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L’île soeur perd 100 000 touristes
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L’île soeur perd 100 000 touristes
L’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), organisme public chargé de la publication des statistiques françaises et de diverses enquêtes notamment en matière de conjoncture économique, mène actuellement une étude afin d’évaluer le nombre de visiteurs ayant déserté la destination Réunion au cours du premier semestre en raison de la crise sanitaire. La deuxième partie de l’année ne permettra pas de compenser les mauvais résultats des six premiers mois.
Ce n’est encore qu’une estimation et elle est classée confidentielle. Mais les premiers éléments sur lesquels travaillent discrètement les services de l’Insee sont sans appel. Au premier semestre, un tiers des touristes susceptibles de se rendre à la Réunion ont renoncé à séjourner dans l’île en raison de la crise sanitaire. Ce chiffre, l’institut préfère pour l’instant ne pas le rendre public, la consolidation statistique n’étant pas encore achevée.
Traditionnellement, l’Insee ne publie ce type d’études qu’en mars, période à laquelle le Comité du tourisme (CTR) communique sur le nombre de visiteurs ayant séjourné dans l’île la saison précédente. L’épidémie de chikungunya a incité depuis la rentrée les statisticiens à anticiper sur la question afin de mieux mesurer l’ampleur de la crise dans le secteur.
Dans les milieux de l’industrie hôtelière, ces premiers résultats ne surprennent pas vraiment. On estime même que cette chute de 33 % de la fréquentation serait bien plus importante si l’on excluait des calculs le mois de janvier et la première quinzaine de février.
Au cours de ces six semaines, la flambée de l’épidémie n’a eu, en effet, que très peu d’impact sur l’activité. En retranchant cette période, les professionnels évaluent à 50 % la baisse du nombre de visiteurs. Ce dernier chiffre tient compte de l’ensemble des bassins émetteurs (France, Europe, océan Indien, reste du monde), des zones qui prescrivent La Réunion comme destination.
Si l’on isole le trafic avec la métropole, les simulations sont encore plus catastrophiques. Il y a quelques jours encore, les tour-opérateurs rappelaient que les réservations sur La Réunion avaient reculé de plus de 70 % entre février et avril, au plus fort de la crise sanitaire.
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