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Médicalement assistés

23 septembre 2005, 20:00

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Le Premier ministre revenu, ce ne sera pas pour autant le grand retour aux affaires. A huit jours des municipales, on ne gouverne pas. Il ne faut pas s?attendre des dirigeants qu?ils prennent le moindre risque de froisser l?opinion. A 21 jours des «cent jours» pourtant, il aurait fallu qu?il se mette à souffler sur le nuage rose qui flotte au-dessus de la tête de la population.

Le dossier médicaments aurait pu être cette occasion de communiquer un autre message à la Nation. Lui dire que l?Etat dépense déjà Rs 3 100 par tête d?habitant pour les soins de santé, ce qui est presque deux fois plus qu?il y a six ans, quand les années étaient pourtant meilleures. Lui signaler que la part du budget consacré à la santé se compare fort honorablement aux pays développés. Lui expliquer que ce qui est «exorbitant», en réalité, ce sont les prix des médicaments de confort, les vitamines et autres crèmes de soin. Que désormais la règle est de travailler plus dur pour se permettre ce bien-être et changer de mode de vie. Une règle absolue.

Le consommateur n?en serait pas beaucoup affecté, lui que l?on a à peine entendu revendiquer des médicaments moins chers. Et ce serait là une préparation à l?esprit de sacrifice, à la vie irrémédiablement plus austère qu?entraînera la hausse de l?essence dans une semaine. Au lieu de cela, le gouvernement cultive la promesse d?une vie plus confortable en laissant le public dans l?expectative. Il laisse les pharmaciens demander une subvention, à sortir de ces caisses de l?Etat qui se vident, sans réagir immédiatement. Il laisse planer l?idée d?une assurance maladie inspirée de celle des Francais.

C?est déraisonnable. La France est d?ailleurs probablement l?exemple à ne pas suivre, pour nous du moins. Très fière d?avoir la meilleure espérance de vie de l?Europe, elle en mesure le prix : un déficit de l?assurance-maladie de 11 milliards d?euros en 2004, qui pourrait tripler en 2010 si rien n?est fait. A tel point qu?elle a annoncé la semaine dernière qu?elle ne remboursera plus certains médicaments. Non seulement l?assurance-maladie pousse à une surconsommation de médicaments, mais elle n?est même pas pertinente quand l?Etat offre déjà un service de santé gratuit.

L?attitude populiste qui a prévalu au traitement de ce dossier a fait crier aux abus avant de discuter de chiffres et de propositions avec les concernés. C?est malheureux. Le gouvernement n?a même pas explicité le sens de ce «exorbitant». Si tel est le cas, il pourrait évoquer un plafond sur certains médicaments estimés essentiels, comme le fait l?Inde pour 314 produits, en protégeant la santé publique et les intérêts des commerciaux ; il suffirait alors de réfléchir à ce que ce qui est considéré comme « essentiel ». Mais le hic est que nous n?en savons trop rien, les pharmaciens assurant que sur ces médicaments qu?ils jugent, eux, essentiels, leur marge de profits est modeste.

Pour sortir honorablement de cette polémique qui a fait plus de bruit que nécessaire, le gouvernement devrait peut-être arriver à un accord avec les pharmaciens sur l?utilisation des génériques. Il pourrait leur octroyer quelques incitations afin d?amener ces médicaments, tout aussi efficaces et moins chers de 80 %, à représenter au moins 50 % du marché, comme en Angleterre. Si le même objectif est fixé pour les hôpitaux, cela nous ferait une jolie économie. Et tout le monde y gagnerait.

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