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L’Angleterre file droit au but

11 octobre 2004, 20:00

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La Grande-Bretagne est en passe de se réconcilier avec son équipe nationale. Pour de bon. Si le nombre des supporters de l’Angleterre et leur soutien indéfectible n’ont jamais été remis en cause, les résultats sportifs des Lions exaspéraient les “die hard fans”, qui tentaient de refouler leurs sentiments de frustration depuis de trop nombreuses années alors que les supporters brésiliens, allemands ou français récoltaient des titres, les narguaient et faisaient la fête.

Mais l’heure de voir la sélection anglaise jouer les premiers rôles est peut-être enfin arrivée. Le temps d’un match, samedi dernier, face au Pays de Galles, à Old Trafford, l’Angleterre a fait montre de la richesse de son réservoir – dans toutes les lignes – et a confirmé tout le potentiel d’un groupe qui monte en puissance, dans la foulée d’un brillant Euro 2004.

Certes, battre les Gallois 2-0 n’a rien d’exceptionnel en soi, mais le résultat ne reflète pas la réalité du terrain, puisque les Anglais auraient pu s’imposer 4 ou 5-0 sans qu’il n’y ait rien à redire.

Et si les sujets de sa Majesté se mettent à aligner des performances comme celle de samedi à Manchester, la qualification pour la Coupe du monde 2006 ne devrait être qu’une formalité et un nouveau statut de favori pourrait rapidement coller à la peau de l’Angleterre.

Contrairement à ses devancières, la bande à Eriksson ne se contente pas d’accumuler les fortes individualités et de pratiquer un jeu rugueux mais s’est mis à la page du football européen en pratiquant un jeu fluide et plus technique qu’à l’accoutumée.

Après les tentatives ratées de Venables, Hoddle et Keegan, c’est peut-être le Suédois Sven Goran Eriksson qui va réussir à constituer un groupe homogène et craint du monde entier. Car, qu’on se le dise, ceux qui défendent fièrement l’Union Jack aujourd’hui sont de vrais cracks et brillent dans tous leurs clubs (comme une certaine équipe de France en 1998).

David Beckham, l’homme au coup de patte millimétré et dévastateur (but de 30 mètres samedi), Wayne Rooney, le nouveau Golden Boy surdoué, Franck Lampard, le buteur providentiel

(six buts lors de ses neuf dernières sélections), et les deux tours de contrôle indestructibles, Rio Ferdinand et Sol Campbell, sont autant d’éléments qui forcent le respect. Le retour de Ferdinand et de Rooney en sélection a effectivement été tonitruant ce week-end.

La capacité de Ferdinand à lire le jeu des attaquants gallois, ainsi que la belle autorité qu’il a dégagée au coeur de la pression ont bien soulagé la défense anglaise. De nouveau en tandem avec Sol Campbell (blessé depuis deux matches) pour la première fois depuis le Mondial 2002, le Red Devil et le Gunner ont réduit l’attaque galloise à sa plus simple expression (une seule occasion en 90 minutes).

Solides derrière, les Anglais étaient assurés d’avoir du mordant en attaque avec le retour de Rooney, après sa blessure lors du quart de finale de l’Euro 2004 perdu contre le Portugal.

Le nouvel attaquant mancunien s’est vu confier un rôle inhabituel en soutien des deux avants, Michael Owen et Jermain Defoe, mais a bénéficié de beaucoup d’espaces pour perforer la défense adverse. Avec un peu plus de chance, Rooney aurait marqué un but mémorable – après avoir mis deux défenseurs dans le vent – et confirmé que plus rien n’était impossible au plus haut niveau pour ce gaillard de 18 ans.

La présence de Beckham et Lampard confirment aussi que le milieu de terrain se porte bien malgré la retraite de Scholes et la blessure de Gerrard ! Toutefois, Becks, blessé, sera forfait demain face à l’Azerbaidjan, ce qui poussera Eriksson à trouver une autre parade. C’est plus excitant qu’inquiétant à vrai dire. Car les temps durs semblent appartenir au passé du côté anglais… “C’est aux Français de devoir serrer les dents, maintenant”, diront les plus mesquins. La roue tourne en effet…

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