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L’Inde s’éveille
C’est l’été indien en Angleterre. La terre de Shakespeare est envahie par les stars de Bollywood. Les acteurs de films indiens ont déjà établi leur royaume dans les cœurs des Anglais. Le trio de choc, Shah Rukh Khan, Preity Zinta et Rani Mukherjee font actuellement leur show, Temptation 2004, en Angleterre.
Ces trois acteurs, très célèbres en Inde, le sont également chez les British. Depuis Devdas, Shah Rukh Khan est une vraie vedette en Angleterre. Rien qu’en Grande-Bretagne, le lancement du film de Sanjay Leela Bhansali a coûté près de 500 000 livres. Preity Zinta, quant à elle, tient une rubrique hebdomadaire sur le site internet de la BBC. Mahima Chaudary, vedette en Inde, est la marainne du Festival Asiatique qui se tient en Angleterre. Ce festival est entièrement sponsorisé par la BBC.
A chacune des apparitions publiques de ces stars, les foules sont légion. Les cent cinquante mille billets pour le show Temptation 2004, à Birmingham, ont été vendus deux semaines avant le spectacle. Les personnes d’origine indienne ne sont pas les seules à être des amoureux de films indiens, les Anglais le sont aussi et peut être même plus.
«Le cinéma indien est différent. Ils sont à la recherche du merveilleux, de ce qu’il y a de meilleur. Ils nous font rêver. Et montrent des sentiments vrais,» explique un habitant de Birmingham venu voir le show dans lequel figurait Shah
Rukh Khan. «Bollywood ne cherche pas à ressembler à Hollywood. Les Indiens ont leur propre cinéma, leur propre culture et ils la préservent.»
Shah Rukh Khan interrogé à propos de sa popularité grandissante répond : «Cela fait à peu près quinze ans que je suis dans le métier. J’ai un énorme succès en Inde et depuis quelque temps je suis connu aussi dans l’Asie du Sud-Est et dans les
Caraïbes. Mais cela n’a pas changé ma façon de voir les autres. Je suis extrêmement heureux de savoir que je suis connu dans le monde. Mais je ne perds jamais de vue que je dois tout au public. Sans lui un acteur n’est rien.»
Depuis une dizaine d’années, l’Angleterre connaît une forte affluence pour les films indiens. Beaucoup de films de Bollywood ont été tournés en partie en Grande-Bretagne. Khabie Kushie Khabhi Gham a été tourné essentiellement en Angleterre, et le public indien et anglais ont pu admirer les magnifiques prises de vue d’un superbe manoir anglais. Kabhi Khushi Kabhie Gham, un hit en Inde et en Angleterre, a connu une sortie internationale à partir de juin. Il sera distribué sous un nouveau titre, The Indian Family, plus accessible à un public international.
Les producteurs délaissent de plus en plus les studios de Bombay pour tourner ailleurs dans le monde, Maurice, l’Australie, les pays d’Asie du Sud-Est figurent parmi leurs destinations préférées.
Le cinéma indien plaît sans conteste. Des films comme Devdas et Lagaan ont connu des lancements exceptionnels en Europe. Les affiches de ces films sont restées pendant des semaines sur des panneaux publicitaires à Paris et à Londres. Kal Ho Na Ho a été entièrement tourné à New York. Les International India Film Awards ont eu lieu cette année à Singapour.
Les IIFA ont débuté en 2000. Chaque année, elles ont lieu dans un pays autre que l’Inde. Le principal but de cet évènement est de promouvoir l’industrie cinématographique indienne sur la scène internationale. Bollywood produit en moyenne trois fois plus de films chaque année qu’Hollywood.
Près d’un demi-million de personnes ont regardé ce show, principalement les Indiens et la diaspora indienne dans le monde. Les gagnants sont élus sur Internet. Pour la quatrième édition de cet évènement, plus d’un milliard de personnes ont voté.
Le cinéma indien se fait connaître et est très apprécié par les Occidentaux. Kal Ho Na Ho, dernière production de Karan Johar, a reçu, en début d’année, le prestigieux Prix du Public au Festival du Film de Valenciennes en France. Ce blockbuster avec Shahrukh Khan était en compétition avec d’autres films comme Osama ou Australian Hypnotic. «Ce festival avait déjà projeté Kabhi Khushi
Kabhie Gham, hors-compétition. Cette fois-ci, Kal Ho Na Ho était en lice pour un prix,» a déclaré Karan Johar.
Bollywood est sur la bonne lancée. Dans quelques années, elle sera l’une des plus importantes et prospères industries cinématographiques au monde. Tout est réuni pour l’aventure de Bollywood devienne une success story.
<I>«Bollywood ne cherche pas à ressembler à Hollywood. Les Indiens ont leur propre cinéma, leur propre culture et il la préserve.»</I>
<I>«Le cinéma indien est différent. Ils sont à la recherche du merveilleux, de ce qu’il y a de meilleur. Ils nous font rêver. Et montrent des sentiments vrais.»</I>
<B>Bollywood prend l’accent du Yorkshire</B>
Des responsables de l’industrie cinématographique anglaise vont visiter en novembre les studios de Bombay. Le voyage organisé par la Mid Yorkshire Chamber of Commerce (MYCCI) veut consolider les liens déjà établis entre Bollywood et Eyeline Productions. Eyeline Productions a déjà entamé des négociations pour une série anglo-indienne. Cette maison de production pense aussi au savoir-faire de certains réalisateurs indiens. Du 29 novembre au 3 décembre, ils seront présents en Inde et assisteront au Festival du film de Goa où ils rencontreront les acteurs indiens les plus influents de l’industrie. «On espère pouvoir finaliser les négociations très vite et pouvoir commencer le travail dès le début de l’année prochaine. Ce sera une comédie romantique avec des acteurs indiens et anglais. On a pensé à Aishwarya Rai mais on ne sait pas encore si elle acceptera,» explique Raza Mallal, directeur de Eyeline Productions.
«Le fait qu’on soit chaperonné par la MYCCI, les gens vont nous prendre plus au sérieux». L’homme d’affaires pense que d’autres maisons de production anglaises pourraient bénéficier de ce genre de partenariat avec l’Inde. «L’Inde est à l’heure actuelle une des économies mondiales qui progresse le plus rapidement. Les investisseurs étrangers s’en rendent compte. L’industrie du divertissement peut être très prospère s’il est géré efficacement,» commente Mohammed Ahmed, member de MYCCI. «L’Inde ne peut être ignoré par les investisseurs. Notre marché est saturé. Il faut se renouveler. Bollywood pourrait devenir notre planche de salut. Les films anglo-indiens auront définitivement leur public,» ajoute Keith Welton, président de MYCCI.
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