses créanciers étrangers.

Le Premier ministre d?alors, Narasimha Rao, membre du Congrès, nomme Manmohan Singh aux finances. Celui-ci se lance dans une réforme complète de l?économie indienne, très centralisée à l?époque, qu?il considérait comme « contrôlée de manière rigide », et particulièrement protectionniste.

Il commence à ouvrir l?Inde aux marchés extérieurs, dévalue la roupie pour stimuler les exportations, assouplit les réglementations pour favoriser les investissements étrangers, combat la bureaucratie et libéralise la bourse.

Ces efforts portent leurs fruits : en cinq ans à la tête de l?économie, il voit les investisseurs se presser vers l?Inde et, dans le même temps, réduit l?inflation de moitié, de 17 % à 8,5 %.

Celle-ci est inférieure aujourd?hui à 5 %. Les réserves en devises sont passées de 1 milliard de dollars, au creux de la vague, à 118 milliards de dollars actuellement. Et le taux de croissance du pays oscillera entre 6,5 % et 7 % au cours de l?année fiscale s?achevant le 31 mars 2005, selon la banque centrale.

Les économistes se demandent cependant si, cette fois, la tâche de M. Singh ne sera pas plus ardue qu?il y a treize ans car le Congrès s?appuiera sur une large coalition, alors qu?en 1991, il bénéficiait d?une bonne marge de man?uvre.

@ q 2 004 Le Monde ? AFP

Distribué par The New York Times Syndicate

Publicité