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L’OMS déplore le manque d’engagement du citoyen

2 mars 2006, 00:00

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Globalement positif. Tel est le constat des experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Seule ombre au tableau: ils notent un manque d’engagement du citoyen mauricien dans la lutte pour prévenir le chikungunya. En effet, du haut de leurs chambres d’hôtel, ils disent avoir constaté que beaucoup de maisons de la capitale ont de l’eau sur les toits.

Aux yeux du Dr Pierre Formenty, virologue, le véritable expert, c’est l’enfant qui enlève dans sa cour tous les objets pouvant contenir de l’eau. C’est ce qu’il a expliqué, hier, lors de la conférence de presse du ministre de la Santé, Satish Faugoo – qui avait à ses côtés les quatre experts de l’OMS. Pour ces derniers, il n’y a du reste aucune raison de s’alarmer même s’il y a une flambée de cas. Mais il faut s’assurer que l’épidémie ne se répande pas. De ce fait, il s’agit maintenant de réduire les moustiques, vecteurs de la maladie. Pour cela, les dispositions prises à Maurice sont jugées “excellentes”.

Après avoir déclaré, lundi, qu’il y a déjà une épidémie dans l’île, le Dr Patrick Formenty a nuancé sa position, hier: “Il ne s’agit pas de polémiquer sur cette question. Il ne s’agit pas non plus de quantifier les malades. Une flambée pour moi équivaut à une épidémie.” Insistant sur le critère d’épidémie prescrit par l’OMS, le médecin préfère rester évasif (pour le ministère de la Santé, il n’y a épidémie que lorsque 10 % de la population est touchée). A une question de la presse, le Dr Pierre Formenty se refuse à comparer les efforts déployés à la Réunion et à Maurice : “Il n’y a pas lieu de relever le bon ou le mauvais élève.”

Satish Faugoo, de son côté, insiste qu’une des recommandations de l’OMS a trait à une mobilisation sociale. Ainsi, le ministre compte axer sa stratégie sur des moyens pour “involve la communauté. Nou bisin eduque zot, informe zot”. Le ministre montre du doigt “la mentalité des gens. Il est impératif qu’ils agissent.” Il précise que la priorité est de réduire le nombre de cas en contrôlant la population et en réduisant le nombre de moustiques. D’où la nécessité d’évacuer toute eau stagnante, car le vecteur du chikungunya évolue surtout dans les petites surfaces d’eau.

Un des médecins faisant partie de la délégation, le Dr Ousmane Faye, fait ressortir que “les voyageurs se rendent bien dans des pays où il y a le paludisme, maladie qui tue, alors que le chikungunya ne tue pas. Donc, aucune raison pour déconseiller Maurice aux voyageurs. Il faut relativiser. Le chikungunya, c’est une fièvre qui secoue, qui fait mal”. Le Dr Pierre Formenty abonde dans le même sens : “Mauritius is not a restricted destination.”

Sur ce chapitre, le président du comité national sur le chikungunya, de même que le secrétaire aux Affaires intérieures, Raj Mudhoo, demande à tout un chacun, surtout les médias, de se montrer responsables, de manière à ne pas véhiculer de mauvaise publicité sur Maurice. Le comité national qui s’est réuni hier a aussi mis l’accent sur la participation du privé à la campagne. Surtout en ce qui concerne le nettoyage.

Par ailleurs, le ministère de la Santé a renforcé son dispositif : l’ancienne chef de cabinet Jaya Veerapen retourne aux affaires en tant que deuxième secrétaire permanente. De plus, Maurice vient de recevoir de la France 400 fogging machines, 5000 litres d’insecticides et 800 survêtements destinés aux employés. Cela, après que le Premier ministre a sollicité l’aide des autorités françaises.

D’autre part, les experts de l’OMS ont découvert, au cours de leur séjour de trois jours dans l’île, qu’une espèce de fleurs accumulait l’eau dans ses tiges. Idem pour certains troncs d’arbres… Les experts ont aussi visité l’hôpital de Mahébourg, celui de Victoria, les centres de santé régionaux, le laboratoire de virologie de Candos. Ils ont eu des séances de travail avec les techniciens de la Santé.

Rodrigues n’a pas été oubliée. Maintenant qu’une Rodriguaise a attrapé le chikungunya – il y a aussi un autre cas suspecté –, le ministère de la Santé a envoyé une fogging machine, deux spraying machines (larvicide et insecticide) dans l’île, hier.

CHIFFRES

1322 cas recensés à hier

■ A hier, 1322 personnes étaient atteintes de la maladie virale. Au cours de sa conférence de presse, Satish Faugoo a donné des chiffres sur les cas suspects traités par hôpital. Si le nord de l’île est en tête, la tendance est à la hausse également dans l’est. Ainsi, à l’hôpital Victoria, jusqu’au 27 février, il y a eu 188 cas suspects, à l’hôpital Jeetoo, 586, à Flacq 897, à Nehru, 129, à Mahébourg, 712, à Souillac, 67 et au Nord, 2079. Par ailleurs, si depuis la mi-février, la tendance était d’une moyenne quotidienne de 90 cas, elle a été renversée du 20 au 22 février. A partir de 22 février, il y a eu plus d’une centaine de nouveaux cas par jour alors que la tendance est en moyenne d’une cinquantaine de cas par jour.

INCITATIONS

Produits antimoustiques : Pas de taxes sur le fret aérien

■ Les taxes sur le fret aérien pour l’importation des produits antimoustiques a été enlevées hier. Une mesure qui sera en vigueur pendant tout le temps que durera la campagne contre le chikungunya. Cette décision a été prise par Rajesh Jeetah, ministre du Commerce et de l’Industrie, après sa rencontre avec les importateurs et les responsables de pharmacies. Cela permettra un approvisionnement plus rapide en ces produits ainsi qu’une baisse des prix des crèmes, lotions et insecticides antimoustiques, comme l’ont assuré les importateurs et responsables de pharmacies. Cette réunion fait suite à la rencontre de la direction d’Air Mauritius avec des représentants du gouvernement sur cette question.

PROTECTION

L’hôpital Victoria réagit positivement

■ La pharmacie de l’hôpital Victoria offre des crèmes anti-moustiques à son personnel et aux patients admis à cause du chikungunya. Cette mesure de la pharmacie a été bien appréciée par les patients. L’initiative en revient à un des pharmaciens qui s’est procuré de la lotion de citronnelle pour ensuite fabriquer des crèmes. Cette distribution a eu lieu cette semaine. Il s’agit de protéger le personnel qui se trouve en contact avec les malades.

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